«En vogue avec...» Louise Labrecque, spécialiste de la mode et bâtisseuse de style | Bible urbaine

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«En vogue avec…» Louise Labrecque, spécialiste de la mode et bâtisseuse de style

«En vogue avec…» Louise Labrecque, spécialiste de la mode et bâtisseuse de style

Découvrez comment «vos vêtements parlent»

Publié le 3 mars 2021 par Mathilde Recly

Crédit photo : Phanie Maude Éthier

Dans le cadre de cette série, Bible urbaine s’entretient avec une personne qui évolue dans le milieu de la mode ou de la beauté au Québec, afin de lui poser 6 questions sur sa marque ou sur son métier. Créateurs de mode ou d’accessoires, designers de produits de beauté ou de parfums locaux, tatoueurs ou maquilleurs professionnels: tous se prêtent au jeu de vous faire découvrir les multiples facettes de leurs univers créatifs. Cette semaine, nous avons discuté avec Louise Labrecque, styliste, conseillère en image, animatrice et chroniqueuse de mode qui vient de publier son livre Vos vêtements parlent: exprimez-vous avec style aux Éditions La Presse.

Louise, tu t’illustres comme spécialiste de la mode depuis plus de 30 ans avec des chapeaux aussi variés que ceux de styliste, conseillère en image, animatrice ou encore chroniqueuse. Peux-tu nous dire d’où est née cette passion, et ce qui t’a poussée à en faire ton métier?

«J’ai toujours su que la mode était faite pour moi. J’ai commencé à confectionner mes vêtements à 12 ans. À l’époque, il n’y avait pas de Zara et de H&M. Tout ce que ma mère me proposait ne me plaisait pas. Je voulais autre chose. J’étais attirée par les tissus, les couleurs, les coupes. Je visualisais des garde-robes entières. J’avais une sortie? Je me créais une tenue. J’ai donc étudié la mode au Collège LaSalle, tout en travaillant en boutique où je me faisais la main en habillant les clients.»

«Puis, à 22 ans, une styliste m’a ouvert les yeux sur son métier. Ça a été le déclic. Ce travail rassemblait tout ce que j’aimais. Je me suis donc monté un porte-folio et j’ai sonné aux portes des magazines. Quelques jours après, j’obtenais mon premier contrat. Puis, de fil en aiguille, j’ai délaissé les mannequins pour habiller les artistes à la télé, dans les publicités et au cinéma. Mon premier film? Cruising Bar avec Michel Côté. En 2020, j’ai ajouté une autre corde à mon arc: je suis devenue chroniqueuse mode et beauté pour le journal La Presse. S’en est suivi mon premier livre Avec style, puis les émissions de mode à Canal Vie, les collaborations avec les différents médias et le lancement de mon académie où je forme des stylistes et j’offre des conférences. Et finalement, mon petit dernier: mon livre Vos vêtements parlent: exprimez-vous avec style.» 

 
 
 
 
 
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Dans le cadre de tes fonctions, tu conseilles notamment des artistes, des gens du milieu des affaires et de la politique, mais aussi des gens du public. Qu’est-ce qui te plaît le plus dans le fait de les aider à soigner leur image et à développer un style qui leur est personnel?

«Travailler avec le public et les gens du milieu des affaires est très différent de travailler avec les politiciens et les artistes. Pour ces derniers, tu élabores un look, une image pour des situations hors du commun: scène, photos, télé, entrevues… C’est très créatif et gratifiant pour une styliste, car l’image projetée par le vêtement se doit d’être parfaite. Et toute l’équipe derrière l’artiste travaille dans ce sens. Il en va de même pour l’image du politicien. Le message doit passer en quelques secondes, car il est décrypté par des milliers de gens. L’erreur n’est pas permise. Je prends donc en considération chaque détail du vêtement, de la coiffure, du maquillage, du geste, de la posture… C’est fascinant!»

«Ce l’est tout autant, et même plus, lorsque je travaille avec une personne du public. Ici, je me colle plutôt à sa réalité au boulot et dans son quotidien. Je l’accompagne dans sa démarche d’identité et je lui fais comprendre que ses vêtements, sa coiffure, son maquillage sont ses alliés. On travaille ensemble. Je lui apprends comment faire ressortir les différentes facettes de sa personnalité à travers le vêtement. Je pousse plus loin la vision qu’il a de lui pour que son style soit toujours à son image: vrai et authentique.»

Ce 18 février, tu as dévoilé ton nouveau livre Vos vêtements parlent: exprimez-vous avec style aux Éditions La Presse. Au fil des pages, tes lecteurs se voient offrir conseils, astuces et exercices pour réussir à construire une garde-robe qui leur est propre, ainsi qu’un style vestimentaire «unique et surtout authentique». Qu’est-ce qui t’a donné envie de te lancer dans ce projet?

«Aujourd’hui, on ne peut nier l’influence de nos vêtements sur notre bien-être et sur notre façon d’agir. Le style vestimentaire s’expose partout dans la rue, dans les médias sociaux. Il n’a jamais été aussi présent. Il est d’actualité. C’est faire l’autruche que d’affirmer que l’habit ne fait pas le moine. Surtout qu’aujourd’hui, la mode se niche tandis que le style se démocratise en devenant accessible à tous, peu importe l’âge, la silhouette, le budget.»

