3 bonnes raisons de lire «50 États d'Amérique: un nouveau regard sur les États-Unis» de Guillaume Hennette – Bible urbaine

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3 bonnes raisons de lire «50 États d’Amérique: un nouveau regard sur les États-Unis» de Guillaume Hennette

3 bonnes raisons de lire «50 États d’Amérique: un nouveau regard sur les États-Unis» de Guillaume Hennette

Et si l'Amérique se révélait mieux dans ses bizarreries et contradictions que dans un manuel d'histoire?

Publié le 17 septembre 2025 par Nancy Boulay

Crédit photo : Tous droits réservés @ Éditions Hurtubise

Il y a des livres qui ressemblent à des voyages organisés, où l'on grimpe à bord sans savoir exactement où l'on met les pieds, et qui finissent par nous surprendre plus qu'on ne l'aurait cru. «50 États d'Amérique: un nouveau regard sur les États-Unis», publié aux Éditions Hurtubise, appartient à cette catégorie. Avec son allure de gros carnet cartonné aux pages épaisses et colorées, il a quelque chose de ludique et de presque scolaire, et pourtant, il ouvre une fenêtre immense sur un pays qui nous fascine, qui nous dérange, qui nous intrigue: les États-Unis. Guillaume Hennette, plume curieuse et volontiers taquine, nous propose de faire le tour du pays, un État à la fois, en ordre alphabétique bien sûr, comme on feuillette un dictionnaire. Résultat: un bouquin qui amuse, qui étonne, qui, parfois, exaspère, mais surtout qui donne envie de plonger dans les paradoxes américains.

Parce que c’est un road trip sans billet d’avion

L’une des forces de ce livre, c’est la promesse implicite, à savoir découvrir en un peu plus de 200 pages ce que chaque État américain a de singulier. Le principe est simple: pour chaque État, une fiche technique (superficie, population, capitale), puis une mosaïque de faits, d’anecdotes, de petites histoires qui font sourire ou réfléchir. C’est l’équivalent d’un guide touristique qu’on lirait au coin du feu, sans valise ni passeport.

Saviez-vous que l’Alabama n’a pas eu de devise officielle avant 1939, et que celle choisie, «Nous osons défendre nos droits», fut l’œuvre d’une directrice du département des archives qui, ironiquement, s’opposait au droit de vote des femmes? Ou encore qu’une loi de cet État interdit la vente ou l’achat de sex toys, sauf pour raisons médicales ou… en formule drive-in au sex-shops?

On oscille entre absurde et révélateur, entre folklore et politique.

On passe ensuite en Alaska, où le drapeau n’a vu le jour qu’en 1927, grâce à un adolescent de 15 ans, Benny Benson, qui a remporté un concours de dessin en empochant 1 000 $ avec une montre en prime. On y apprend que ce territoire, autrefois russe, a été vendu aux États-Unis en 1867 pour la modique somme de 7,2 millions de dollars.

Puis, cap sur l’Arizona, où le soleil brille plus de 300 jours par année, où une chaussure peut fondre sur l’asphalte, où la chaleur frôle les 40 degrés un jour sur deux. Plus loin, c’est l’Arkansas qui s’invite, berceau de Bill Clinton, mais aussi du tout premier Wal-Mart. En Californie, c’est le vin qui coule à flots (80% de la production américaine), tandis que ses habitants vivent avec l’ombre du Big-One, ce tremblement de terre tant redouté.

Ainsi, chaque État a droit à ses petites révélations: la naissance du Coca-Cola en Géorgie, le premier burger servi au Connecticut en 1900, les 24 millions de cochons de l’Iowa (soit sept par habitant), la demeure de Stephen King dans le Maine, l’invention du basketball, du volley-ball et du baseball au Massachusetts, ou encore la première chaîne de montage automobile imaginée par Henry Ford au Michigan.

C’est dense, varié, parfois décousu, mais c’est justement ce qui donne au livre cette allure de road trip. On ne sait pas ce qui nous attend au prochain arrêt, et c’est tant mieux.

Parce que l’auteur nous prend par la main… et nous fait rire!

Guillaume Hennette adopte un ton qui détonne avec ce genre d’ouvrage. Pas de neutralité académique ni de prose encyclopédique. Ici, on tutoie presque le lecteur, même si l’auteur choisit le vouvoiement, comme pour garder une petite distance élégante. Il lance des blagues, glisse des expressions de proximité (marrant, débile, etc.), passe de l’anglais au français, interpelle: l’effet est interactif, vivant.

