«Versailles à Topkapi» de Constantinople: entre la France et la Roumanie – Bible urbaine

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«Versailles à Topkapi» de Constantinople: entre la France et la Roumanie

«Versailles à Topkapi» de Constantinople: entre la France et la Roumanie

Publié le 26 mai 2012 par Luba Markovskaia

La saison 2011-2012 de l’ensemble Constantinople se clôt sur un concert intime, «Versailles à Topkapi», qui s’est tenu dans la petite salle de la Chapelle Historique du Bon-Pasteur les 24 et 25 mai, devant un petit groupe de fidèles auditeurs. Le temps d’un dernier dialogue musical, Constantinople brouille à sa façon les frontières entre la France et la Roumanie.

La politique étant sur toutes les lèvres ces jours-ci, Kiya Tabassian, arborant fièrement le carré rouge tout comme ses confrères, avertit qu’il s’agit d’un concert en marge de celui qui se déroule à l’extérieur, le concert de casseroles. «Versailles à Topkapi» est l’occasion de faire dialoguer deux compositeurs de la période baroque, Marin Marais, compositeur français, virtuose de la viole de gambe, et l’homme des Lumières et compositeur moldave Demetrius Cantemir, dont on ne sait pas s’ils se sont déjà rencontrés, selon l’aveu même de Kiya Tabassian, qui promet: «on va tenter de les faire se rencontrer ce soir».

À la formation habituelle de l’ensemble, composé des frères Kiya et Ziya Tabassian, respectivement au sétar et aux percussions multiples ainsi que de Pierre-Yves Martel, à la viole de gambe, s’ajoute la musicienne Didem Basar, avec un instrument traditionnel turc semblable au psaltérion, le kanun. L’alternance entre la musique de Marin Marais et celle de Cantemir est réussie, avec des transitions douces entre les morceaux, qui soulignent la recherche de dialogue musical typique de l’ensemble Constantinople.

Ziya Tabassian peut, avec ce répertoire, déployer toute la gamme de ses talents percussifs, ce qui culmine dans l’interprétation du morceau final, la pièce maîtresse du concert, les Folies d’Espagne. Les variations de l’ensemble sur cette œuvre de Marin Marais couronnent admirablement la soirée, dont on ressort avec un curieux mélange résonnant en tête : les accents de la musique baroque et les sons byzantins. Un après-goût typiquement Constantinople, qui a encore une fois remporté son pari en matière de métissage musical. Suivez-les lors de la prochaine saison!

Appréciation: ****

Crédit photo: Michel Pineault

Écrit par: Luba Markovskaia

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