«Dans la peau de…» Louis-Philippe Michaud, auteur de la série fantastique «Le premier Wykan» – Bible urbaine

Littérature_Dans la peau de

«Dans la peau de…» Louis-Philippe Michaud, auteur de la série fantastique «Le premier Wykan»

«Dans la peau de…» Louis-Philippe Michaud, auteur de la série fantastique «Le premier Wykan»

Un univers magique bâti et mûri sur des années

Publié le 15 octobre 2021 par Mathilde Recly

Crédit photo : Geneviève Landry

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Aujourd'hui, on s'est glissé dans la peau de l'auteur Louis-Philippe Michaud, dont le roman fantastique «Le premier Wykan. Tome 1 – La Nouvelle Magie» est récemment paru aux Éditions Druide. On vous laisse découvrir son parcours inspirant ainsi que son rapport à la littérature, qui l'ont mené jusqu'à l'écriture de ce tout premier livre aux accents magiques!

Louis-Philippe, on est curieux de savoir: à quel moment dans ta vie as-tu eu la piqûre pour la littérature et, plus spécifiquement, celle fantastique?

«Je m’en souviens encore très bien. C’était à l’âge de dix ou onze ans, à peu près. Mon père et moi étions chez Renaud-Bray et je m’ennuyais royalement. Au moment de partir, j’ai vu le premier tome de la série Amos Daragon

«L’illustration m’a tout de suite fasciné, avec les couleurs vives, le garçon en armure et la typographie bizarre du titre. J’étais habitué aux romans de La courte échelle à l’époque, alors je le trouvais un peu gros. J’ai demandé à mon père: “Penses-tu que je serais capable de lire ça?” Il m’a répondu d’écouter mon instinct.»

«Porteur de masques aura toujours une place spéciale dans mon cœur. Il a changé ma vie. Ç’a été un coup de foudre, et le début d’une histoire d’amour avec le fantastique qui continue de grandir. Je ne me suis plus jamais ennuyé dans une librairie.» 

On a pu lire que, en tant qu’auteur, tu es «heureux de contribuer à cette littérature qui [t’]a tant apporté». Toi qui as eu une jeunesse marquée par une longue série de chirurgies importantes dues à une paralysie cérébrale, peux-tu nous en dire plus sur le rôle que les livres ont joué dans ta vie?  

«Merci pour la question, ça m’a fait réfléchir. Je lis surtout pour me divertir et pour le plaisir de visiter d’autres mondes.»

«En creusant un peu plus, c’est clair que la littérature m’a servi d’échappatoire, même si je n’aime pas utiliser ce mot-là. J’avais besoin de m’évader durant les moments difficiles, mais je n’y pensais pas vraiment. Avec le recul, les bienfaits psychologiques sont évidents. La littérature fantastique a eu cet effet magique de sublimer les souffrances liées au handicap.»

«C’est grâce à elle que je n’ai pas souffert de ma différence. Au contraire, je l’ai très vite intégrée comme un aspect positif. N’empêche, vu les limites que je dois accepter, ça faisait du bien de fréquenter des univers où tout est possible.»

«En vieillissant, les littératures de l’imaginaire sont devenues un grand réconfort. Il y a certains aspects de la réalité que je contrôle mal, que je comprends mal. Heureusement, les mondes fantastiques ont leurs propres codes, et ceux-là me vont comme des vieilles pantoufles. C’est ce qui rend mon univers si riche, j’ai toujours au moins un pied dedans.»

Le 13 octobre, ton roman fantastique Le premier Wykan. Tome 1 — La Nouvelle Magie est paru aux Éditions Druide. On y suit les aventures de Victor Lévesque, un membre d’une secte de collectionneurs d’artéfacts magiques qui rêve de devenir mage, et de sa patronne Marguerite Holmes: les deux vont se lancer dans des projets ambitieux – et non sans risques – pour «synthétiser une toute nouvelle souche de Magie qui remplacera l’ancienne». D’où t’est venue l’inspiration pour ce premier livre?

«C’est très dur de pointer l’inspiration du doigt. Je dis souvent que les histoires ne nous appartiennent pas, mais qu’elles passent à travers nous. Les idées flottent. Notre rôle comme auteur, c’est d’être attentif pour attraper les meilleures. Tout a déjà été raconté plusieurs fois. Il s’agit de mélanger les idées ensemble, et de les assaisonner avec notre style pour obtenir une recette originale.»

«La Nouvelle Magie s’est développé à partir d’un souhait d’enfant. Je vous ai déjà dit que, certaines fois, je me sens plus à l’aise dans les univers magiques que dans le nôtre. À l’âge de onze ans, je me suis demandé ce que ça prendrait pour que notre monde adopte un virage vers la fantasy. Déjà à l’époque, j’imaginais une magie inventée par l’homme, qui n’aurait pas existé avant. Mettez l’idée au four pendant quinze ans, et voilà!»

La-Nouvelle-Magie_couverture_Premier-Wykan

En quoi penses-tu que tu as pu être influencé par tes auteurs fétiches – soit Robin Hobb, George R. R. Martin, Robert Jordan, Patrick Senécal et Stephen King – lors de l’écriture de cette histoire, tout en réussissant à t’affranchir et à trouver ton propre style? 

«Pour moi, ces auteurs sont les maîtres absolus du fantastique et de la fantasy moderne. En les lisant, j’ai non seulement appris à écrire, mais aussi à bâtir un Monde

«Les romans qu’on lit se déposent en nous. Même si on ne se souvient pas de grand-chose à la fin, il reste un fond où puiser. Robert Jordan m’a enseigné à réinventer les clichés; George R. R. Martin, l’importance du réalisme; et Stephen King, comment marier efficacement les genres.»

«Ceci dit, c’est quand même Robin Hobb qui a eu l’influence la plus directe sur mon écriture. Elle m’a montré l’importance de la faiblesse. Ce n’est pas ses qualités qui rendent un personnage crédible, ce sont ses défauts. J’essaie de transmettre au moins un de mes travers à chaque personnage important. Puisque je les aime, leurs qualités apparaissent d’elles-mêmes.»

«Le handicap donne couleur à mon écriture. Je suis un disciple de la fantasy épique. J’aime les longues descriptions, les proses lyriques et les aventures lentes et mûries… Sauf que, comme je n’écris pas très vite, ça me force à rester concis et rythmé.»

«L’équilibre entre mon idéal et ce que j’arrive à produire donne un style plutôt unique.»

Et alors, à court ou moyen terme, quels sont tes prochains projets? On se demande notamment si le tome 2 du Premier Wykan a déjà été bouclé, ou si tu travailles présentement dessus… 

«Je vais vous confier un secret, je planche sur une version de cette série depuis l’âge de dix ans. Elle avait un autre nom et c’était des romans amateurs, mais ça fait beaucoup de matériel. Sans compter tout ce que je n’ai pas eu le temps d’écrire!»

«L’univers du Premier Wykan existe sous toutes sortes de formes depuis l’enfance. Mon imagination a une période de gestation très longue. Je sais parfaitement où je veux aller et comment me rendre jusque-là. Par contre, j’ai récemment décidé d’écrire le deuxième tome à neuf en me servant de l’ancienne version comme d’un synopsis.»

«D’abord, parce que je ne suis plus le même auteur, et ensuite, parce que c’est beaucoup plus amusant. Tout ça pour dire que je viens de débuter le premier jet du deuxième tome. Ça va être un vrai défi de le terminer dans un délai raisonnable, mais je ne m’inquiète pas trop. La Nouvelle Magie, c’est juste le début.»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions Druide.

Nos recommandations :

Vos commentaires

Revenir au début