«Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal – Bible urbaine

Sorties_Festivals

«Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal

«Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal

Un cabaret-théâtre coloré, festif et sensuel

Publié le 7 décembre 2020 par Florence Leclerc

Crédit photo : Furrsan Jurk

Tel un carrousel avec ses chansons, ses couleurs et ses danses, Bar Farouk nous entraîne au cœur de l’esprit festif et débridé d’une ville autant acclamée que maintes fois pleurée; la magnifique Beyrouth. Un spectacle applaudi dans sa ville natale et présenté pour la première fois au Canada grâce au Festival du Monde Arabe de Montréal, qui tient actuellement sa 21e édition.

Dans ce théâtre musical regorgeant d’activités et diffusé entièrement sur le web, nous y retrouvons l’ambiance tantôt humoristique, tantôt séduisante de la vie de cafés, de bars et de cabarets de la capitale libanaise, à laquelle nombre de locaux et de visiteurs ont succombé à travers les années.

Une pointe de critique politique et une touche particulière de sensualité nous démontrent à quel point Beyrouth est une pionnière en termes de liberté d’expression dans le monde arabe. Telle une flamme qui ose briller malgré les nuits sombres de ce pays perturbé, l’amour et la joie parviennent malgré tout à s’y frayer un chemin.

Ambiance feutrée et musique invitante

C’est donc dans un décor vintage de cabaret musical que l’on retrouve les dix artistes avec lesquels j’ai passé ces deux heures. Entre les somptueux rideaux, la riche tapisserie et les lumières intimes, j’ai découvert l’orchestre qui m’a accompagné tout au long de ce voyage. Contrebasse, accordéon, oud, violon et darbuka ont empli mes oreilles de mélodies plus entraînantes et envoûtantes les unes que les autres, et ce, durant la première partie du spectacle. Une basse électrique remplace la contrebasse dans la deuxième partie, ce qui implique que les années et que les sonorités changent.

Deux tables sont disposées un peu en hauteur, de chaque côté de la scène, et on y retrouve trois femmes qui chantent, dansent, discutent, commentent et agrémentent le décor de leurs personnalités assumées et de leurs énergies sensuelles et festives. Deux serveurs-comédiens-chanteurs, un peu comme les fous du roi, interagissent avec les femmes et l’orchestre, dans une approche humoristique tout au long de la présentation.

Une ambiance de camaraderie, presque familiale, est palpable entre les membres de la troupe, qui donnent vie à ce spectacle depuis 2015 au Metro Al Madina, à Beyrouth même.

Technologie interactive à l’œuvre

L’arrière de la scène est occupé par un écran qui projette l’extérieur du cabaret. On peut y voir des images de la rue, de la vie métropolitaine à Beyrouth, et y sentir l’énergie de circulation et la curiosité des passants. Je m’y sentais presque!

Le travail artistique de la projection est admirable et ajoute une dimension interactive. L’écran enveloppe la scène et ses personnages dans une bulle hors du temps, où tout semble possible: les rêves, les désirs et les opinions de tous y sont accueillis avec ouverture et légèreté.

Classiques et traditions

Les costumes sont colorés, beaux et intrigants. On passe ainsi, à travers eux et les chansons choisies, des années 20 aux années 70 durant ces 120 minutes de roulement musical incessant. Entre les chansons d’amour, de critique politique, de pouvoir et de beauté, on peut reconnaître des chansons populaires telles que «Ah Ya Zein, Hebeena» et «Habibi Ya Ainy», pour ne nommer que celles-ci. Bar Farouk rend aussi hommage à plusieurs chansons traditionnelles libanaises et ne rate pas l’occasion, bien entendu, d’intégrer allègrement le dabke et la danse orientale, deux éléments essentiels à tout rassemblement festif au Liban!

Des rythmes plein les oreilles et le cœur

Les pièces musicales s’enchaînent avec fluidité et élégance, ne laissant aucun temps mort et nous transportant toujours dans un nouvel univers avec curiosité. Les voix sont belles à écouter, les musiciens, talentueux, les danses simples mais ressenties, les rires et les regards sont complices.

Bien que le spectacle perd un peu de son tonus et semble un peu long vers les trois-quarts, le travail des artistes reste remarquable, étant presque toujours tous sur scène et n’ayant qu’un maigre cinq minutes d’entracte. Les plans de caméras variés et dynamiques ainsi que les mises en scène, visiblement bien travaillées, nous permettent de rester présents tout au long de cette diffusion web. On se surprend quelquefois à vouloir s’abandonner aux rythmes proposés!

Que l’on connaisse bien Beyrouth et le monde arabe ou très peu, ce spectacle est assurément un de ceux qui sait charmer un public de tout genre. Les couleurs, les sonorités et les tourbillons de chants et de danses ne sont que les points forts de cette œuvre qui nous fait voyager dans un Liban qui reste fidèle à lui-même: qui s’exprime dans ses joies et ses peines, qui se partage, qui se livre sur un plateau d’argent dans la demeure de celles et ceux qui veulent bien l’accueillir et qui risque de faire chavirer votre cœur.

Le spectacle «Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» sera présenté en webdiffusion jusqu’au 10 décembre 2020.

Le spectacle «Bar Farouk» en images

Par Furrsan Jurk

  • «Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal
  • «Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal
  • «Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal
  • «Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal
  • «Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal
  • «Bar Farouk, l’âge d’or des nuits de Beyrouth» lors de la 21e édition du Festival du Monde Arabe de Montréal

L'avis


de la rédaction

Nos recommandations :

Romans étrangers Critique-Le-quatrieme-mur-Sorj-Chalandon-Editions-Grasset-Bible-urbaine

«Le Quatrième mur» de Sorj Chalandon

Vos commentaires

Revenir au début