Le 6 octobre, direction Le Livart pour une soirée de performances et d’échanges lors de «Cod’a» – Bible urbaine

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Le 6 octobre, direction Le Livart pour une soirée de performances et d’échanges lors de «Cod’a»

Le 6 octobre, direction Le Livart pour une soirée de performances et d’échanges lors de «Cod’a»

Une mise en lumière de l’exploration et de la création artistiques

Publié le 29 septembre 2021 par Mathilde Recly

Crédit photo : Tous droits réservés, Codes d'accès

À l’occasion de l’événement «Cod’a», présenté par Codes d’accès le mercredi 6 octobre au Livart, nous avons échangé avec Antoine Goudreau, Caitlin Berger et Emilia Segura, trois artistes qui prendront part à cette soirée sous le signe de la découverte musicale et du partage. Dès 20 h, ils vous feront ainsi découvrir le fruit d'explorations qui s'inscrivent dans les musiques de création actuelles, le tout dans un cadre à la fois artistique et social.

Antoine, Caitlin et Emilia, on est ravis de faire votre connaissance! Pourriez-vous chacun nous dire comment la musique est venue à vous, à moins que ce ne soit l’inverse?

A.G.: «La musique m’est venue de façon très naturelle et à la fois très pragmatique. Mon père jouait plusieurs instruments à vent et ma demi-sœur du piano, j’ai donc passé de longues heures de ma jeunesse fasciné par le son réverbérant de pièce en pièce dans ma maison d’enfance. Cependant, ce n’était pas un choix au hasard de poursuivre la musique: jeune, on m’a donné l’ultimatum de choisir entre le sport et la musique… Ce n’était pas un choix difficile, pour moi, à l’époque. On connaît la suite.»

Antoine Goudreau, compositeur, interprète et artiste multidisciplinaire. Photo: Benoît Melville

C.B.: «La musique a toujours fait partie de ma vie, car ma sœur aînée est chanteuse et ma famille allait voir des pièces de théâtre régulièrement pendant ma jeunesse. Mais la musique classique m’est venue seulement en quatrième année, quand mon école a créé une harmonie. C’est à ce moment-là que j’ai découvert ma passion pour le fait de jouer d’un instrument.»

E.S.: «J’ai grandi dans une maison où la musique faisait partie du quotidien. Nous écoutions de la musique classique et du jazz, mon père jouait de la guitare, nous allions souvent à des concerts en famille, et ma sœur et moi avons suivi des cours de piano. Au fil du temps, en pratiquant de plus en plus et en découvrant les joies du jeu avec d’autres musiciens, j’ai réalisé que je ne pouvais pas me passer de la musique dans ma vie.»

Et alors, de quel.s instrument.s jouez-vous chacun.e, et qu’est-ce qui vous a attiré.e tout particulièrement vers celui-ci plutôt qu’un autre, au départ?

A.G.: «J’ai porté plusieurs chapeaux au cours des années, mais je joue plutôt de la clarinette et de la guitare ces jours-ci, tout en étant passé par le piano et la basse électrique. Je présume que l’attrait principal de la clarinette, pour moi, était de passer de la flûte à bec (un instrument plutôt lamentable dans les mains d’un enfant…) à un “véritable” instrument, comme la clarinette qui demandait plus de souffle, qui avait des doigtés difficiles, etc. La guitare est arrivée avec l’angoisse existentielle de l’adolescence.»

C.B.: «Je joue de la flûte traversière. Quand j’ai entendu que mon école allait créer une harmonie, j’ai immédiatement choisi d’essayer la flûte, car je pensais que c’était l’instrument le plus féminin (ouf!) La première fois que j’ai essayé, j’ai fait un son tout de suite, ce qui est assez rare (ça demande beaucoup d’air!) Je me suis sentie “spéciale”, donc je ne voulais pas essayer les autres instruments offerts.»

E.S.: «Je suis clarinettiste. Plus jeune, je jouais du piano, mais une fois au secondaire, l’idée de pratiquer seule durant les classes de musique ne m’intéressait pas tant. Je me suis donc jointe à la concentration musique afin de jouer en groupe, d’abord dans l’harmonie, et par la suite dans l’orchestre. J’ai été tout de suite attirée par la richesse sonore et la qualité chantante de la clarinette. C’est un peu cliché, mais je voulais pouvoir jouer les grandes œuvres d’orchestre, comme le concerto de Mozart et le solo de Rhapsody in Blue

Pourriez-vous nous toucher quelques mots au sujet de la soirée Cod’a présentée par Codes d’accès et à laquelle vous prendrez part le 6 octobre prochain au Livart, soit comme compositeur – pour toi, Antoine –, ou bien comme artistes interprètes – pour vous, Caitlin et Emilia?

