«Quatuor pour la fin du temps» lors du OFFTA 2017: abaisser la frontière entre les arts – Bible urbaine

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«Quatuor pour la fin du temps» lors du OFFTA 2017: abaisser la frontière entre les arts

«Quatuor pour la fin du temps» lors du OFFTA 2017: abaisser la frontière entre les arts

Musique classique, corps et projections comme une fin du monde

Publié le 9 juin 2017 par Léa Villalba

Crédit photo : Alex Huot

Fondée en 2013 par de jeunes finissants du Conservatoire de musique de Montréal, BOP (Ballet-Opéra-Pantomime) désire diffuser des œuvres classiques et contemporaines en y ajoutant des saveurs de tout horizon et grâce aux nombreuses collaborations qu'ils mettent en place. Résolument pluridisciplinaire, la compagnie s'accompagne d'artistes de l'avant-garde, ou reconnus pour leur unicité et la place qu'ils occupent dans leur art. En juin 2016, BOP présentait un opéra-pop gigantesco-fleuve, Le Vin herbé, avec plus de soixante-dix artistes dans une mise en scène de Philippou Boutin, des chorégraphies de Dave St-Pierre et des costumes de Denis Gagnon, le tout accompagné de la musique du compositeur suisse Frank Martin. Considéré comme la découverte de l'année par le Conseil québécois de la musique au mois de février 2017, BOP revenait dans le cadre du OFFTA les 7 et 8 juin derniers pour présenter sa nouvelle création, Quatuor pour la fin du temps.

Poésie de désespoir

C’est un duo de danseurs qui joue sur la gravité et le poids de l’autre que le public découvre dans un premier temps. Salle allumée, on semble assister à une répétition de danse quelconque, en toute intimité. Une première alliance émerge alors lorsque les instruments, piano, clarinette, violoncelle et violon s’ajoutent à leur petit jeu.

Petit à petit naît la magie de l’harmonie, entre danse et musique. Une foule d’individus, de toutes tailles, de toutes origines, de tout corps, entièrement nus, s’immisce à son tour, lentement, comme happée par un destin évanescent, qui s’écoule peu à peu. La lumière s’abaisse alors dans le public et laisse place à des effets vidéo, disposés sur le corps même des protagonistes. Projections, mouvements et musique se marient alors et créent un effet visuel très intéressant, malgré quelques lenteurs et redondances.

C’est ensuite Dave St-Pierre qui entre en scène. Enfermé dans un grand sac plastique sur une table, le danseur se débat, dans le silence, au cœur d’une douloureuse noirceur, et d’une lumière fluorescente. Il parvient finalement à sortir de son cocon et entame, accompagné par la musique, une déambulation torturée, une révolte corporelle dont l’artiste a le secret. C’est finalement un individu seul et caché depuis le début de la pièce, qui conclut la création. Dissimulé, timide et maladroit, c’est peut-être ce personnage qui incarne finalement un symbole d’espoir.

Empreinte d’obscurité, de peur et de désespoir, la pièce se termine sur une note plus poétique, plus solaire et marque le public par une fin originale.

Concert d’arts et mélange d’influences

Quatuor pour la fin du temps s’inspire d’une bribe de l’Apocalypse. Que restera-t-il à la fin de ce monde? La chair s’unit alors à la musique et aux lumières pour créer des scènes surréalistes où l’imagination de chacun entre en jeu.

Première présence pour la musique classique au sein du OFFTA, cette création fusionne les identités artistiques des chorégraphes et danseurs Karina Champoux, Dave St-Pierre, Frédéric Tavernini et Anne Thériault, ainsi que le vidéaste Alex Huot, le tout autour de l’œuvre musicale d’Olivier Messiaen. On assiste alors à un conglomérat de talents originaux où chacun offre son empreinte personnelle.

Pendant plus d’une heure et demie, le public assiste donc à une fusion des arts et des influences où chacun peut trouver des éléments qu’il apprécie et d’autres moins. Curiosité et ouverture d’esprit sont nécessaires pour apprécier une telle pièce, contemporaine et abstraite.

La symbolique, le sous-entendu et la libre interprétation du public fondent cette création. Il faut aussi souligner l’effort artistique de mêler des domaines et des compétences, et de permettre ainsi des combinaisons uniques et originales qui s’implantent dans la métropole.

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