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Une nouvelle lecture scandinave aux portes de l'absurde
Crédit photo : Théâtre de l'Opsis
Le cycle scandinave, proposé par le Théâtre de l’Opsis dans cette première partie de l’année 2016, tient pour l’instant toutes ses promesses. Dans une salle encore pleine à craquer, la mise en lecture de ce mercredi 2 mars permettait de mettre en lumière une auteure islandaise bien connue de la communauté des lecteurs québécois.
Prix des libraires 2011 (catégorie Roman hors Québec), Ava Olafsdottiren est à son coup d’essai en matière de théâtre, ce qui ne l’a pourtant pas empêché avec cette pièce de permettre au théâtre islandais de connaître ses heures de gloire sur le Vieux-Continent. La mise en lecture de la familière Geneviève L. Blais permettait ainsi d’introduire la romancière originaire de la «Terre du soleil de minuit» dans le paysage théâtral québécois.
Dynamique et tendant vers l’absurde, l’histoire s’ouvre sur un déjeuner familial où la mère en plein veuvage convoque ses deux filles, Magdalena (Sylvie De Morais) et Martha (Catherine-Amélie Côté), accompagnée de son mari Martin (Alexandre Bergeron) et de son fils Mikael (Vincent Côté), lequel est en provenance de l’étranger. L’ambition avouée de Lily (Danielle Proulx), cette maman excentrique, est de révéler la véritable nature du défunt père pour qu’elle envisage enfin de nouvelles aventures sur le plan personnel.
Les enfants apprennent alors progressivement que leur père se travestissait, comme le garçon de la famille d’ailleurs, présumé homo habitué à chanter déguisé en femme dans des bars gays, mais quand même marié et dans l’attente d’un enfant. Pensant leur mère sur le déclin, les deux filles espéraient pourtant toucher bientôt l’héritage familial et, imaginez leur déconvenue quand elles apprennent que celui-ci a déjà été investi dans un orphelinat à l’autre bout du monde, et dans l’importation de hamac en Islande.
Drôle et vivante, grâce au jeu des acteurs à la limite de la simple lecture, cette pièce islandaise souffle à n’en pas douter d’un vent de fraîcheur sur la scène théâtrale de l’île nordique. Avec un texte adapté au public québécois agrémenté de la narration d’Audrey-Ann Tremblay, on sort de là le sourire aux lèvres en attendant encore une fois le prochain chapitre de ce cycle scandinave qui n’en finit pas de surprendre.
Collaborateur
Actuellement en rédaction d'un mémoire sur l'état du journalisme culturel au Québec, Benjamin érige la culture au rang de culte.
L'avis
de la rédaction
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