Lire ce livre, c’est comme écouter un ami raconter ses trouvailles autour d’un café: «Saviez-vous que…?» «Imaginez si…» On sourit devant Marilyn Monroe posant dans une robe conçue d’un sac de patates en réponse à une journaliste, on sourit encore autant au fermier de l’Indiana, qui découvre par hasard le maïs soufflé et décide de le commercialiser au plus grand bonheur de tous. On lève les yeux en apprenant que le Delaware, paradis fiscal, compte plus de boîtes aux lettres que d’habitants.

Le style a parfois des allures de stand-up: l’auteur raconte, exagère un brin, relance. Il ne cherche pas la précision absolue d’un manuel scolaire: il veut captiver. Et il réussit.

Parce que, derrière les anecdotes, c’est l’Amérique qu’on lit en filigrane

On pourrait croire que 50 États d’Amérique: un nouveau regard sur les États-Unis n’est qu’un recueil de curiosités, mais en filigrane, c’est une fresque sociale et politique qui se dessine.

Chaque anecdote éclaire un trait de caractère national: la démesure des rassemblements de bikers au Dakota, l’omniprésence des armes avec l’invention du revolver Colt au Connecticut, l’ingéniosité entrepreneuriale d’Henry Ford ou des fondateurs de Ben & Jerry’s. On croise Abraham Lincoln, élu sur un programme visant à interdire l’esclavage, on suit Neil Armstrong et Buzz Aldrin planter un drapeau sur la Lune, on revit l’assassinat de Georges Floyd au Minnesota, moment charnière dans l’histoire contemporaine.

Et puis, il y a les symboles: la Maison-Blanche dessinée par un immigrant irlandais, les lettres d’Hollywood sauvées grâce à une collecte de fonds organisée par le créateur de Playboy Hugh Hefner, le premier festival Woodstock installé par dépit sur le terrain d’une ferme. Chaque détail raconte quelque chose de plus grand que lui.

La conclusion du livre est frappante: elle s’attarde au deuxième amendement de la Constitution américaine, celui qui garantit le droit de porter des armes. Sujet brulant, débattu depuis des décennies, défendu par certains au nom de la liberté et dénoncé par d’autres comme une tragédie nationale.

Or, difficile de ne pas penser à l’actualité récente. L’assassinat de Charlie Kirk la semaine dernière, figure publique et ardent défenseur de ce même amendement, résonne comme un écho brutal. Lui qui disait qu’un peuple devait discuter, débattre, confronter ses idées, mais aussi se défendre contre un état oppressif, incarnera désormais malgré lui la tension américaine.

Le livre de Hennette n’en parle pas directement, bien sûr, mais on se surprend à imaginer: si 50 États d’Amérique devait être réédité dans quelques années, Charlie Kirk y trouverait peut-être sa place, comme symbole de cette Amérique fracturée qui débat encore, et toujours, de ses droits fondamentaux.

Lire 50 États d’Amérique, c’est accepter de se laisser porter par une curiosité joyeuse, un humour complice, mais aussi une réflexion de fond. On en sort avec des anecdotes à raconter en soirée, mais aussi avec un portrait d’ensemble, celui d’un pays immense, contradictoire, fascinant.

Certes, certaines couleurs choisies pour quelques pages auraient pu être différentes afin de faciliter la lecture, surtout pour un public à l’œil moins jeune. Mais le design graphique, en obligeant une lecture active, ajoute au contraire à l’expérience. Au-delà de ce détail, le livre remplit sa mission: il divertit, il instruit, il interroge.

En fin de compte, ce voyage alphabétique devient bien plus qu’une liste d’anecdotes; c’est une invitation à regarder l’Amérique autrement, à travers ses contradictions, ses excès et ses rêves. Une invitation qu’on accepte volontiers, parce que le livre de Guillaume Hennette réussit à rendre ce pays à la fois plus proche… et plus insaisissable!

Offrez-vous sans plus tarder le livre 50 États d’Amérique: un nouveau regard sur les États-Unis de Guillaume Hennette au coût de 29,95 $ ou procurez-vous votre copie numérique aux formats PDF ou ePub (21,99 $). Et pour découvrir son balado Fifty States, c’est par ici. Découvrez d’autres suggestions de lectures en consultant notre série d’articles «3 bonnes raisons de…».

*Cet article a été produit en collaboration avec les Éditions Hurtubise.

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