Sorties
Lecture publique de «L’Année de l’éveil» de Charles Juliet par James Hyndman au Quat’Sous
Un rendez-vous avec l'émotion
Crédit photo : Isabelle Lévesque
Introduit par Stéphane Lépine, qui nous a présenté Charles Juliet comme étant un «petit grand écrivain» qui ne traite pas dans ses oeuvres des sujets dont traitent habituellement les grands écrivains, mais plutôt de l’infime, du petit, du poignant, c’est sur une note émouvante qu’est arrivé James Hyndman, après que Lépine ait ouvert nos âmes curieuses à tous les horizons possibles et laissé à notre imagination avide de rêves l’envie d’accueillir les mots tels qu’ils ont été écrits.
L’extrait qui nous a été lu raconte de façon graduelle l’amour naissant et tout ce qui s’y rattache pour un adolescent qui n’en connaît rien, s’attardant particulièrement à la perte de l’innocence et à l’incompréhension. L’adolescent ne comprend pas les gestes ni les paroles amoureuses, il ne sait pas quoi faire, il veut par exemple donner son manteau à la femme qui lui dit qu’elle a froid, quand elle désire se presser contre lui. Passant par l’incompréhension à la retenue et à l’abandon, le jeune homme finit par reconnaître l’amour, un amour aveugle ressenti par un être complètement aveuglé.
James Hyndman nous a fait découvrir par sa voix Charles Juliet, son histoire et la beauté de son oeuvre. Dans une ambiance silencieuse et intime, assis à sa table avec une lampe comme seul éclairage, un verre d’eau et ses feuilles de lecture, il a lu tranquillement, laissant aux paroles le temps d’avoir un impact, nous laissant absorber ses silences, absorber les émotions et anticiper la suite. Usant toujours des intonations les plus justes qui soient, les paroles empreintes d’un sens profond, de sentiments ressentis, que ce soit de joie ou de passion, comme quand l’adolescent qu’il incarne se sent fébrile ou encore d’angoisse et de culpabilité, comme quand il se rend compte de l’ampleur du geste qu’il a posé, le comédien s’est empreint du texte pour nous en livrer une version authentique et débordante d’émotion.
La voix profonde, les yeux perçants, c’est avec toute la modestie du monde qu’il a lu l’extrait de cette oeuvre qui l’a visiblement touché. Il nous l’a lue comme on lit une oeuvre qu’on comprend, qu’on chérit, qu’on admire, une oeuvre qui ne nous appartient pas mais à laquelle, malgré nous, on appartient un peu.
La prochaine et dernière lecture de James Hyndman dans le cadre de ses Éveils romanesques, se tiendra le 4 mai prochain, encore une fois au Théâtre de Quat’Sous, dès 19h30. C’est une oeuvre d’Anne Hébert qui sera cette fois à l’honneur. Pour plus d’information, visitez le site du théâtre au www.quatsous.com/eveils-romanesques.
Collaboratrice et photographe
Passionnée de littérature, Isabelle Lévesque est étudiante en photographie au Cégep du Vieux Montréal.
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