«Transes», une création d’Isabelle Van Grimde présentée à l’Agora de la danse du 24 au 27 avril – Bible urbaine

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«Transes», une création d’Isabelle Van Grimde présentée à l’Agora de la danse du 24 au 27 avril

«Transes», une création d’Isabelle Van Grimde présentée à l’Agora de la danse du 24 au 27 avril

Plonger dans un futur post-technologique pour se reconnecter à l’essentiel

Publié le 15 avril 2024 par Jessica Samario

Crédit photo : Marilène Oliver et Isabelle Van Grimde

Fascinée par le corps humain à travers le temps, la chorégraphe Isabelle Van Grimde jongle avec l’art et la science pour offrir au public un tout nouvel univers futuriste dans lequel l’humain hybridé avec la technologie réapprivoise la nature. Ce spectacle de danse contemporaine, mettant en scène l’interprète Emmanuelle Martin et le musicien Thom Gossage, sera présenté à l’Agora de la danse du 24 au 27 avril. Nous avons interviewé la créatrice afin d’en savoir plus sur ses inspirations.

Un mélange des genres pour sortir des sentiers battus

Directrice artistique de la compagnie Van Grimde Corps Secrets qu’elle a fondée en 1992, Isabelle Van Grimde a débuté cet entretien en nous expliquant sa vision plutôt historique de la danse contemporaine:

«Pour moi, il y a eu une évolution de la fonction de chorégraphe au XXe siècle, puisqu’à cette époque, ils étaient des faiseurs de pas qu’on engageait pour créer des mouvements dans des spectacles où la musique et la dramaturgie étaient prédominantes. Peu à peu, il y a eu le grand avènement de la danse moderne aux États-Unis, et les chorégraphes sont devenus les auteurs de leurs œuvres».

Choyée d’avoir eu la chance de pratiquer sa profession en mettant elle-même en scène ses œuvres, la chorégraphe explore plusieurs facettes du corps, non seulement à travers la danse, mais aussi par le biais d’autres disciplines artistiques et par la recherche scientifique. Elle se démarque d’ailleurs dans le milieu par sa démarche transdisciplinaire et par la profondeur des réflexions proposées à travers ses œuvres chorégraphiques.

«Ça a été un nouvel émerveillement, pour moi, petite chorégraphe, de collaborer avec des spécialistes tels que des neurologues ou des professeurs en génétique. Ça a ouvert plein d’avenues et je suis toujours là-dedans aujourd’hui; les nouvelles technologies sont venues se greffer à ça», a déclaré l’artiste.

Quelques-unes de ses œuvres ont d’ailleurs été créées dans le cadre d’une résidence au Centre interdisciplinaire de recherche en musique, médias et technologie à l’Université McGill.

«Transes» d’Isabelle Van Grimde. Image créée par l’IA à partir de Marilène Oliver.

Entre science-fiction et réel

Au cours des dernières années, l’œuvre de Van Grimde baignait déjà dans un univers futuriste avec la pièce Messis ainsi que le triptyque Eve 2050. Cette fois, elle nous présente Transes, qui nous transporte dans un futur où la nature est presque entièrement détruite par les humains.     

«Dans Transes, on imagine beaucoup le passé, parce qu’on est loin dans le futur, et on se rend compte qu’il y a eu une époque où les humains étaient hybridés avec la machine. Il y avait des aspects technologiques dans leur corps qui ont vraiment changé leur architecture neuronale, c’est-à-dire qu’elle ne fonctionnait plus seulement avec des éléments organiques qui sont reliés au cerveau. Il ne reste plus beaucoup d’humains et on a cette femme qui, par la force de sa physicalité, en se reconnectant aux aspects les plus anciens de son architecture neuronale et en se reconnectant à son souffle, va tenter de reféconder la nature», a raconté Isabelle Van Grimde pour mettre son œuvre en contexte.

La pièce doit d’ailleurs son titre à cet état d’esprit hors de contrôle qui a grandement inspiré la gestuelle de la chorégraphie, ainsi qu’une partie de l’histoire, faisant un clin d’œil à la célèbre pièce de Stravinsky et Nijinski intitulée Le Sacre du printemps. Dans cette œuvre, la pensée primitive mène les humains à sacrifier une vierge chaque année, en espérant ainsi retrouver le printemps. Dans Transes, la femme, interprétée par Emmanuelle Martin, s’efforcera d’éliminer les traces de toute technologie en elle et autour d’elle, puis elle se sacrifiera pour reféconder la nature.

«La transe, c’est aussi un état qui est utilisé par les chamanes et les sorciers de toutes les cultures plus primitives pour effectuer des transformations. J’ai imaginé que ça pouvait être un état physique extrême qui pouvait peut-être nous redonner le pouvoir d’agir positivement afin de faire repousser la nature», a confié la chorégraphe.

«Transes» d’Isabelle Van Grimde. Photo: Marilène Oliver et Isabelle Van Grimde.

L’art de ressentir, réfléchir et de se laisser aller tout à la fois

Isabelle Van Grimde et son équipe proposent ainsi au public une expérience immersive qui dépasse les frontières du spectacle de danse traditionnelle.

Les spectateur·trices se trouveront sur les trois côtés de la scène et assisteront à la fois à la danse, à la musique en direct de Thom Gossage, à des projections vidéo, aux éclairages de Bobby Léon ainsi qu’à des œuvres de l’artiste londonienne Marilène Oliver, qui s’inspire notamment d’imagerie médicale.

À travers cet univers où la vie humaine est remise en question, la chorégraphe cherche à faire vivre une expérience aux spectateur·trices plutôt que de leur passer un message.

«Je ne crois pas vraiment à la représentation d’un message dans l’art. C’est sûr que ça se fait, mais de façon beaucoup plus riche qu’une ligne de A à Z où tout est expliqué. Je pense que dans la danse, c’est comme si la ligne devenait beaucoup plus large et que les gens pouvaient trouver le chemin qui entre le plus en résonance avec leur ressenti, leur expérience et leurs corps. Je ne vais pas cibler une émotion en particulier, mais plutôt un éventail. Je veux que les gens sentent l’existence de leur corps. Il y a aussi un appel au cerveau, aux idées. C’est en fait un mélange des deux, comme nous sommes des êtres qui ressentons, qui ont des sensations, des émotions, des pensées et c’est à ça que je m’adresse dans mon travail», a-t-elle précisé en guise de conclusion.

Alors, n’attendez plus et procurez-vous des billets pour Transes, ce spectacle qui s’annonce riche en découvertes et en ressentis!

*Cet article a été produit en collaboration avec l’Agora de la danse.

«Transes», une création d’Isabelle Van Grimde en images

Par Marilène Oliver et Isabelle Van Grimde

  • «Transes», une création d’Isabelle Van Grimde présentée à l’Agora de la danse du 24 au 27 avril
    «Transes» d'Isabelle Van Grimde. Photo: Marilène Oliver et Isabelle Van Grimde.
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    «Transes» d'Isabelle Van Grimde. Photo: Marilène Oliver
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    «Transes» d'Isabelle Van Grimde. Photo: Marilène Oliver
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    «Transes» d'Isabelle Van Grimde. Photo: Marilène Oliver et Isabelle Van Grimde
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    «Transes» d'Isabelle Van Grimde. Image créée par l’IA à partir de Marilène Oliver.
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    «Transes» d'Isabelle Van Grimde. Photo: Marilène Oliver et Isabelle Van Grimde.

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