«J’ai donc décidé d’écrire ce livre pour les gens qui veulent savoir ce qui se cache derrière les plis de leurs vêtements. Ce n’est pas un livre de mode. C’est un livre pour tous ceux et celles qui en ont marre de porter toujours la même chose ou qui ne se retrouvent plus dans leur garde-robe. Le monde change, et nous aussi. Notre allure doit suivre notre réalité.»

«Ce livre explique donc comment se créer un style à son image, un style qui est à la hauteur de ses attentes. Pour y arriver, j’y donne des trucs pour s’habiller rapidement et avec style. Lorsqu’on applique les quatre éléments de la méthode élaborée dans le livre, s’habiller devient facile et, surtout, notre style vestimentaire correspond à qui on est réellement.»

 
 
 
 
 
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Le titre de cet ouvrage est à la fois accrocheur et mystérieux! Pourquoi penses-tu que «nos vêtements parlent» et en disent autant sur nous, notre personnalité, ainsi que l’image qu’on renvoie aux autres?

«Chaque ligne, chaque couleur, détail et agencement de nos vêtements émettent des codes et des messages qui suscitent des jugements de valeur. En une fraction de seconde, la personne qui nous aperçoit se fait sans le vouloir une idée de notre personnalité. Est-ce que celle-ci correspond à qui l’on est réellement? Impossible de le savoir.»

«Quand on est conscient du pouvoir et du langage du vêtement, on peut s’en servir pour mieux communiquer notre message. Ce faisant, notre allure nous épaule et nous élève. On s’habille en toute conscience et aussi en toute confiance, car on sait que notre vêtement ne va pas nous trahir. Pensez-y!»

«Je joins à ces réflexions de nombreuses études et recherches qui prouvent (et démontrent) l’importance du vêtement et des couleurs. C’est très intéressant de comprendre que le marine, par exemple, envoie une image sécurisante au contraire du noir. Donc, si on doit rassurer un client, il est préférable cette journée-là de s’habiller en marine. Il appuiera nos dires.»

Au sein de cet ouvrage, tu t’entretiens avec Pénélope McQuade, Pauline Marois, Annie Horth et Isabelle Boulay au sujet de leur look et de leur rapport aux vêtements. Selon toi, en quoi ces quatre personnalités étaient de bonnes ambassadrices du style?

«J’ai choisi ces quatre femmes car leur allure vestimentaire est significative. Prenons madame Pauline Marois. À la base, elle aime porter des couleurs, des imprimés, des accessoires originaux. Mais, lors de la course à la chefferie, elle a dû mettre de côté ces excentricités, car elles parlaient trop fort. On ne voyait qu’elles. Leurs messages ne correspondaient pas à ceux d’une première ministre. Elle a donc éliminé tout ça et s’est créé une armure: un tailleur neutre, non propice aux jugements.»

«Mais le style n’est pas réservé qu’aux vêtements. Pensez à Isabelle Boulay, par exemple. Pour marquer sa différence, elle a bâti son style sur sa belle chevelure rousse et vaguée. C’est sa signature. Son style. Elle nous en parle.»

«Quant à Pénélope, elle aime se différencier. Elle s’amuse avec la mode. On peut aimer ou non sa façon de se vêtir, elle s’en fout. Elle est confiante et cette confiance transparaît dans sa façon d’être et d’assumer le vêtement. Pour moi, c’est un bel exemple, car il faut arrêter de s’habiller pour le regard de l’autre. Il faut d’abord s’habiller pour se faire plaisir à soi. Et ça, Pénélope le fait très bien.»

«Annie Hort, enfin, nous explique sa vision de la mode et du vêtement alors qu’elle a habillé de nombreux artistes comme Céline Dion, notamment.» 

Si tu avais carte blanche et que tout était possible, y compris remonter le temps, quel.le créateur.trice de mode rêverais-tu de rencontrer dans son atelier de couture, et de quoi parleriez-vous ensemble?

«Ce serait Alexander McQueen. Les créations de ce grand designer britannique m’ont toujours émue et chavirée. Elles sont à la fois exubérantes et raffinées. C’est comme s’il arrêtait le temps et qu’il mariait les différentes époques.»

«J’ai d’ailleurs éclaté en sanglots – oui, en sanglots! – devant une veste de sa collection dans une de ses boutiques à Florence. La beauté de la coupe, de la pince qui formait le galbe de la hanche, la précision de la boutonnière, le choix du tissu… ouf… j’en ai encore des frissons.»

«Puis, quelques mois après sa mort en 2010, j’ai eu le privilège de voir ses dernières créations alors qu’elles étaient en transit dans la boutique de New York avant de se rendre au musée. Encore là, j’ai pleuré!»

Pour découvrir nos précédentes chroniques «En vogue avec…», visitez le labibleurbaine.com/En+vogue+avec…

*Cet article a été produit en collaboration avec Les Éditions La Presse.

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