«L’épopée musicale de…» The White Stripes, le duo dynamique – Bible urbaine

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«L’épopée musicale de…» The White Stripes, le duo dynamique

«L’épopée musicale de…» The White Stripes, le duo dynamique

Jack et Meg White, de l’imparfait au plus-que-parfait (ou presque!)

Publié le 7 juillet 2021 par Jean-Benoit Perras Nolet

Crédit photo : Tous droits réservés @ Page Facebook de The White Stripes

Sortis de Détroit au tournant des années 2000, vêtus de noir, de blanc et de rouge et armés d’une guitare et d’une batterie, les White Stripes ont pris le monde musical par surprise. Si leurs deux premiers efforts n’ont pas attiré beaucoup l’attention lors de leur sortie respective, tout a changé avec White Blood Cells et Elephant, et particulièrement le méga succès «Seven Nation Army». Ils sont dès lors devenus des incontournables, et Jack White s’est établi comme l'une des figures marquantes du rock. Malheureusement, après deux autres albums salués par la critique et le public, le duo atypique a choisi de mettre un terme à son aventure. Ils ont sorti au début de l’année une compilation de leurs grands succès (The White Stripes Greatest Hits). Voilà une raison comme une autre de se replonger dans leur discographie.

6. Icky Thump (2007)

Pour beaucoup d’artistes, une œuvre de la trempe d’Icky Thump figurerait au sommet de leur discographie, ou du moins très proche. Malheureusement, il fait partie de la discographie d’un groupe qui n’a jamais vraiment fait de faux pas durant sa (trop) courte existence.

La chanson-titre est l’une des plus entraînantes du duo et donne le ton à l’album. Après avoir délaissé un peu sa guitare électrique sur Get Behind Me Satan, Jack White la ramène bien en évidence sur cet opus. C’est particulièrement le cas pour les titres «Bone Broke», «Little Cream Soda» et «Catch Hell Blues», qui n’auraient pas paru déplacés sur les premiers albums des Stripes.

Parmi les autres moments forts, notons «Rag & Bone», l’une de leurs chansons les plus amusantes, et «300 M.P.H. Torrential Outpour Blues», l’une de leurs plus ambitieuses et réussies.

Le seul défaut d’Icky Thump, c’est qu’on n’y retrouve pas la même vitalité que sur les autres efforts du groupe.

5. Get Behind Me Satan (2005)

Dans un sens, Get Behind Me Satan est l’opus le plus intéressant du groupe. Parvenu au sommet avec Elephant, Jack White a choisi de ne pas suivre la même recette que sur les disques précédents, mais plutôt d’explorer. La guitare électrique a été mise de côté au profit du piano et de la guitare acoustique, et on y entend même du marimba et de la mandoline.

Les premières écoutes déstabilisent, et notre réflexe c’est de s’accrocher aux chansons ressemblant plus aux quatre premiers albums, comme «Instinct Blues» ou «Red Rain», histoire de bien trouver ses repères. Mais après plusieurs écoutes, les compositions un peu plus expérimentales telles que «The Nurse» ou «Little Ghost» finissent par s’incruster dans notre encéphale.

Les trois extraits radiophoniques «Blue Orchid», «My Doorbell» et «The Denial Twist» sont parmi les meilleurs du groupe. On y retrouve aussi certains de leurs meilleurs airs plus tranquilles, comme «Forever for Her (Is Over for Me)» et «As Ugly as I Seem».

4. The White Stripes (1999)

Le premier opus du duo se veut un hommage sincère au delta blues, mais en beaucoup plus tapageur et énergique. C’est un manifeste parfait et un excellent premier effort. Malheureusement, l’album n’a pas eu un grand impact lors de sa sortie. Il a plutôt été découvert suite aux succès de White Blood Cells et Elephant.

Qu’à cela ne tienne, on y retrouve quelques reprises blues plutôt réussies, dont «Stop Breaking Down» de Robert Johnson et «Cannon» de Son House. Mais ce sont surtout les compositions du jeune Jack White, alors âgé de vingt-quatre ans, qui se démarquent. On note particulièrement «When I Hear My Name», que White joue encore régulièrement dans ses spectacles solos, «Do», la première chanson plus calme du duo, ainsi que la bouillante «The Big Three Killed My Baby».

The White Stripes n’était qu’un début, et le groupe s’est amélioré à chaque album subséquent. Cependant, jamais les membres n’ont retrouvé la candeur qui se dégage de cette première œuvre.

3. De Stijl (2000)

Si les White Stripes n’ont aucun mauvais album, leur Top 3 est sans contredit dans une classe à part. L’ordre de ce Top 3 pourrait être débattu pendant longtemps, alors que chacun a ses forces. Pour ceux qui mettront De Stijl en première place, c’est le côté plus naïf que leurs disques subséquents qui sera un facteur important.