A.G.: «C’est certainement un honneur pour moi d’ouvrir le premier concert de la nouvelle saison de Codes d’accès! Je pense que ce concert sera fantastique: il y aura trois pièces au programme, dont une pièce composée par mon collègue Omer Barash, qui a aussi été jouée au dernier concert du Vivier InterUniversitaire. Ayant participé à l’organisation de ce concert, je suis très heureux que plus de gens puissent entendre cette pièce magnifique (et découvrir la mienne en même temps!)»

C.B.: «On a tellement hâte de présenter ce duo en personne! Pour moi, c’est non seulement un concert moderne, avec des compositeurs et interprètes de Montréal, mais aussi mon premier concert en dehors de chez moi depuis mars 2020 (j’ai présenté beaucoup de concerts en direct de ma chambre pendant la pandémie). Ce concert va démontrer la passion et la puissance de la musique contemporaine, ainsi que l’esprit créatif et innovateur des artistes et organisateurs de Montréal. On est très fières d’en faire partie!»

Caitlin Berger, flûtiste et professeure de flûte. Photo: Runa Shuda

E.S.: «C’est toujours spécial de présenter la première d’une œuvre, surtout lorsqu’elle a été écrite spécifiquement pour soi. C’est un moment intime et unique partagé entre les interprètes et le public. J’ai aussi hâte de découvrir les deux autres pièces au programme. Les concerts présentés par Codes d’accès sont toujours innovateurs, et je suis heureuse d’en faire partie.»

Lors de cette soirée, le public découvrira en tout «trois performances dont l’essence réside aux diverses orées de la création musicale actuelle, et présentées dans un contexte de partage et de découverte.» Selon toi, Antoine, qu’est-ce qui définit et caractérise cette création musicale actuelle, justement?

A.G.: «La création musicale a été largement attribuée aux efforts de compositeurs particuliers au cours des siècles précédents. On parle souvent de ce grand compositeur ou de cet autre, négligeant la part des interprètes dans la création d’œuvres séminales. On ne mentionne même pas l’existence et la contribution des compositrices sur la scène musicale.»

«La création musicale actuelle se caractérise par la dissolution des rapports hiérarchiques entre compositeurs.trices et interprètes. On ne donne plus simplement la partition finale aux interprètes, on la travaille et on la peaufine avec eux, suivant leurs idées et leurs habiletés. On voit peu à peu une véritable reconnaissance du rôle des interprètes à partir du XXe siècle, et dans un monde post-pandémique (en dépit de l’isolement et de l’aliénation), il faut miser là-dessus, sur les liens qu’on peut créer par la co-création avec les interprètes.»

«La création de ma pièce ne m’appartient pas; elle est partagée entre Emilia, Caitlin et moi, et j’irais même jusqu’à inclure nos cher.e.s spectateurs.trices!»

Tu y présenteras d’ailleurs au public ta pièce Dé-voile(s) pour flûte et clarinette. Peux-tu nous parler de tes processus d’exploration et de création qui t’ont mené à la réalisation de ce morceau?

A.G.: «Je ne suis pas certain de pouvoir vraiment parler d’exploration artistique au début du processus de création…»

«L’idée de la pièce m’est venue juste après le déboulonnement de la statue de John A. Macdonald à la Place du Canada à l’été 2020. Ayant assisté à ce moment historique poignant, je me suis mis à revoir et à réentendre mes souvenirs de l’évènement (les affiches qui cachaient la statue, la vingtaine de policiers en bicyclette qui jalonnaient la place, la tête de Macdonald sur l’asphalte à quelques mètres de son corps…) et à les imaginer en musique. Je me suis concentré sur les sentiments sous-jacents de cette expérience, la tension, l’anxiété, l’adrénaline, comme sources d’inspiration pour les matériaux musicaux.»

Emilia et Caitlin, de votre côté, qu’est-ce que sa création vous inspire, et comment décririez-vous celle-ci en quelques mots simples? On aimerait aussi savoir comment vous abordez le jeu de ce morceau, en tant que musiciennes interprètes!

E.S.: «C’est une pièce pleine de surprises! Dans l’espace de quelques minutes, Antoine a écrit une œuvre qui inspire diverses émotions et traverse toute une histoire. En travaillant une pièce aussi évocatrice, les événements qui l’ont inspirée ne sont jamais bien loin. Une fois les difficultés techniques maîtrisées, l’essentiel est de trouver ce qui résonne en soi et de le partager à travers notre interprétation.»

