«Trois gars aussi doués à trouver l'amour qu'un titre de show» d'Alexandre Bisaillon, Benjamin Picaud et Rabii Rammal – Bible urbaine

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«Trois gars aussi doués à trouver l’amour qu’un titre de show» d’Alexandre Bisaillon, Benjamin Picaud et Rabii Rammal

«Trois gars aussi doués à trouver l’amour qu’un titre de show» d’Alexandre Bisaillon, Benjamin Picaud et Rabii Rammal

Au Théâtre La Chapelle dans le cadre de Zoofest jusqu'au 13 juillet!

Publié le 11 juillet 2013 par Jim Chartrand

Crédit photo : Jim Chartrand

Ingénieux amalgame des différentes façons de faire de l'humour au Québec, trois humoristes, tout droit sortis de l'École nationale de l'humour il y a environ un an, présentent avec bonheur et complicité une épopée vers l'amour au masculin. Comme un show de filles revisité par des gars, de quoi faire rire les uns et charmer les autres avec un «e». Un genre d'atelier d'exploration comme seul Zoofest peut l'offrir.

Ils se nomment Alexandre Bisaillon, Benjamin Picaud et Rabii Rammal. Ensemble, ils forment une alliance, une espèce de wolf pack qui vit des hauts et des bas et qui, comme tout le monde, cherche l’ultime relation parfaite. On le sait depuis un bon moment déjà, l’homme a perdu son côté énigmatique et a de plus en plus besoin d’exprimer ce qu’il ressent, et c’est en grugeant sur ses territoires que les trois bons copains construisent un amusant spectacle d’une heure qui devient tour à tour sketchs, confessions, confrontations et moments de pur stand-up comique.

Certes, pour y construire une lignée directrice, cet émule de Broue à la sauce moderne rajeunie et actuelle, garde une histoire principale (une triple date mettant en compétition les trois chummy), et des personnages bien définis qui brouillent les pistes entre réalité et fiction. Il y ainsi le weirdo limite nerd, limite puceau, le sentimental et romantique limite féminin dans sa relation avec ses émotions et ses désirs, et l’inévitable macho limite trou de cul.

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Si chaque interprète prend grand plaisir à s’incarner lui-même, on aime la complicité qui s’en dégage, mais on regrette par moment les punchs qui se font un peu trop ressentir. Ainsi, dans ce miroir viril de Sex and the City, on laisse se succéder martinis, spa, détente et boîte de nuit, mais on perd un peu de spontanéité. D’où pourquoi les rares moments où des erreurs et autres blancs semblent se glisser, qu’ils soient volontaires ou non, ajoutent à l’ensemble une vulnérabilité nécessaire qui humanise les personnages en les rendant plus accessibles dans leurs anecdotes de chaque instant. Mieux encore, la complicité indéniable qui s’en dégage est à son paroxysme dans la façon instantanée qu’ils ont de s’adapter à tous les genres de situations. Du coup, si on croit à leur amitié bien réelle, on a d’autant plus de plaisir à les découvrir lorsqu’ils se dévoilent en version solitaire, ou seul sous le projecteur.

C’est à ce moment que Rabii Rammal peut se permettre de mettre de l’avant toute l’étendue de son charisme et de ne pas délaisser l’aspect intellectuel de son personnage de macho célibataire, puisque bien qu’on a peu de mal à croire à ses airs exagérés d’irréductible trou de cul, on cherche malgré tout dans les sketchs les nuances plus accessibles de son personnage. Pour ce qui est de Benjamin Picaud, on aime son côté rassembleur, à savoir une sorte d’arbitre et de conscience parmi les insouciances, habité par ses propres naïvetés, alors qu’il ramène avec plaisir l’un de ses brillants monologues qu’il avait présenté lors du spectacle des finissants de l’École national de l’humour l’an dernier. Toutefois, la force tranquille de ce trio, c’est décidément Alexandre Bisaillon qui, sous ses attraits peu menaçants, cache un naturel flamboyant et souvent désarmant à délivrer avec toujours le bon timing, bref, tout ce qu’il faut d’énergie pour garder constamment à l’avant-plan le personnage plus complexe du jeune dernier qui pourrait aisément tomber dans de trop gros clichés.

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Avec humour et juste ce qu’il faut de bonnes références modernes où autant monsieur et madame pourront se reconnaître, voilà une semi-pièce qui sait divertir, surtout grâce à la mise en scène subtile mais définie de Julie Dignard, où se mêlent projections, éclairages et musique branchée, tout comme la large palette de thèmes abordés tous placés sous la même bannière. Mentionnons également la présence nécessaire du quatrième mousquetaire Mikael Dallaire, autre finissant de la cuvée 2012, qui fait souvent partie des meilleures chutes de chaque segment.

Trois gars aussi doués à trouver l’amour qu’un titre de show est donc aussi approximatif que son titre amusant. C’est un peu de tout et un peu de rien, mais c’est surtout un départ canon pour ce que l’on imagine être un excellent lendemain pour ces créateurs au talent évident. Ensemble ou individuellement, ses artistes ambivalents, à la fois auteurs et interprète, savent créer des flammèches.

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«Trois gars aussi doués à trouver l’amour qu’un titre de show» est présenté dans le cadre de Zoofest au Théâtre La Chapelle à 19h jusqu’au samedi 13 juillet prochain.

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