«Dans la peau de...» Karine Gagnon, journaliste et auteure fascinée par ces femmes devenues des héroïnes – Bible urbaine

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«Dans la peau de…» Karine Gagnon, journaliste et auteure fascinée par ces femmes devenues des héroïnes

«Dans la peau de…» Karine Gagnon, journaliste et auteure fascinée par ces femmes devenues des héroïnes

À la rencontre d’Irma LeVasseur, une femme d'exception

Publié le 15 septembre 2023 par Éric Dumais

Crédit photo : Tous droits réservés

Chaque semaine, tous les vendredis, Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur la personne interviewée et de permettre au lecteur d’être dans sa peau, l’espace d’un instant. Aujourd'hui, on a jasé avec Karine Gagnon, journaliste d'opinion depuis bientôt 30 ans et cadre à la rédaction du Journal de Québec. Si sa curiosité innée l'a emmenée tout naturellement vers le journalisme, sa soif de savoir, quant à elle, lui a procuré l'élan nécessaire pour partir à la rencontre de femmes d'exception à travers l'écriture. Ce mois-ci, les éditions du Septentrion présentent, au rayon des nouveautés, «Irma s'en va-t-en guerre», un livre historique où l'auteure retrace le parcours d'une femme au caractère et à la personnalité hors du commun, Irma LeVasseur.

Karine, c’est un plaisir d’avoir un brin de jasette avec vous! Votre visage nous est familier: vous êtes journaliste depuis 1995, directrice adjointe à l’information et chroniqueuse au Journal de Québec, en plus d’être analyste politique et commentatrice de l’actualité à TVA, LCN et QUB radio. Quel bel assortiment de chapeaux! D’où vous est venue cette piqûre pour les médias, et en particulier pour le monde de l’information?

«Bonjour, c’est un plaisir partagé! Merci à vous pour cette belle invitation.»

«J’ai, en fait, toujours su que je souhaitais devenir journaliste et aussi auteure. C’est ce que je disais quand j’avais… cinq ans. Par la suite, je n’ai jamais changé d’idée. Il y avait à Jonquière (devenu Saguenay), où j’ai grandi, une école de journalisme qui est toujours établie et réputée là-bas. Je savais que je m’y retrouverais un jour sur les bancs d’école. J’ai adoré cette formation, d’ailleurs, qui m’a confirmé que j’avais envie d’une carrière dans le domaine de l’information. J’ai terminé en 1995, et il n’y avait alors vraiment pas beaucoup de travail en journalisme. Mais j’ai fait mon chemin, et j’ai toujours eu la chance d’avoir un emploi dans le domaine.»

«Je suis très fière de mon parcours et de la belle carrière que je poursuis depuis bientôt 30 ans déjà. Depuis 2013, je suis devenue cadre à la rédaction du Journal de Québec, et aussi journaliste d’opinion ou chroniqueuse politique, si vous préférez.»

En plus d’avoir un agenda bien rempli, vous complétez actuellement une maîtrise en science politique avec mémoire à l’Université Laval, vous qui détenez déjà un baccalauréat multidisciplinaire. Dites-nous tout: sur quoi porte le sujet de votre mémoire, et qu’est-ce qui vous donne l’élan, encore aujourd’hui, de vous abreuver de savoir et connaissances?

«Pour être journaliste, il est indispensable d’être curieux. J’ai toujours aimé apprendre et étudier, et mes études me permettent de satisfaire ce besoin. Les études nourrissent l’esprit et poussent à analyser les situations en profondeur et de manière structurée.»

«C’est encore plus vrai lorsqu’on atteint les études de deuxième cycle. Je réfléchis d’ailleurs à la possibilité d’effectuer un passage accéléré au doctorat avec mon mémoire, qui porte sur les relations internationales des villes du Québec et du Canada. Il y a encore très peu de recherche à ce sujet chez nous, et pourtant il s’agit d’un domaine en émergence. Les villes doivent faire face à un nombre croissant de responsabilités, et c’est encore plus vrai avec les changements climatiques.»

«Ce sujet rejoint également mon travail de chroniqueuse politique, car je suis affectée à l’analyse de la politique municipale et régionale dans la grande région de Québec.»

Critique-Irma-s-en-va-t-en-guerre-Karine-Gagnon

Comme auteure, vous avez publié deux romans, en 2014 et 2015, Prisonnière d’amour, tomes 1 et 2, lesquels nous plongent au XVIe siècle, à la rencontre de la jeune Mondyne Boysrie, fille d’artisan, qui s’embarque vers le Nouveau Monde pour vivre un lot d’aventures. Et plus récemment, les éditions du Septentrion ont dévoilé Irma s’en va-t-en guerre, qui «entraîne les lectrices et lecteurs sur les traces d’une femme d’exception, au destin et à la volonté hors du commun, et à la rencontre d’une famille de Québec pour le moins originale». Parlez-nous de cette passion pour le roman historique, et bien sûr, de ce nouveau livre à propos d’Irma LeVasseur, en librairie depuis le 12 septembre.

