«Across the River» de Lorenzo Bianchini – Bible urbaine

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«Across the River» de Lorenzo Bianchini

«Across the River» de Lorenzo Bianchini

Un suspense atmosphérique tout en crescendo

Publié le 31 juillet 2013 par Éric Dumais

Crédit photo : Festival international de films Fantasia

Plus récent film du cinéaste italien Lorenzo Bianchini, Across the River, dans sa langue originale Oltre Il Guado, était présenté hier soir dans le cadre du Festival international de films Fantasia 2013. Avec ses rares dialogues, l’opus fait évoluer un suspense tout en crescendo qui repose en majeure partie sur les ambiances sonores qui accompagnent les nombreux jeux d’ombres. Sans être aussi effrayant que The Blair Witch Project ou [REC], Across the River y emprunte très certainement quelques codes narratifs.

Marchant sur des sentiers, un biologiste de la faune surveille ponctuellement l’activité de caméras infrarouges qu’il a volontairement disposées un peu partout dans une forêt, afin d’étudier les allées et venues d’animaux nocturnes comme des renards ou des chevreuils. Sur son chemin, d’étranges manifestations et incidents ont lieu, que ce soit la vue d’un morceau de robe dans un ruisseau, ou encore la carcasse d’une pauvre bête qui a été violentée et lacérée de toutes parts. Alors qu’un jour il s’aventure sur un sentier dans les bois, le protagoniste se retrouve aux abords d’un village hanté où d’étranges manifestations le forceront à garder un œil ouvert au cas où sa vie serait en danger. Parallèlement à ce récit, un vieil homme est porteur d’un terrible secret qu’il a caché au fond de lui-même soixante-dix ans plus tôt, et qui doit maintenant sortir au grand jour…

Across the River est un film qui ne renferme aucun réel coup de théâtre, c’est-à-dire que son suspense n’a pas été condensé pour éclater au détour d’une scène plus effrayante qu’une autre. Le sentiment d’horreur se communique au spectateur surtout par le biais des ambiances sonores, qui rendent les scènes exemptes de dialogues plus mystérieuses et plus inquiétantes encore. Si les prises de vue en contre-plongée des bois et les nombreux jeux d’ombres accentuent l’inquiétante étrangeté qui engloutit les décors du village abandonné, il est nécessaire de faire fi du manque d’éclats dans ce scénario pour se sentir constamment sur l’adrénaline. Par son mutisme flagrant, le personnage aurait gagné à communiquer davantage sa frayeur à l’écran, ce qui aurait probablement aidé le personnage à s’attacher au malheur qui lui pend au bout du nez. Par contre, si vous aimez les films au débit lent, comme Gus Van Sant l’a si bien fait avec son Last Days, il y a de fortes chances pour que ce film vous glace le sang. Autrement il se peut que vous trouviez le temps long, très long.

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