Emilia Segura, clarinettiste et musicienne d’orchestre. Photo: Laurena Segura

C.B.: «Cette création m’inspire beaucoup, car elle rejoint la justice sociale et la musique classique, et c’est exactement ce que je fais dans ma carrière actuellement. Ma passion pour la justice sociale est toujours dans mes pensées quand je programme mes concerts, qu’ils soient en solo ou avec Emilia. Je décrirais cette pièce comme une manifestation de centaines de personnes, représentée par deux petits instruments! Au niveau du jeu, c’était important pour nous d’apprendre la signification de l’œuvre, et ça nous a guidées durant nos répétitions. On aime la musique contemporaine, donc c’était excitant et enrichissant!»

À quelques jours de l’événement, comment vous sentez-vous à l’idée de monter sur scène et de partager ce moment avec le public, que ce soit comme créateur ou comme interprète?

A.G.: «Chaque fois qu’on entend son œuvre pour la première fois dans un contexte public comme un concert, une distance se crée entre sa création et soi; soudainement, on s’aperçoit de ses faiblesses, des petits détails qui nous ont échappé pendant la conception, mais on oublie ça dès que la pièce est terminée. Le sentiment de voir l’auditoire ému par l’expérience est d’autant plus fort si on a des doutes au sujet de la réception de la pièce. On ressent, on vit à voir vivre les gens, et je n’ai aucun doute qu’Emilia et Caitlin vont les faire vivre!»

C.B.: «J’ai très hâte à ce moment, vu que c’est ma première interprétation en personne depuis mars 2020. Je suis contente de pouvoir partager ce projet avec le public et de voir leurs réactions. Je suis un peu nerveuse, ce qui est normal pour moi, mais c’est plus une anticipation qu’autre chose! Je ne me souviens presque pas du sentiment d’être sur scène… Ça va être très émouvant pour moi.»

E.S.: «J’ai très hâte moi aussi! C’est certain que je ressens un peu de trépidation, comme ça fait longtemps que j’ai eu la chance de jouer devant un public. Essentiellement, je suis excitée de monter sur scène à nouveau. J’espère que le public a tout aussi hâte de retrouver des concerts en personne et de découvrir de la nouvelle musique!»

Et alors, à court ou moyen terme, à quoi va ressembler votre parcours professionnel? On est bien curieux de découvrir vos projets artistiques dans les semaines ou les mois à venir… si ce n’est pas un secret d’état, bien sûr!

A.G.: «Je viens tout juste de terminer un gros projet intitulé eMusicorps, une collaboration interdisciplinaire avec des étudiants en kinésiologie, où je crée du contenu visuel génératif à partir de données provenant de capteurs de mouvement sur le corps d’un pianiste. À part ça, je conçois en ce moment une pièce pour un duo et éponge, un instrument musical numérique. Une obsession grandit en moi: je continue à pousser l’interdisciplinarité numérique dans le monde de la musique contemporaine. Je verrai où ça me mènera!»

C.B.: «Emilia et moi allons continuer de travailler ensemble, principalement avec de jeunes compositeur.trices de Montréal. Il y a tellement de musique nouvelle à découvrir et à partager avec les gens! Je vais aussi continuer ma série de concerts virtuels intitulés Caitlin’s Cozy Concerts, que je réalise seule, en direct de mon appartement. Je me concentre sur des projets de musique de chambre, car ils me donnent plus de liberté comme interprète indépendante.»

E.S.: «Comme l’a mentionné Caitlin, nous préparons un projet où nous travaillerons avec d’autres jeunes artistes. Le répertoire pour flûte et clarinette n’est pas encore très étendu, donc nous sommes heureuses de participer à de nouvelles créations. Restez à l’affût sur les réseaux sociaux pour les prochaines nouvelles de l’Ensemble Camellia!»

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Visuel officiel de l’événement «Cod’a 2021»

Venez nous rejoindre le 6 octobre prochain dès 20 h au Livart — Centre d’art Montréal (3980, rue Saint-Denis) pour une soirée de découvertes musicales où vous aurez la chance et le privilège de côtoyer les créatrices et créateurs de près, en plus d’ouvrir le dialogue avec eux! Achetez vos billets en ligne sans plus tarder sur lepointdevente.com.

*Cet article a été produit en collaboration avec Codes d’accès.

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