«Les albums sacrés»: les 50 ans de Led Zeppelin IV (ou l’album sans titre) de Led Zeppelin – Bible urbaine

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«Les albums sacrés»: les 50 ans de Led Zeppelin IV (ou l’album sans titre) de Led Zeppelin

«Les albums sacrés»: les 50 ans de Led Zeppelin IV (ou l’album sans titre) de Led Zeppelin

Au diable le titre!

Publié le 14 octobre 2021 par Édouard Guay

Crédit photo : Atlantic Records

Un vieil homme et un fagot de bois dans un cadre. Pas de titre. Pas signé, hormis quatre symboles énigmatiques. Arrangez-vous avec ça. Une belle façon pour les créateurs d’Untitled (plus communément appelé Led Zeppelin IV) de se concentrer sur l’essentiel: la musique. Et quel effet bœuf! Un demi-siècle plus tard, ce mystérieux quatrième opus de Led Zeppelin continue de brasser la cage de quiconque ose s’y frotter. Une véritable leçon de hard rock et près de 37 millions d’exemplaires vendus à la clé! Un album référence qui allait changer les règles du jeu à jamais. Tant pis si ça déplaisait aux hippies restés coincés dans les années 1960!

Après l’accueil mi-figue mi-raisin (pour ne pas dire mauvais) réservé à Led Zeppelin III, Robert Plant et sa bande avaient besoin de se recentrer. C’est dans le grand air du comté du Hampshire, en Angleterre, que le quatuor allait retrouver l’inspiration.

Bien installés dans la Headley Grange, un ancien hospice aux allures de maison victorienne, les quatre virtuoses du rock allaient enregistrer la genèse de leur quatrième (et meilleur) album.

La révolution Led Zep

Parfait alliage de rock, de heavy métal, de folk et de blues, Led Zeppelin IV, à son époque, était une prouesse sur tous les aspects et une révolution en soi! Au cœur de celle-ci, quatre symboles, chacun choisi par un membre du groupe, et aucune identification conventionnelle sur l’album.

Un pied de nez à la musique traditionnelle et une approche anti-commerciale qui  rendra pourtant les membres du groupe indépendants de fortune. 

Dès les premières secondes de l’album, c’est la révélation: on était vraiment à un tout autre niveau musical. De nombreux classiques s’y succèdent: de la tonitruante «Black Dog» en ouverture, à l’énergique «Rock’N’Roll», en passant par l’incontournable «When the Levee Breaks» et sa structure musicale inhabituelle maintes et maintes fois échantillonnée par d’autres musiciens (notamment par les Beastie Boys).

Et bien sûr, ce serait un infâme sacrilège de ma part de contourner «Stairway to Heaven», ce mythique (quoique sans doute un brin surestimé) morceau de rock progressif, qui sert de pont entre la première et la deuxième partie de cet épique long jeu.

Cachez ce Satan que je ne saurais voir!

D’ailleurs, cette même «Stairway to Heaven» a aussi fait parler d’elle pour d’autres raisons plus controversées. La chanson, qualifiée de sataniste par plusieurs en raison de ses paroles, n’a pas fait que des heureux. En la jouant à l’envers, certains prétendaient même y entendre des paroles telles que «Here’s to my sweet Satan» ou «He’ll give you 666».

Les quatre symboles du disque, aussi jugés satanistes, n’aidaient pas la cause du groupe. Mais ce n’étaient certainement pas ces allégations absurdes qui allaient freiner l’ascension de Led Zeppelin IV, qui figure désormais parmi les dix albums les plus vendus de l’histoire.

Il faut dire que les membres de Led Zeppelin ont probablement voulu jouer sur ce tableau en raison du mystère et du mysticisme qu’ils ont su insuffler sur le disque.

Ajoutez à cela les accusations de plagiat que le groupe Spirit a lancé contre «Stairway to Heaven» en 2016 (au final, ils seront innocentés) et on peut définitivement dire que ce grand morceau n’a pas eu que des effets positifs sur ses créateurs!

Comme une tonne de briques

Devenu une référence incontestée et incontestable pour des générations de musiciens, Led Zeppelin IV se distingue non seulement pour son bon gros son blues rock bien maîtrisé, mais aussi pour sa volonté viscérale de mettre fin, une bonne fois pour toutes, à la contre-culture des années 1960.

C’est un vrai album de ressourcement pour la légendaire formation qui allait par la suite pouvoir bâtir sur ce nouveau son pour le défricher davantage sur d’autres albums (Physical Graffiti, quelqu’un?)

Et cinquante balais plus tard, on se surprend encore à taper du pied et à brasser la tête au son des compositions de l’album qui, malgré un petit creux en milieu de parcours («Four Sticks» est notamment un morceau plus oubliable), ne vieilliront jamais.

Surveillez la prochaine chronique «Les albums sacrés» en novembre 2021.  Consultez toutes nos chroniques précédentes au labibleurbaine.com/Les+albums+sacrés.

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