La bande dessinée «Rituels» d’Álvaro Ortiz – Bible urbaine

LittératureBandes dessinées et romans graphiques

La bande dessinée «Rituels» d’Álvaro Ortiz

La bande dessinée «Rituels» d’Álvaro Ortiz

Statuettes, fétichisme et autres bizarreries

Publié le 16 août 2016 par Marc-André Amyot

Crédit photo : Éditions Rackham

Un inconnu amateur de burgers qui se liquéfie en direct à la télé, une gouvernante anglaise coincée qui découvre les plaisirs charnels et un père de famille qui meurt écrasé par son projet architectural insolite. Le point commun entre toutes ces petites histoires? Cette petite statuette au phallus surdimensionné, qui fait des bonds d’une époque à l’autre pour se retrouver dans tous les tableaux de la BD. Est-ce que ces digressions narratives servent la cause d’une malédiction antique?

Rituels, troisième album du bédéiste espagnol Álvaro Ortiz, est un étrange mélange entre un récit mosaïque et un casse-tête glauque dont les dernières pièces nous causent un mal de tête sérieux. L’album, c’est une dizaine d’histoires hétérogènes au sujet d’obsessions et de dérives mentales, qui culminent en une finale qui laisse tiède.

L’auteur adore les contrastes, lesquels il utilise amplement tout au long de Rituels pour opposer un dessin doux, coloré et apaisant à des récits courts, baroques et parfois macabres. Siècles et récits sont mis en boîte grâce à cette mystérieuse statuette qui relie chaque petite finale dramatique aux autres, et dont on n’arrive pas trop à trouver une autre utilité. C’est pourquoi la seule conclusion à laquelle le lecteur arrive, c’est l’hypothèse d’une malédiction qui traverse les âges, un pauvre rappel d’une certaine bande dessinée trop connue (i.e. Tintin et les sept boules de cristal).

Malheureusement, à l’opposé de l’œuvre d’Hergé, on appréciera davantage le coup de crayon doux et rondouillard d’Ortiz que sa plume maigre et ses dialogues ordinaires, qui auraient pu davantage servir à propulser l’intrigue. On est loin d’une grande bande dessinée bien équilibrée.

Sans modération, Ortiz joue au jeu du malaise, surtout grâce à son talent graphique. Il s’éclate avec un style hétéroclite propre à lui. Ça dérange, ça jure, mais ça ne laisse personne indifférent. On aime ou on n’aime pas? Difficile à dire, parce que difficile à comprendre.

Mais est-on obligé de toujours tout comprendre?

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