«L'entrevue éclair avec...» Caryl Férey, auteur de thrillers glaçants et dépaysants | Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Caryl Férey, auteur de thrillers glaçants et dépaysants

«L’entrevue éclair avec…» Caryl Férey, auteur de thrillers glaçants et dépaysants

Préparez-vous à vivre une immersion sibérienne à -60 degrés!

Publié le 25 février 2021 par Mathilde Recly

Crédit photo : Stéphane Remael

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd’hui, nous avons jasé avec l'auteur et globe-trotteur français Caryl Férey, dont le dernier thriller Lëd («glace» en russe), qui nous entraîne au coeur de la froideur sibérienne, vient tout juste de paraître chez Interforum Canada.

Caryl, on te connaît comme un auteur polyvalent, puisque tu as déjà exploré, toujours avec l’aisance qu’on te connaît, autant le roman noir, la bande dessinée, la littérature jeunesse que la nouvelle. À quand remonte ton déclic pour la littérature, et qu’est-ce qui t’a donné envie d’explorer autant de formats d’écriture aux horizons aussi variés?

«C’est mon arrière-grand-mère, institutrice retraitée à l’époque, qui, dès l’âge de 3 ou 4 ans, me lisait inlassablement les livres de classe qui racontaient des histoires: Le lion de Kessel, Les fables de La Fontaine, etc. Elle m’a donné ce goût, que j’ai d’abord décliné dans mes jeux d’enfants avec des figurines, puis au lycée, avec mes copains devenus héros de milliers (!) de pages sur cahiers Clairefontaine – j’écrivais nos aventures madmaxo-kolkienniennes plutôt que de suivre les cours.»

«Le roman était donc naturel pour moi et, rocker frustré par ma nullité à la guitare, l’écriture de chansons a toujours été un phénomène de compensation. Le scénario de cinéma a été une autre passion aussi, quand l’écriture du roman n’était pas encore maîtrisée. Tout se complète.»

Habituellement, tu aimes plonger tes lecteurs dans des histoires se déroulant à l’étranger, et plus précisément dans des endroits assez «exotiques», si l’on adopte la perspective d’un lecteur francophone. Qu’est-ce qui te permet de les faire voyager aussi bien en Nouvelle-Zélande qu’en Afrique du Sud, en Colombie ou même en Argentine? On est curieux de savoir si tu as l’âme – et l’expérience – d’un grand voyageur!

«Disons que j’ai fait le tour du monde à 21 ans, ce qui a complété ma panoplie d’écrivain devenu ainsi voyageur. L’autre m’attire naturellement, même si je suis timide (la boisson m’a secouru!), compensé par une empathie très développée.»

«Je n’ai pas besoin de passer deux mois dans un township pour écrire sur le sujet. J’aspire les histoires des gens, car elles m’intéressent et ils le sentent: à un écrivain qui boit tes paroles, tu vas lui révéler des choses parfois jamais dites…»

Ton plus récent roman, Lëd, est paru le 12 février dernier chez Interforum Canada. Dans cette histoire, on suit les traces de Boris, un policier flegmatique qui mène son enquête à Norilsk – ville sibérienne la plus polluée au monde – alors qu’un ouragan arctique vient de frapper et qu’un éleveur de rennes a perdu la vie de façon suspecte… Peux-tu nous dire d’où t’est venue l’inspiration pour ce thriller glaçant?

«Les éditions Paulsen m’ont proposé de me rendre à Norilsk, “la ville la plus pourrie du monde”: j’en ai tiré un récit de voyage. Puis, comme j’avais malgré tout adoré la ville (et surtout ses jeunes mineurs et leurs femmes), tout ça me manquait tellement que j’ai décidé de poursuivre l’aventure à travers un roman. C’est la ville extrême, une ville pour moi!»

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De nombreux personnages peuplent Lëd et donnent même à ton roman une forme chorale. Peux-tu déjà nous en dire plus sur Boris, l’enquêteur clé, et sur la façon dont tu as bâti son profil psychologique, ainsi que les éventuelles relations qu’il entretient avec les autres personnages plus «secondaires»?

«Boris est un des rares gars honnêtes dans l’univers sécuritaire du roman, à l’instar de la Russie où la corruption est endémique. Il sert surtout de vecteur à la découverte des habitants de Norilsk, extrapolations de mes rencontres inoubliables avec ces Sibériens si attachants. Lëd est certainement un des romans que j’ai le plus aimé écrire, auquel je me sens viscéralement attaché.»

Si tu avais carte blanche et que tout était possible, y compris remonter le temps, avec quel.le auteur.e de polars aimerais-tu échanger autour d’un verre, et de quoi parleriez-vous ensemble, le temps d’une soirée animée?

«Si tout était possible, j’aurais tanné Jacques Brel pour qu’il écrive du polar, juste pour avoir la joie d’en faire un ami et débattre jusqu’à pas d’heures sur ses contradictions au sujet des femmes, qu’il aimait mal mais terriblement, et en faire un homme féministe éclairé – il détestait les injustices, ça aurait été facile de le convaincre, et il se serait érigé contre le virilisme des hommes, qu’il détestait tout autant. Un ami, quoi.»

Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec Interforum Canada.

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