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Crédit photo : Universal Music
Histoire de forcer l’écoute et le bon vouloir de son auditoire, le groupe propose ici un disque qui n’enchaîne pas nécessairement les hits à défaut de quelques airs qui restent savamment en tête. Sa pièce d’ouverture s’avère alors trompeuse, tandis que l’irrésistible «Entertainment», pièce romantico-pop-orientale, n’est qu’un appât à l’ouïe qui laisse sa place ensuite à des chansons un tant soit peu plus exigeantes.
La batterie qui, habituellement prédomine l’ensemble pour faire taper du pied, laisse sa place à l’harmonie du reste, qui permet au groupe de mieux satisfaire ses explorations et sa musique à tendance post-mélancolique, laissant la voix chialeuse du chanteur à l’avant-plan, lequel exhibe fièrement son fort accent européen.
Il faut donc multiplier les écoutes pour adhérer aux bonnes vagues des pièces et ainsi se faire envahir par la mouvance de l’ensemble. De quoi admettre que malgré les quelques bons coups qui surviennent ici et là on s’ennuie sommairement sur cet album qui, malgré son désir ambitieux, n’arrive jamais à nous envahir de son bon vouloir. On se laissera donc emporter par des trucs comme «Trying to be cool», «Chloroform» et principalement «Bankrupt!», de loin la pièce la plus audacieuse du lot, avec ses étonnantes sept minutes évolutives.
Pour le reste, il faudra peut-être revisiter fréquemment les morceaux pour leur trouver un second sens, comme «Bourgeois» en fait preuve, en semblant d’abord paresseuse, par son refrain prévisible mais brillamment bien construit, et en la reconsidérant avec ce ton vaincu d’avance et ses mélodies poignantes.
Enfin, nul doute que la cinéaste Sofia Coppola trouvera ici tout plein de matériel pour agrémenter à nouveau ses longs-métrages, pouvant puiser ici toute l’inspiration nécessaire pour remplir la solitude nocturne et lui accorder une trame sonore digne de ce nom. Voilà donc peut-être le meilleur rôle de ce nouveau disque de Phoenix: l’ambiance idéale pour accompagner nos balades de minuit, un environnement de néons nous encerclant en extra. Sinon, pour un groupe issu du rock alternatif qui s’est converti vers la pop électronique, avouons simplement qu’il leur manque encore quelque chose de plus pour devenir les nouveaux M83.
Ermite des temps modernes
Jim Chartrand étudie à l’Université de Montréal en Études cinématographiques. Il se passionne pour les arts et la culture avec un grand «C».
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de la rédaction
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