Le livre-disque «L’école des vertiges» de Tristan Malavoy raconté en 10 morceaux – Bible urbaine

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Le livre-disque «L’école des vertiges» de Tristan Malavoy raconté en 10 morceaux

Le livre-disque «L’école des vertiges» de Tristan Malavoy raconté en 10 morceaux

L'art de raconter des histoires

Publié le 27 avril 2018 par Michelle Paquet

Crédit photo : Jorge Camarotti

Aujourd'hui, Tristan Malavoy lance L’école des vertiges, un projet qui est loin d’être ordinaire. Tel un carnet de voyage, l’oeuvre met en lumière l’une des grandes forces de Malavoy, celle de nous raconter des histoires. À travers ces dix nouveaux titres, il nous révèle les réflexions qui l’ont marqué au courant des dernières années, notamment lors d’un voyage en solo en Russie. Le tout se présente sous la forme d’un livre-disque à paraître chez Audiogram et les Éditions de l’Hexagone. Nous avons décortiqué avec Tristan chaque pièce de L’école des vertiges pour en savoir plus sur son processus créatif.

En 2013, Tristan Malavoy partait seul en Russie pour traverser le pays en train. À bord du fameux Transsibérien, il regarde le pays défiler avec, à ses côtés, une pile de livres de la littérature russe, un carnet et beaucoup de temps devant lui.

Cinq ans plus tard, ce voyage aura non seulement été publié dans le magazine L’Actualité sous la forme d’un carnet de bord, mais il aura également teinté les pages et les morceaux de L’école des vertiges. «J’ai lu beaucoup et j’ai écrit beaucoup. J’ai écrit deux chansons directement en lien avec ce voyage («Baikal-Amour et «L’école des vertiges»), mais il y a aussi quelques couplets qui viennent de là. J’ai voulu qu’on y sente ma fascination pour ce coin du monde, qu’on y sente les couleurs de la fin de journée sur ce paysage unique.»

Plongée fascinante dans l’univers de cet artiste accompli.

«Baïkal-Amour» – Entre le lac et le fleuve, l’amour

«La ligne de train Baïkal-Amour fait le relais entre le lac Baïkal et le fleuve Amour. Cette formule, je la trouve très, très belle. Elle évoque l’amour du coeur, et j’ai brodé autour de ça. Je conjugue l’envie de retrouver l’autre à cet endroit du monde que j’ai découvert.»

«La machine à aimer» – L’histoire d’une machine qui se brise

«Ces dernières années, j’ai été témoin de plusieurs couples, des amis proches, qui se sont brisés, et au fil du temps, c’est devenu l’un des thèmes du disque. «La machine à aimer», ça vient d’une discussion que j’ai eue avec un ami qui avait l’impression que la machine ne repartirait jamais, que quelque chose était brisé et qu’il n’arriverait plus à aimer.»

«Abécédaire (avec Émilie Bibeau) – Le fruit d’une rencontre

«J’ai eu la chance d’animer un parcours littéraire avec Émilie. Avec un groupe, on sillonnait un parcours du Montréal littéraire où on s’arrêtait devant des adresses importantes. Émilie m’accompagnait pour lire des extraits de texte. Dans le cadre de cette rencontre, on a chanté ensemble «Everybody Knows» dans le parc des Portugais devant la demeure de Leonard Cohen. Quand est venu le temps d’enregistrer ce duo amoureux («Abécédaire»), j’ai tout de suite pensé à Émilie.»

 

«L’école des vertiges» – Marqué par la route

«C’est un morceau qui a été marqué par le voyage (en Russie), mais de façon moins directe. C’est plus cette idée de regarder une situation ou une période de notre vie, avec ce recul que peut nous permettre le voyage, qui est intéressant. On réalise que ce qui nous semblait dramatique ne l’est peut-être pas tant que ça.»

«Les écrivains» – Un hommage

«Je les côtoie beaucoup, j’en suis un aussi à mes heures. J’ai voulu un peu leur rendre hommage avec cette pièce. Les écrivains, ils lisent moins bien le quotidien que les lointains Transsibériens. C’est l’image de l’écrivain qui a du mal à composer avec son quotidien, mais qui est bon pour décoder des choses dans le lointain ou dans un univers intangible. C’était une belle occasion d’évoquer leur objectif ultime: l’espèce de quête du beau, plus que du vrai.»

«Qu’est-ce qu’elle avait de plus cette tempête» – L’ultime chicane

«Il y a des tempêtes qui renforcent, dont on sort grandis tous les deux, mais qu’est-ce qui fait que l’une de ces tempêtes-là va être la tempête ultime? Celle qui fait briser le couple. Je me suis questionné sur cette tempête parfaite qui mène à la rupture, comme à celles auxquelles j’ai assisté.»

 

«Ma petite fenêtre» – Celle au fond de nos poches

«C’est un deuxième degré que j’espère que les gens vont voir. Je parle de la petite fenêtre qu’on a au fond de nos poches: nos iPhone. Ce qui nous donne accès à tout ce qu’il y a autour du monde en temps réel. On ne mesure pas encore comment ça change notre humanité de savoir tout, tout de suite. Ça fait trop à absorber, alors comment est-ce qu’on gère ce trop? Ça parle donc un peu de la conséquence de la technologie dans nos vies.»

«Les Icares» – Au-delà du mythe

«La figure mythologique d’Icare est forte pour moi. Je reviens là-dessus dans le récit du livre-disque. Je trouve qu’il y a un parallèle intéressant à faire avec les amoureux qui ont l’impression de s’élever, de s’élever jusqu’à ce qu’ils soient trop près du soleil.»

«Le volume de notre amour» – Baisser le son, juste un peu

«C’est cette idée de l’amour qui crie dans la nuit quand tu t’ennuies de quelqu’un. Pour s’endormir, parfois, l’amoureux esseulé aimerait pouvoir baisser le volume de l’amour comme celui d’une chanson.»

«Elle cueillait des cosmos» – Un cadeau de Gainsbourg

«Il y a une référence un peu cachée à Gainsbourg qui préside à l’histoire de cette chanson. En mars 2017, je suis allé à Paris pour le Salon du livre et je suis arrivé en ville plus tôt que prévu. Je suis allé me promener dans le cimetière du Montparnasse complètement jet lag et mes pas m’ont mené à la tombe de Gainsbourg.»

«La chanson m’est venue d’un coup à ce moment-là. J’ai pensé à cette fille qui aurait pu cueillir des cosmos, c’est une fleur à tige longue, maigrelette, mais avec une très, très belle fleur au bout, plutôt que de cueillir celui qui s’intéresse à elle. C’est un cadeau que Gainsbourg m’a fait.»

Tristan Malavoy lance officiellement son livre-disque L’école des vertiges dès aujourd’hui. Pour vous procurer l’album, rendez-vous chez votre disquaire préféré ou sur la page Bandcamp de Tristan Malavoy. Plus d’information au www.audiogram.com/tristan-malavoy.

*Cet article a été produit en collaboration avec Audiogram.

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