En effet, si la production s’est améliorée et que les compositions sont plus travaillées que sur leur album homonyme, on retrouve encore un son assez direct sur De Stijl. Mais, si  leur premier disque semblait un peu plus garroché, on sent ici que le groupe a trouvé sa direction musicale.

L’influence blues est toujours importante, mais on remarque une sensibilité pop, particulièrement sur «Apple Blossom» et «I’m Bound to Pack It Up», ainsi qu’une affinité pour la musique country («Your Southern Can Is Mine»), qui resteront dans les sonorités des Stripes pour le restant de leur parcours (et même dans la carrière solo de Jack White).

Aussi, «Hello Operator» reste l’un des meilleurs moments de leur carrière et a l’effet d’une tonne de briques.

2. Elephant (2003)

Je ne mâcherai pas mes mots ici: Elephant est l’un des albums les plus marquants du siècle actuel. Dans la musique rock, s’il n’est pas le plus marquant, il l’est définitivement dans la conversation. Pour les moins connaisseurs, c’est l’opus où l’on retrouve «Seven Nation Army».

Ce titre a tellement joué, que ce soit à la radio, au cinéma, dans les évènements sportifs, au BBQ de votre beau-frère qui ne s’y connait pourtant pas beaucoup en «bonne musique» habituellement… que vous êtes probablement tannés de l’entendre. Cependant, c’est impossible de ne pas taper du pied et de ne pas hocher de la tête quand elle commence. Elle entre dans la catégorie des «Smells Like Teen Spirit», ce qui n’est pas banal comme fait d’armes.

Mais se limiter à ce succès planétaire serait en réalité faire une grande injustice à ce chef-d’œuvre. Il n’y a aucun moment ennuyant sur cet album. Il est parfait, des premières notes de «Seven Nation Army» jusqu’aux dernières paroles de la légère «It’s True That We Love One Another».

Entre les deux se trouvent certaines des meilleures chansons du duo, comme la très touchante «You’ve Got Her in Your Pocket», l’énergique «Black Math», ou encore le voyage blues de sept minutes que représente «Ball and Biscuit». Aussi, «Hardest Button to Button» est devenu l’un des vidéoclips les plus célèbres du groupe.

Après avoir obtenu leur plus grand succès avec White Blood Cells, c’était la première fois qu’il y avait des attentes pour un disque du groupe. Avec Elephant, les White Stripes ont livré la marchandise, et plus encore.

1. White Blood Cells (2001)

Les quatre premiers efforts du groupe présentent une évolution constante du son cru de The White Stripes jusqu’à la production plus polie d’Elephant. De plus, à chaque album, on sent que Jack White s’améliore en tant que compositeur, autant au niveau des textes que de la musique.

Alors, pourquoi mettre White Blood Cells devant Elephant? Car malgré toutes ses qualités, Elephant perd un peu de vue les deux premiers disques du duo, alors que White Blood Cells présente une balance quasi parfaite entre le son plus garage de leurs débuts et la majestuosité de son successeur. Elephant est un album parfait, mais White Blood Cells a encore la tension et l’énergie que l’on trouvait sur les premiers efforts du duo, et que ne l’on ne retrouvera plus par la suite…

En fait, «Dead Leaves & the Dirty Ground» encapsule à elle seule cette balance. C’est la chanson parfaite pour ouvrir ce disque qui ratisse très large. Vous aimez la musique country-folk? Écoutez «Hotel Yorba»! Vous êtes plus du type punk rock? «Fell in Love With a Girl» est pour vous. Vous cherchez une comptine pour vos enfants? Pourquoi ne pas leur faire écouter «We’re Going to Be Friends», l’une des plus belles chansons sur l’amitié, et également l’une des plus belles que Jack White ait composées. Vous voulez quelque chose avec un peu plus de papier sablé? Alors, «The Union Forever», sans doute la chanson la plus abrasive que le duo ait enregistré, devrait vous plaire.

C’est l’œuvre qui représente le mieux l’esprit du groupe, et c’est pourquoi je lui ai discerné la première position.

Si la majorité des groupes finissent par ressusciter ou par se reformer, reste que ça serait vraiment étonnant que l’on revoit les White Stripes un jour. Meg semble s’être désintéressée d’une carrière musicale, alors que Jack s’occupe avec The Raconteurs, The Dead Weather et en solo.

Il est toutefois reconnu pour dépoussiérer certains titres inédits à travers son étiquette Third Man Records, alors peut-être qu’il y a espoir qu’on ait un peu de nouveau à se mettre sous la dent un jour.  À suivre…

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