«Dans la peau de...» François Dompierre, créateur pluriel et grand passionné d'art et de culture | Bible urbaine

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«Dans la peau de…» François Dompierre, créateur pluriel et grand passionné d’art et de culture

«Dans la peau de…» François Dompierre, créateur pluriel et grand passionné d’art et de culture

«Amours, délices et orgues», une biographie teintée de rencontres inoubliables

Publié le 9 avril 2021 par Mathilde Recly

Crédit photo : Paul Laramée

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Aujourd’hui, nous avons jasé avec François Dompierre, un créateur touche-à-tout passionné par les arts et la gastronomie, qui a dévoilé le 1er avril son quatrième livre, Amours, délices et orgues: récits d'une vie plurielle, aux Éditions La Presse.

François, on sait que tu as composé plus de 200 chansons (!), en plus d’avoir «douze années de radio et cinq années d’ateliers culinaires, trois livres et treize disques, des milliers de kilomètres à pied et un formidable appétit de vivre» à ton actif! Qu’est-ce qui explique ton profil à la fois passionné et éclectique, selon toi?

«Je crois que le processus de création s’articule toujours de la même façon. Qu’elle soit musicale, littéraire, visuelle ou gastronomique, il y a tout d’abord la naissance d’une idée. Cela n’est évidemment pas suffisant. À quelqu’un qui se vantait d’avoir eu une idée extraordinaire de film, Michel Brault avait répondu: “J’en ai trois par jour. Ça, c’est la partie facile. Écrire le scénario et réaliser le film est beaucoup plus exigeant”. La véritable création commence là: une idée, l’établissement des thèmes, mais surtout, la définition de la forme de l’œuvre. C’est cette dernière qui est la partie la plus importante: un début, un milieu, une fin… raconter une histoire.»

«Donc, pour répondre plus précisément à cette question, ce qui m’intéresse, c’est de raconter une histoire, peu importe qu’elle soit littéraire, musicale, ou gastronomique. Pour ce qui est de la randonnée pédestre, c’est souvent lors de mes longs voyages à pied que je trouve une idée originale, un point de départ.»

Toi qui crées énormément, et ce, dans différentes sphères, qu’est-ce qui nourrit ton imagination et ta soif d’inventer de nouvelles compositions littéraires, musicales ou culinaires?

«C’est assez mystérieux. Je crois qu’on peut trouver la réponse dans mon enfance. Je viens d’une famille où on parlait beaucoup, on discutait, on commentait l’actualité. Mes parents étaient des communicateurs, tous les deux professeurs. Ils chantaient dans une chorale de haut niveau. Mes deux grand-mères cuisinaient avec beaucoup de talent. La maison était ouverte à plein de gens qui venaient nous raconter leur vie. Des originaux de toutes allégeances politiques, de toutes croyances religieuses. Chaque dimanche, un ami de papa jouait du jazz à la maison. C’était une sorte de héros pour moi. C’est sûr que tout cela exacerbe l’imagination d’un enfant.»

«J’ai commencé à écrire des textes et de la musique vraiment très jeune, et je n’ai jamais eu à m’interroger très longuement sur ce que j’allais choisir comme métier plus tard: ce serait dans le domaine de la création. Aujourd’hui, c’est pareil; je me nourris d’expositions, de cinéma, de lectures, de concerts et de rencontres.»

Le 1er avril, ton livre Amours, délices et orgues: récit d’une vie plurielle est paru aux Éditions La Presse. Il s’agit d’un récit biographique où tu retraces «ton incroyable parcours de musicien tous azimuts». Quel a été le déclic qui t’a donné envie de te lancer dans ce projet d’écriture et de revenir sur ta carrière musicale?

