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Crédit photo : Festival TransAmériques (FTA) @ Tous droits réservés
«Taverna Miresia» de Mario Bella Anastasia + Mario Banushi (Athènes) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
Un néon grésille. Une taverne. Une salle de bain carrelée. Et au cœur de tout ça, un jeune homme habité par l’absence. Pour sa première nord-américaine, Taverna Miresia de l’artiste albano-grec Mario Banushi transforme le banal en sacré. Sans dire un mot, il convoque la beauté, la mémoire et les fantômes avec une précision bouleversante.
Le père vient de mourir. Et c’est dans cet entre-deux, entre le réel et le rêve, que le deuil s’installe. Sur scène, le carrelage froid devient refuge. La pièce, entièrement muette, nous parle pourtant fort; par la lumière, les gestes et les chants traditionnels qui enveloppent l’espace. Chaque tableau semble suspendu dans le temps, comme une offrande.
Mario Banushi ne signe pas simplement une œuvre de théâtre: il orchestre un rituel. Entouré de puissantes figures féminines, inspirées de son propre entourage, il explore l’intimité de la perte avec une grâce désarmante. Le résultat est brut, poétique, parfois étrange – mais toujours profondément humain.
Taverna Miresia ne se contente pas de raconter une histoire. Elle la fait sentir, vibrer, presque respirer. Et lorsqu’on quitte la salle, on emporte avec soi un peu de cette lumière vacillante, comme un souvenir précieux qu’on n’arrive pas tout à fait à nommer.
Horaire des représentations:
- Jeudi 29 mai à 19 h au Théâtre Jean-Duceppe
- Vendredi 30 mai* à 19 h au Théâtre Jean-Duceppe
- Samedi 31 mai à 19 h au Théâtre Jean-Duceppe
*La représentation du 30 mai sera suivie d’une rencontre avec les artistes.
«Extérieur/Nuit» par Le Théâtre indépendant (Montréal) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
Trois silhouettes errent dans la nuit. Des corps en fuite, des visages traversés par la peur, le désir, la honte. Avec cette œuvre présentée pour la toute première fois au FTA, le Théâtre indépendant nous entraîne dans un voyage vertigineux au cœur de l’inavouable. Ici, pas de certitudes: seulement des pulsions troubles, des souvenirs flous et la frontière ténue entre réalité et hallucination.
Sur scène, les reflets de la ville se brisent, les repères se brouillent. Les personnages dérivent, portés par une mise en scène sensorielle qui fait léviter les corps et vaciller les certitudes. Fantasmes, flashbacks, fragments d’identité: tout s’emmêle au cœur d’un ballet hypnotique, tendu entre beauté plastique et tension viscérale.
Ce thriller existentiel — déroutant, audacieux, captivant — témoigne d’une recherche formelle où les images, les sons et les mouvements forment un langage propre, à la fois esthétique et instinctif. Le collectif signe ici une œuvre à fleur de peau, dérangeante, où la sexualité devient un terrain de vertige.
Le Théâtre indépendant ose la zone grise, celle où l’angoisse côtoie la fascination et où la brutalité du réel frôle la poésie.
Horaire des représentations:
- Jeudi 29 mai à 21 h au Théâtre Prospero
- Vendredi 30 mai* à 21 h au Théâtre Prospero
- Samedi 31 mai à 19 h au Théâtre Prospero
- Lundi 2 juin à 19 h au Théâtre Prospero
- Mardi 3 juin à 19 h au Théâtre Prospero
*La représentation du 30 mai sera suivie d’une rencontre avec les artistes.
«Shiraz» par Armin Hokmi (Berlin, Bouchehr, Oslo) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
Comment redonner un souffle à un festival censuré depuis plus de quarante ans? Comment faire vibrer, sur une scène d’aujourd’hui, l’esprit d’un événement mythique comme le Festival des arts de Chiraz, interdit en 1978 par le régime iranien? Le chorégraphe Armin Hokmi, installé entre Berlin et Oslo, répond à ces questions avec une grâce désarmante.
Avec Shiraz, il signe une œuvre hypnotique, à l’instar d’un lent lever du jour qui s’étire dans les couleurs changeantes d’un ciel en mouvement. Six interprètes habitent la scène avec une intensité calme. Chaque geste, mesuré, retenu, devient langage. Le mouvement se propage en vagues, en volutes. Ça pulse doucement, mais ça happe.
Ce qui frappe, c’est la cohésion délicate entre les corps. Chacun conserve sa singularité, mais se fond dans une toile collective tissée sur une trame sonore envoûtante. L’unisson est là, mais toujours en tension avec l’individu. Il ne s’agit pas de recréer, mais de réactiver une mémoire – celle d’un art en liberté, brutalement interrompu.
