Louis-Jean Cormier en clôture de Coup de coeur francophone à l’Église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal – Bible urbaine

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Louis-Jean Cormier en clôture de Coup de coeur francophone à l’Église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal

Louis-Jean Cormier en clôture de Coup de coeur francophone à l’Église Saint-Pierre-Apôtre de Montréal

Illuminé de mille feux

Publié le 18 novembre 2013 par Alice Côté Dupuis

Crédit photo : Vanessa Leclair

À l’instar de son collègue Patrick Watson qui offrait trois concerts à guichet fermé à l'Église Saint-Jean-Baptiste, c’est du côté de l'Église Saint-Pierre-Apôtre que Louis-Jean Cormier a clôt la 27e édition de Coup de cœur francophone avec un spectacle réfléchi depuis quelques mois et qui promettait d’être grandiose. À défaut d’être acoustique tel que promis, le concert était le lieu de numéros magistraux qui ont prouvé que Louis-Jean Cormier est un artiste qui prend plaisir à se réinventer pour le plus grand bonheur de nos oreilles.

Accompagné de ses fidèles acolytes Simon Pedneault (guitare), Marc-André Larocque (batterie), Guillaume Chartrain (basse) et Adèle Trottier-Rivard (voix et percussions), Louis-Jean Cormier est apparu à l’avant de l’église l’air confiant. Débutant avec «La cassette» dans une version où de délicats «Oh oh» meublaient, comme un fil conducteur, tous les silences entre les couplets, l’auteur-compositeur-interprète a débuté son spectacle tout en douceur. C’est d’ailleurs une version plus calme que celle offerte sur l’album, presque reggae, de «Bull’s Eye» qu’il a joué ensuite, mais avec une voix un peu plus saccadée qu’à l’habitude.

«Vous traverserez ce soir une série de chansons escarpées. Il y aura des moments d’intensité, d’autres de chuchotements», a promis Cormier après deux chansons. Par moments d’intensité, celui-ci ne devait pas s’attendre à ce qu’Andréanne Sasseville de SiriusXM interrompe l’une de ses chansons – la seule de sa liste qui était nouvelle – pour lui remettre un disque d’or pour 40 000 copies vendues de Le treizième étage. Une belle surprise pour celui qui ne comprenait rien au fait que ses musiciens aient déserté la scène en plein milieu d’une chanson, mais le moment a été fort mal choisi pour le remettre, puisqu’il a véritablement gâché «Si tu reviens», qui promet d’être un petit bijou sur le second album.

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Dans un habillage complètement différent de ce qui est audible sur son premier album solo, le chanteur de la formation Karkwa a revisité presque chacune de ses chansons, passant du rock au blues, comme pour «J’haïs les happy ends», ou du doux et senti au formaté et encadré, comme ce fût le cas pour «Le cœur en téflon». Dans un bel arrangement comprenant une jolie mélodie constante à la guitare électrique, Cormier a livré une version certes plus grandiose et complète de cette ballade, mais le rythme plus rapide et bien ancré lui a enlevé de sa sensibilité et de son charme, en plus de moins mettre l’emphase sur les jolies paroles métaphoriques.

Offrant ici et là quelques reprises, dont deux de Karkwa («L’épaule froide» et «Échapper au sort») puis la sublime «Au long de tes hanches», issue de sa collaboration aux Douze hommes rapaillés, c’est plutôt «Complot d’enfants» de Félix Leclerc qui a le plus étonné avec son arrangement très électrique. C’est d’ailleurs durant cette pièce que sont tombées du plafond vers la scène de belles ampoules à l’éclairage chaleureux, tendues par la suite sur des cordes reliant le balcon au plancher. Cela aurait dû marquer un moment de grande intensité, mais encore une fois il a été drôlement choisi, puisque ça n’était certainement pas la pièce la plus forte du spectacle.

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Illuminé de mille feux, Louis-Jean Cormier a pu compter sur le travail de Mathieu Roy, aux éclairages, pour magnifier l’évènement. Qu’ils proviennent du balcon, derrière les musiciens, d’en haut ou d’en bas, les lumières et faisceaux lumineux ont supporté de sublime façon la musique de Cormier tout au long de la soirée, en plus d’éclairer la beauté de l’établissement. Il y a aussi les nombreux chœurs et harmonies réalisées avec ses musiciens qui ont certes ravi. Les chansons retravaillées de Louis-Jean Cormier se sont très bien mariées à l’endroit où le spectacle était présenté, en plus de créer une ambiance apaisante, malgré la lourdeur des guitares électriques.

Si le son était amplifié par l’acoustique de l’église, c’est néanmoins un son plutôt électrique que Cormier a assumé dimanche soir dernier, contrastant avec l’annonce faite par le Coup de cœur francophone d’un spectacle livré de façon acoustique. C’est au rappel qu’on a eu droit à une guitare au son plus naturel, alors qu’il est d’abord apparu aux côtés d’Adèle Trottier-Rivard pour chanter une pièce d’un artiste qui les inspire tous les deux, Sufjan Stevens («From the Mouth of Gabriel»), et qui lui a permis de belles envolées vocales. Puis, accompagné de tous ses musiciens réunis autour d’un même micro omnidirectionnel, le chanteur a livré un beau moment d’émotion avec son interprétation de «Le monstre», qui contenait par ailleurs une belle touche de banjo.

Mais c’est définitivement sa version de «Tout le monde en même temps», travaillée à 5h15 l’après-midi du spectacle dans une version plus lente mais complètement modifiée et empreinte d’un groove ravissant, qui a surpris et charmé avant qu’il ne quitte l’imposante foule réunie à l’Église Saint-Pierre-Apôtre, avec la chanson qui lui a donné le goût de sauter la clôture solo: «La seule question».

Malgré quelques petites maladresses au niveau de la mise en scène et du rendu du spectacle, de même que quelques essais infructueux au niveau des rythmes modifiés, oui, on l’aime encore fort ce Louis-Jean Cormier.

Le spectacle de Louis-Jean Cormier à l’Église Saint-Pierre-Apôtre sera offert pour une deuxième soirée ce lundi 18 novembre 2013 dès 20h. Une captation  sera également diffusée ultérieurement sur SiriusXM.

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