«Ce livre est mon quatrième. J’ai donc peu à peu été séduit par l’écriture littéraire. Comme je suis un grand lecteur, cette expression me convient tout à fait. J’ai d’abord publié deux livres chez Boréal et un troisième aux Éditions La Presse. Celui-ci raconte, sous une forme romancée, la vie de la grande interprète de la chanson et de théâtre qu’a été Monique Leyrac. Je dis «romancée» car, bien que les faits qui y sont relatés soient avérés, j’ai reconstitué certains décors, ajouté des ambiances et inventé deux ou trois personnages d’appoint.»

«J’ai trouvé l’exercice extrêmement stimulant, une autre manière de raconter une histoire comme je le fais en musique de film, par exemple. J’ai commencé à écrire un roman qui mettait en scène un jeune homme attiré par la musique. C’est alors que mon entourage m’a tout simplement fait remarquer qu’il serait beaucoup plus simple et direct d’écrire l’histoire de ma propre vie. J’ai donc mis mon roman de côté et commencé la rédaction de ma bio.»

Dans ce livre, on retrouve également le côté humain de ton parcours, puisque tu parles de tes rencontres avec – entre autres – Félix Leclerc, Renée Claude ou encore Michel Tremblay. En quoi ces différentes personnalités ont-elles pu avoir un rôle déterminant dans ta vie d’artiste?

«Dès la première page du livre, il est écrit que je trouve déplorable l’idée de parler de soi. C’est, selon moi, un exercice assez vain, superficiel et souvent très éloigné de la vérité. Notre propre vie — en tout cas, la mienne — est, la plupart du temps, assez anodine. En général, on chemine dans l’existence et on disparaît sans laisser de traces. À moins d’avoir été un grand créateur, un personnage historique ou un trafiquant de drogues, notre parcours est banal. “Trois petits tours et puis s’en vont”. Notre vie personnelle ne devient significative qu’au contact de celle des autres.»

«Si j’ai accepté d’écrire ce livre, c’est donc à condition de pouvoir parler de celles et ceux qui m’ont influencé, qui ont fait de ma petite personne quelqu’un qui a des choses à dire. Et Dieu sait qu’il y en a eu. Certains m’ont appris la rigueur, c’est le cas de la chanteuse Renée Claude, entre autres. D’autres, comme Félix Leclerc, ont élargi ma vision artistique. Michel Tremblay a été déterminant dans ma collaboration avec lui pour écrire Demain matin, Montréal m’attend

«Ceux-là et d’autre encore partageaient une qualité primordiale: une sorte d’humilité par rapport à leur travail, ne jamais se contenter de l’à peu près, de remettre en question leurs idées; ne pas avoir peur de raturer et de recommencer. En résumé, oui, je parle de moi, mais à travers ce que les autres m’ont apporté. Ils m’ont appris beaucoup.»

Et alors, quels sont tes prochains projets à venir pour 2021? Penches-tu pour la musique, la cuisine, l’écriture ou tout cela à la fois? On serait curieux de savoir si tu comptes même tenter quelque chose d’inédit!

«Depuis le début de la pandémie, c’est-à-dire mars 2020, j’ai partagé mon temps entre mes trois passions: la musique, l’écriture et la cuisine. À ce chapitre, j’ai établi un rituel. Tous les dimanches, j’ai préparé un dessert que je suis allé porter à chacun de mes quatre enfants et à leurs mères respectives. Des recettes simples ou complexes selon mes humeurs, mais toujours assez créatives: pâte feuilletée, tarte Tatin aux poires, galette des Rois, gâteau basque, éclairs à l’érable, choux à la crème et beaucoup d’autres cochonneries.»

«Le reste de la semaine, j’ai consacré mon temps à l’écriture musicale, ces temps-ci à une pièce concertante pour clarinette et orchestre, à laquelle je travaillais le matin. L’après-midi, je me suis laissé prendre par l’écriture littéraire. Un nouveau projet, plutôt ambitieux, qui raconte la vie d’une famille d’ici. Des personnes connues, du monde passionnant et passionné.»

«On en reparlera si je vois le bout de cette saga. Un travail de quelques années, sans doute.»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

*Cet article a été produit en collaboration avec Les Éditions La Presse.

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