Le temps semble suspendu. Le public est aspiré dans cet espace partagé, intime et vaste à la fois. Shiraz ne cherche pas l’effet: il cherche la vérité du geste. Et sans crier gare, la magie opère.
Horaire des représentations:
- Jeudi 22 mai à 20 h à la Place des Arts – Cinquième Salle
- Vendredi 23 mai* à 20 h à la Place des Arts – Cinquième Salle
- Samedi 24 mai à 20 h à la Place des Arts – Cinquième Salle
- Dimanche 25 mai à 20 h à la Place des Arts – Cinquième Salle
*La représentation du 23 mai sera suivie d’une rencontre avec les artistes.
«LACRIMA» par Caroline Guiela Nguyen (Strasbourg) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
Tout commence par une robe. Et pas n’importe laquelle: celle du mariage d’une princesse d’Angleterre. Mais derrière l’éclat du satin et la brillance des perles, le temps presse. Pendant huit mois, dans l’ombre, des mains s’affairent. À Paris, à Alençon ou à Mumbai, des couturières et brodeurs, invisibles du monde, fabriquent le rêve dans le silence.
Dans cette fresque théâtrale foisonnante, Caroline Guiela Nguyen – figure phare de la scène française – tisse dix trajectoires de vie autour de la confection de cette robe. Sur scène, les écrans en split-screen s’allument comme autant de fenêtres sur le globe. Les lieux, les langues et les époques s’entrelacent dans une scénographie qui rappelle le rythme effréné d’une série télé. Mais ici, ce ne sont pas les princesses qui sont au centre du récit: ce sont ceux et celles qui cousent, qui pleurent, qui espèrent.
Chaque geste, chaque point de fil devient un acte de résistance. Derrière la beauté des étoffes, c’est la dureté des rapports de pouvoir qui affleure. La pièce, à la fois intime et spectaculaire, nous fait entendre des voix qu’on n’écoute jamais.
Avec son regard tendre et hyperréaliste, Caroline Guiela Nguyen célèbre les oubliés, les marginaux, les travailleurs de l’ombre. Elle ne fabrique pas juste un spectacle: elle leur rend justice.
Horaire des représentations:
- Jeudi 22 mai à 19 h 30 au Théâtre Jean-Duceppe
- Vendredi 23 mai* à 19 h au Théâtre Jean-Duceppe
- Samedi 24 mai à 19 h au Théâtre Jean-Duceppe
- Dimanche 25 mai** à 15 h au Théâtre Jean-Duceppe
*La représentation du 23 mai sera suivie d’une rencontre avec les artistes.
**La représentation du 25 mai sera présentée avec une audiodescription.
«Hiroshima mon amour» de Marguerite Duras + Christian Lapointe + Rósa Lind (Québec, Southern Highlands) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
Quand Hiroshima mon amour est sorti en 1959, ça a créé une onde de choc. Un film poème, signé Alain Resnais et Marguerite Duras, qui parle d’amour, de guerre et d’oubli comme on n’en avait jamais vu. Plus de soixante ans plus tard, dans un monde toujours hanté par l’imminence du désastre, l’œuvre renaît – cette fois sous forme d’opéra.
La compositrice australienne Rósa Lind et le metteur en scène québécois Christian Lapointe unissent leurs sensibilités pour faire émerger l’opéra que recelait ce film mythique. Avec l’audace de ceux et celles qui n’ont pas peur de réinventer, ils signent une création qui brouille les genres, entre théâtre, musique contemporaine, cinéma et art lyrique.
Accompagnés du Quatuor Bozzini et de la compagnie Chants Libres, ils font entendre huit instrumentistes, trois voix et un cinéaste dans une production exigeante et poignante. Le résultat? Une expérience sensorielle forte, une relecture engagée où la mémoire des corps, des bombes et des passions se mêle dans un cri vibrant pour la paix.
En hommage à la modernité radicale de Duras et de Resnais, Lind et Lapointe ne cherchent pas à imiter, mais bien à prolonger. Hiroshima mon amour, en version opératique, devient un nouveau manifeste. Un chant pour l’irréparable. Et une preuve que l’art, parfois, peut nous faire entendre ce qu’on ne sait plus nommer.
Horaire des représentations:
- Mardi 27 mai à 20 h à l’Usine C
- Mercredi 28 mai* à 19 h à l’Usine C
- Jeudi 29 mai à 19 h à l’Usine C
*La représentation du 28 mai sera suivie d’une rencontre avec les artistes.
«Pompières et pyromanes» de Martine Delvaux et Le bureau de l’APA (Montréal) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
Des grille-pain qui fument, des alarmes qui hurlent, une glissade géante qui traverse la scène. Dès les premières images, Pompières et pyromanes enflamme les sens et les esprits. Inspirée de l’essai coup-de-poing de Martine Delvaux, cette création scénique du Bureau de l’APA prend des allures de cri du cœur féministe et multigénérationnel.
