«L'imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie» lors de FRINGE 2017 | Bible urbaine

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«L’imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie» lors de FRINGE 2017

«L’imprévisible forme des corps aux lendemains de la vie» lors de FRINGE 2017

Les corps comme sens premier de l'être

Publié le 19 juin 2017 par Léa Villalba

Crédit photo : Philippe Gagné-Gauthier

Johanne Gour, artiste interdisciplinaire québécoise, présentait ce week-end une nouvelle pièce dans le cadre du Festival FRINGE 2017. Une empreinte chorégraphique polyvalente et abstraite pour traiter du corps comme porteur de sens.

Jeux de découvertes et d’entraide

La lumière s’allume. Petit à petit, on assiste au dévoilement des personnages de la pièce et de son idée principale. Sur un air doux de piano, chaque interprète entre en scène, seul ou à plusieurs. Les solistes restent au sol et s’étalent lentement, alors que les danseurs en groupe s’entraident et forment des compositions de corps où l’un tient la tête de l’autre qui tient lui-même la jambe du troisième.

Durant les 45 minutes de la création, on assiste à des rassemblements de corps qui semblent parfois être des jeux ou des découvertes. Puis-je pousser un corps pour le faire traîner? Quelles sont les possibilités du bassin de l’autre si c’est moi qui le dirige?

Des moments presque anatomiques s’ancrent durant la pièce et créent une entente entre les interprètes, une complicité et un caractère de soutien entre eux, comme une familiarité.

On assiste aussi à plusieurs temps en synchronisation où les danseurs effectuent des mouvements recherchés où, par exemple, seule la jambe bouge, ou seule la tête bouge, ou encore où tout est dirigé par un frénétique déhanchement. Toujours en pleine découverte, les uns les autres se grattent, se soulèvent ou tombent au sol pour enchaîner une partie dansée, entre amusement et recherche gestuelle.

On assiste alors aux possibilités diverses que l’on peut créer en groupe et par le corps de l’autre, laissant ainsi une forme, mais aussi une expressivité en soi.

Animalité et humanité dans un univers difficile à cerner

Les interprètes passent du sol au plafond durant toute la pièce. Sur un fond sonore qui passe du piano au rap commercial, on voit passer des animaux à quatre pattes, puis tout d’un coup des jeunes femmes sur pointes. La rigidité du corps côtoie une énorme colère corporelle ainsi que des spasmes et des tics qui arrivent soudainement chez les danseurs, sans que l’on comprenne pourquoi.

L’animalité de chacun ressort aussi par les quelques parties parlées, parfois peu justifiées, où des noms scientifiques du corps humain sont hurlés à la foule. De la terre au ciel, les danseurs jouent sur les différents niveaux et sur la forme de l’espace qu’ils créent. Traîner, piétiner, se rouler, se frotter, se déplacer, dans toutes sortes de formes… une bonne dose d’animalité pour montrer l’expressivité même des corps et sa mécanique complexe et ingénieuse.

Humains après tout, ils transmettent aussi différentes formes d’émotion durant la création et passent du rire aux larmes sans qu’on ne comprenne vraiment la genèse de ces sentiments. Enfin, on observe l’envie d’interdisciplinarité de l’artiste par l’ajout d’une chanteuse sur la scène, qui va et vient et ajoute une autre composante à la pièce, peut-être celle de trop.

L'événement en photos

Par Philippe Gagné-Gauthier (appareil de Johanne Gour)

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