«Jamais, Toujours, Parfois» au Théâtre du Rideau Vert: le théâtre pour sensibiliser aux enjeux de santé mentale – Bible urbaine

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«Jamais, Toujours, Parfois» au Théâtre du Rideau Vert: le théâtre pour sensibiliser aux enjeux de santé mentale

«Jamais, Toujours, Parfois» au Théâtre du Rideau Vert: le théâtre pour sensibiliser aux enjeux de santé mentale

Une pièce qui rassemble autour d'enjeux importants

Publié le 11 mars 2024 par Flavie Boivin-Côté

Crédit photo : Tous droits réservés @ Théâtre du Rideau Vert

La maladie mentale est encore un sujet tabou au sein de notre société, même en 2024. Et alors, comment se défaire des préjugés qui y sont liés? Comment fonctionner au quotidien lorsque la blessure est invisible et que les ressources se font rares? Pour l’entourage des personnes étant aux prises avec des enjeux de santé mentale, un débat se met en place dès le diagnostic: médicamenter ou non la personne atteinte. C'est le point de départ de la pièce «Jamais, Toujours, Parfois», mise en scène par Brigitte Poupart, et présentée du 13 mars au 13 avril au Théâtre du Rideau Vert.

Ce spectacle, créé par la dramaturge et scénariste australienne Kendall Feaver, raconte l’histoire d’Anna, 18 ans, une jeune femme qui a choisi la vocation d’écrivaine dans le but de retrouver cette créativité qui l’animait tant lorsqu’elle était enfant.

Sauf qu’elle fait aussi le choix de cesser la médication qu’elle prend depuis des années pour lutter contre la maladie mentale…

La décision d’Anna crée évidemment une onde de choc auprès des membres de sa famille et au sein même de son entourage. Sa mère, son médecin et son amoureux se remettent alors complètement en question: «Comment être une bonne personne dans tout ça? Et comment l’accompagner de la bonne façon?»

C’est que la médication l’assomme, et Anna n’en peut plus. Elle veut reconnecter avec la petite fille qu’elle était, celle qui écrivait des histoires complètement loufoques et qui avait une imagination débordante, enfant.

La comédienne Lauren Hartley en répétitions. Photo: François Laplante Delagrave

Lauren Hartley, comédienne qui interprète ici le rôle principal, m’a récemment confié, en entrevue, qu’elle avait eu un véritable coup de cœur pour le texte de Kendall Feaver qu’elle a découvert, tout à fait par hasard, parmi les textes lauréats du Bruntwood Prize for Playwriting, un concours international de dramaturgie. Elle a ensuite partagé ce dernier à la metteuse en scène Brigitte Poupart, qui a eu la même réaction enthousiaste.

«C’est une pièce au sein de laquelle il y a plusieurs personnages féminins extrêmement forts. Trois des quatre personnages sont des femmes. C’est rare que l’on voie des textes comme ceux-là. Il faut aussi dire que, même si la santé mentale est l’un des principaux enjeux du spectacle, la réflexion de l’autrice va beaucoup plus loin. On sent qu’elle traite de la condition des femmes et des artistes dans un sens plus large», explique Lauren Hartley.

Lorsqu’il est question de santé mentale, il est aussi question d’acceptation et d’ouverture à la différence. À travers le récit d’Anna, le public sera confronté à une nouvelle manière de voir le monde, mais surtout à la grande beauté qui se cache dans la vulnérabilité et dans le fait de choisir d’être soi-même, envers et contre tout.

Une histoire touchante qui interpelle tout être sensible

Lorsqu’elle parle de la première lecture de la pièce, la comédienne ne peut passer sous silence l’impact immédiat qu’il a eu sur toute l’équipe de production: «Chaque membre de l’équipe pouvait se reconnaître au sein même du débat qui est au cœur de la pièce. C’était hyper touchant, et ça a donné lieu à de belles discussions. Tout le monde a déjà été dans une position d’aider un proche, ou alors de s’interroger par rapport à la santé mentale et à la prise de médication. Il y a aussi quelque chose d’universel à travers la quête d’identité vécue par Anna. Ce désir-là de comprendre qui nous sommes vraiment, je m’identifie beaucoup à ça.»

Lauren Hartley poursuit en expliquant que les personnages qui gravitent dans cette histoire sont remplis de lumière, mais aussi criblés de défauts. Sauf qu’ils restent profondément humains à travers leurs imperfections.

«Anna est tout sauf une maladie sur deux pattes! Elle est bouillante de vie, et son cerveau bouge constamment. D’ailleurs, toute la mise en scène tourne autour de ça. C’est un personnage hyper riche, complexe et attachant. C’est une jeune femme incomprise, et je crois qu’on a tous vécu cette incompréhension-là de la part de nos proches à un moment ou à un autre de notre vie, surtout à l’adolescence», raconte la comédienne.

La metteuse en scène Brigitte Poupart en répétitions. Photo: François Laplante Delagrave

Pour toute l’équipe, qu’elle soit à l’avant-plan ou à l’arrière-scène, il s’agit là d’une production demandant une sensibilité à vif, sensibilité qui, l’espèrent Lauren Hartley et Brigitte Poupart, saura se transmettre au public.

La metteuse en scène a d’ailleurs pris le temps de souligner le talent indéniable de son actrice: «Elle est absolument fabuleuse; c’est une comédienne à découvrir, vraiment. Elle vaut le détour!»

Que ce soit la grande quête d’inspiration, l’histoire touchante d’une jeune femme qui choisit de lutter pour sa santé mentale, ou encore les diverses pressions liées à la condition féminine qui vous interpellent, la pièce Jamais, Toujours, Parfois promet de vous faire réfléchir sur d’importantes questions de société qui méritent qu’on s’y attarde. Achetez vos billets ici!

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