Le monde brûle. Littéralement. Mais au lieu de céder à la panique, le spectacle choisit l’action, l’émotion et l’imaginaire. Portée par huit artistes-citoyen·ne·s et une interprète en langue des signes québécoise, la pièce devient un espace de résistance joyeuse. Chaque geste, chaque mot prononcé sur scène prend la forme d’une réponse – parfois brute, souvent poétique – à l’urgence climatique.
Au centre, une glissade monumentale, vestige d’une installation du collectif BGL, domine la scénographie. Elle évoque à la fois la chute et l’élan, le chaos et la renaissance. Et au cœur de ce tumulte organisé, la lettre d’une mère à sa fille devient le fil conducteur. Un souffle d’amour, de révolte et d’espoir.
Avec ses collages visuels, ses musiques punk ou tendres, et son esthétique de l’inachevé, Pompières et pyromanes repense le théâtre comme un terrain d’action. Et si, au bord de l’effondrement, il restait encore une braise à raviver?
Horaire des représentations:
- Vendredi 30 mai à 19 h à la Maison Théâtre
- Samedi 31 mai* à 19 h à la Maison Théâtre
- Dimanche 1er juin à 15 h à la Maison Théâtre
*La représentation du 31 mai sera suivie d’une rencontre avec les artistes.
«Toi, moi, Tituba…» de Dorothée Munyaneza (Kigali, Marseille) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
Dans une forêt de néons, une silhouette se détache. C’est celle de Dorothée Munyaneza, artiste rwandaise, musicienne et danseuse, qui fait surgir sur scène les voix de celles qu’on a voulu faire taire. À travers son solo percutant, elle redonne vie aux femmes noires effacées des archives coloniales – et à l’une d’entre elles en particulier: Tituba, figure oubliée du tristement célèbre procès des sorcières de Salem.
Son corps ne danse pas. Il invoque. Il accueille. Chaque geste est ciselé, dense, traversé par une mémoire qui dépasse la sienne. Entre rituel et performance, entre chant et cri, Munyaneza devient le canal d’une cérémonie puissante, menée aux côtés du compositeur et musicien Khyam Allami. Ensemble, ils font vibrer l’espace, jusqu’à en repousser les limites.
Inspirée par le texte de la philosophe Elsa Dorlin et par le roman de Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière…: noire de Salem, cette création solo se déploie comme une œuvre chorale, nourrie de vécus, de luttes, de silences transmis. Un hommage, oui. Mais aussi une réparation. Et un acte d’amour incandescent.
Sur scène, la douleur devient lumière. Et l’oubli, enfin, trouve sa réponse.
Horaire des représentations:
- Mardi 27 mai à 20 h à la Place des Arts – Cinquième Salle
- Mercredi 28 mai* à 20 h à la Place des Arts – Cinquième Salle
- Jeudi 29 mai à 20 h à la Place des Arts – Cinquième Salle
*La représentation du 28 mai sera suivie d’une rencontre avec les artistes.
«Gentle Unicorn» de Chiara Bersani (Pontenure) ∙ Achetez vos billets!

Photo: Gracieuseté du FTA
«Je ne suis pas l’image que vous fabriquez de moi». Cette phrase pourrait venir d’une créature mythique. Elle vient plutôt de Chiara Bersani, artiste italienne au corps singulier, qui choisit ici d’entrer en scène… en licorne. Pas une licorne kitsch ou fantaisiste, non: une licorne douce, lente, fragile et souveraine.
Dans ce solo à la fois désarmant et lumineux, la chorégraphe et interprète brouille les codes de la représentation. Le handicap, trop souvent surinterprété ou invisibilisé, devient ici une puissance d’incarnation. À travers cette créature sans histoire fixe, projetée dans mille symboles au fil du temps, Bersani affirme sa propre narration: intime, politique, indocile.
Elle entre dans l’espace comme dans une clairière. Chaque pas semble émerger d’un souffle ancien. Les gestes sont rares, mais habités, portés par une écoute extrême. Elle regarde le public, et tout bascule. On ne sait plus qui observe qui. Une intimité se crée, presque magique, dans le silence partagé.
C’est un manifeste sans slogan. Une performance sans effet. Et pourtant, on en ressort transformé·e. Parce que, dans cette rencontre avec une licorne, c’est aussi notre humanité qu’on croise.
Horaire des représentations:
- Mardi 27 mai à 19 h à l’Édifice Wilder – Espace Orange
- M’ercredi 28 mai* à 19 h à l’Édifice Wilder – Espace Orange
- Jeudi 29 mai à 19 h à l’Édifice Wilder – Espace Orange
- Vendredi 30 mai à 17 h à l’Édifice Wilder – Espace Orange



