«Mourir» de Mario Cyr – Bible urbaine

Littérature_Romans québécois

«Mourir» de Mario Cyr

«Mourir» de Mario Cyr

Un livre à la fois triste, lumineux et plein d'esprit

Publié le 8 novembre 2015 par Pierre-Alexandre Buisson

Crédit photo : Éditions de la Paix

Toute personne introvertie le sait: il est préférable de ne pas trop se poser de questions sur l’existence ou le sort du monde, car même le plus optimiste d’entre nous finira par céder, par sombrer dans le désespoir ou par broyer du noir. La lucidité débouche souvent sur une sensation d’impuissance, et les gens dans notre entourage qui s’indignent de tout deviennent rapidement des rabat-joie que l’on finit par masquer sur Facebook, et ne plus voir aussi souvent qu’on le devrait. Déprimants, oui. Mais dépressifs? Pas nécessairement.

Mourir est un roman sérieux. Un roman dénué d’humour, un roman décourageant, un roman sans concessions dont l’authenticité ne fait aucun doute. Un roman où l’on s’exclame souvent «Ça va pas bien!», mais néanmoins un roman qui va droit au but, qui touche plusieurs cordes sensibles, qui met le doigt sur quelques malaises bien contemporains de façon efficace et impitoyable.

On dit de l’écriture de Mario Cyr qu’elle est précise, et il nous parle ici, en une petite centaine de pages, en mode auto-fiction, de sa vie sociale en perte de vitesse. Les contrats de pige se font rares, le téléphone sonne moins souvent, et ses visites au(x) salon(s) funéraire(s) se multiplient.

Dans une mise en abîme vertigineuse, il se propose de centrer le récit de son nouveau roman – celui que, je crois, nous tenons entre nos mains – sur sa propre mort, ou plutôt ce qui arrivera lorsqu’il décédera chez lui, au milieu de ses objets et de sa solitude, et que personne ne s’inquiétera de sa disparition. Le trouvera-t-on, comme dans les faits divers qu’il évoque, au bout de plusieurs semaines, momifié dans son isolement?

C’est un livre à la fois triste et lumineux, plein d’esprit, une très brève étincelle de sa vie, un regard presque impudique sur son intimité, ses crainte, ses espoirs. Cent vingt-sept pages qui se dévorent et qui font réfléchir, et qui donnent envie de se pencher sur ses autres œuvres, dont les titres – Vieillir, Ce n’est qu’avec toi que je peux être seul – font rêver.

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