Une plongée dans un univers parallèle déjanté avec la joyeuse bande du Théâtre du Futur – Bible urbaine

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Une plongée dans un univers parallèle déjanté avec la joyeuse bande du Théâtre du Futur

Une plongée dans un univers parallèle déjanté avec la joyeuse bande du Théâtre du Futur

«La colère des doux»: votre meilleur trip de mush... à jeun!

Publié le 21 mai 2021 par Edith Malo

Crédit photo : Frédérique Bérubé

C'est à se demander si la gang du Théâtre du Futur fait l'usage de substances psychotropes durant leur processus de création! Car leur plus récente création, La colère des doux, est une expérience virtuelle et immersive qui vous plongera littéralement dans un univers parallèle déjanté. «À mi-chemin entre un show de musique funk, un site web interactif, de la relaxation ASMR, du cinéma d’animation expérimental et du théâtre», je vous garantis que vous n'oublierez pas ce spectacle de sitôt. Vous aussi, le format virtuel vous rebute? Car à vos yeux, le théâtre est un art vivant qui se consomme live? Je vous en conjure (ou conjugue, comme dirait ces poètes de l'absurde), on est complètement ailleurs ici! Croyez-moi, votre cerveau n'aura pas la faculté de canaliser tous les stimuli qui abondent de tout bord tout côté dans cette création pour le moins euphorique. Dépêchez-vous, La colère des doux est accessible jusqu'au 30 mai sur le site du Théâtre Aux Écuries!

Olivier Morin, Guillaume Tremblay et Navet Confit cartonnent avec cette pièce qui tombe à point avec les 10 ans d’existence de leur compagnie Théâtre du Futur.

Lorsque vous serez prêt.e à vous lancer dans cette expérience virtuelle, vous disposerez d’un lien vers une plateforme web et d’un code d’accès personnel. Une fois le code activé, vous pourrez pleinement profiter de l’expérience en tout temps, et ce, jusqu’à la fin des représentations le 30 mai.

Ainsi, vous naviguerez à travers une carte interactive du Québec divisée en chapitres, lesquels sont identifiés par des chiffres. Construite sous forme de récits (allant de deux à quarante minutes chacun), la pièce prend carrément la forme d’un jeu dont vous êtes le héros.

Vous aurez donc à faire des choix selon les options qui vous sont proposées.

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Olivier Morin, Navet Confit et Guillaume Tremblay du Théâtre du Futur

La prémisse: Do the doux

Vêtus de costumes des années 70 à inspirations «les années à gogo», les trois comparses entonnent «Le monde va mal. Toute va mal». En effet, il semble qu’on extorque les citoyens à coup de 50 $ pour l’achat de sept bananes! La société est déchirée, révoltée, à feu et à sang. Une guerre civile éclate après des années de frustrations refoulées.

Le peuple se divise pour s’établir en région, créant ainsi des microsociétés recluses et homogènes.

Les trois amis se poussent donc de la ville pour se rendre vers une destination située en campagne qu’ils ont baptisée St-Ludique-Des-Blés-d’Inde. Là-bas, leur mode de vie repose essentiellement sur les jeux de société (Clue de 6 pouces, Opération 400 volts, Jenga en mousse…) jusqu’à la résurgence d’un fléau: la psychoglue?! Permettant de lire dans les pensées, ce tube d’onguent visqueux crée une forte dépendance et contamine diverses populations à l’instar de la peste.

Le personnage joué par Olivier Morin décide alors de quitter ses amis pour partir à la recherche d’un monde meilleur: Charny, un quartier de Lévis figé dans les années 90.

Pour ses habitants, le bogue de l’an 2000 n’a jamais existé.

Mais Olivier Morin sera confronté à un triste dessein qui le mènera dans le ciel à bord de son Cessna. Où cela le conduira-t-il? À L’Étape? À Walma? Qui croisera-t-il sur sa route, cette fois-ci?Car ici, on suit sa quête de liberté à lui, bref, la quête d’un «meilleur» Olivier Morin!

Olivier Morin, Navet Confit et Guillaume Tremblay en formule band dans «La colère des doux»

Un univers déglingué… et déjanté!

La colère des doux flirte entre des prestations musicales à saveurs punk-rock et gangsta rap, et une ambiance sonore à la fois étrange et angoissante à la sauce d’Hitchcock. Ça varie d’un chapitre à l’autre en fait.

À un moment, les images réalistes de la banlieue Charny s’évanouissent pour laisser place à un décor sombre et lugubre qui se nomme L’Étape. On croirait arriver au Motel Bates, celui sorti tout droit du film Psycho! L’illustration de l’hôtel, de couleur rouge sanguinolente en arrière-plan, laisse planer un mystère inquiétant.

Le ton, tel un murmure doux et apaisant, berce ce récit pour le moins étrange. On est complètement ailleurs, entre la légende de peur autour d’un feu de camp et le thriller grinçant. En plus, un voile tel un blizzard se superpose aux personnages, ce qui a pour effet d’ajouter une dose d’effroi à l’ensemble.

Il faut le dire, la poésie et les jeux de mots humoristiques animent cette histoire mystérieuse et captivante. Et c’est sans oublier l’ambiance sonore de Navet Confit, qui est à glacer le sang (dans le chapitre de L’Étape, notamment!)

Il y a réellement, dans ce spectacle virtuel, une recherche approfondie au niveau des concepts et une intelligence implacable quant à la langue poétique, qui est si absurde et si fine à la fois. Vraiment, c’est étonnant que le trio en soit arrivé à un résultat si près du trip de mush et de ses effets psychédéliques, mais sans avoir eu à abuser de la substance!

Alors, êtes-vous curieux.se de savoir si Olivier Morin franchira «L’Étape» vers Walma? (Oh, voilà un petit jeu de mots tout à fait digne du Théâtre du Futur!) Et le tenancier de l’hôtel, joué par Guillaume Tremblay et qui a l’air complètement coucou, tentera-t-il de lui faire la peau, ou…? Finalement, Olivier parviendra-t-il à réparer son Cessna et à prendre la fuite? Pour connaître l’issue de son voyage énigmatique, vous savez ce qu’il vous reste à faire.

Si ce n’est pas l’activité parfaite à faire d’ici la fin du couvre-feu le 28 mai, ça (et jusqu’au 30 mai, en vrai!)

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