«Je me suis toujours intéressée à l’histoire, et j’ai d’ailleurs toujours pensé que l’enseignement de cette matière au primaire et au secondaire était nettement insuffisant. Je pense qu’on doit connaître l’histoire, la nôtre et celle des autres, pour comprendre qui nous sommes et ce qui devrait nous préoccuper. Il est aussi primordial de connaître l’histoire afin de mieux comprendre les enjeux qui nous occupent aujourd’hui, et réfléchir à des solutions.»

«Je me fais aussi un devoir de faire ma part pour faire connaître des femmes au parcours exceptionnel. Leurs réalisations sont trop souvent oubliées dans l’histoire. Irma LeVasseur en représente un exemple patent, puisque malgré tous ses accomplissements, elle est longtemps demeurée dans l’ombre.»

«Je trouvais que le roman historique offrait le plus de possibilités de la faire découvrir à mes lecteurs et lectrices.»

Il n’y a pas à dire, Irma LeVasseur, c’est un modèle de courage, car à l’époque de la Première Guerre mondiale, en 1914, elle a répondu «présente!» au gouvernement de Londres afin d’aider à combattre l’épidémie de typhus qui faisait rage en Serbie. Elle y a notamment travaillé comme médecin au dispensaire de Kragujevac, où elle a su faire preuve de courage et de résilience devant la maladie et la misère, ainsi que la destruction par le gouvernement austro-hongrois. Parlez-nous de cet épisode particulier, et aussi des faits marquants qui rythment votre récit.

«Il s’agit d’un événement dont on a peu entendu parler, au Québec, mais qui n’en a pas moins été important dans l’histoire, car il a mis la table à la Première Guerre mondiale et à ses répercussions qui se font encore aujourd’hui sentir.»

«La simple idée qu’une femme médecin ait répondu à cet appel, à l’époque, est fascinante et renversante. Je trouve que ça en dit long sur le caractère et la personnalité hors du commun d’Irma LeVasseur.»

«Les récits sur cette guerre de l’ancien ministre Albiny Paquette, qui y a participé aux côtés d’Irma, permettent de saisir l’ampleur du drame qui s’est joué. Le typhus est une maladie épouvantable, d’autant plus dans un contexte aussi horrible que celui d’une guerre. Irma a dû faire preuve d’un courage incroyable pour agir comme médecin volontaire dans un tel cadre, avec la contagion, les morts, les bombes et le froid.»

«La traversée des montagnes d’Albanie, qu’elle a été forcée d’effectuer dans des conditions épouvantables pour fuir les combats, m’a particulièrement marquée.»

Soirée de lancement d’«Irma s’en va-t-en guerre» à la Librairie La Liberté. Photo: Page Facebook de l’auteure

Si vous aviez vécu à la même période qu’Irma LeVasseur et que, par un ultime hasard, vos chemins s’étaient croisés: vous qui auriez été au courant de ses exploits, qu’auriez-vous eu envie de lui dire, à cette grande dame, alors qu’elle se tient là, devant vous?

«Ce serait tellement fantastique d’avoir cette possibilité de voyager dans le temps pour avoir la chance de lui parler! Juste de l’imaginer, c’est excitant!»

«Je la féliciterais d’abord chaleureusement pour ses réalisations au bénéfice des enfants malades, cela va de soi. Aussi, je la remercierais du fond du cœur pour le chemin qu’elle a tracé et les portes qu’elle a permis d’ouvrir, par sa volonté et sa détermination, pour les femmes en médecine, mais aussi pour toutes les femmes du Québec.»

«Je serais également curieuse de l’entendre sur ce qu’elle a considéré comme son plus grand défi et son meilleur atout, au fil de ses accomplissements. Puis j’aimerais l’entendre à propos de sa famille, de son père et de son frère dont elle semblait si proche et qui l’ont accompagnée, de près ou de loin, tout au long de son parcours.»

Irma s’en va-t-en guerre de Karine Gagnon est disponible en librairie dès maintenant au coût de 29,95 $ (papier) ou 14,99 $ (PDF). Pour découvrir nos précédentes chroniques «Dans la peau de…», visitez le labibleurbaine.com/nos-series/dans-la-peau-de.

*Cet article a été produit en collaboration avec les éditions du Septentrion.

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