Rufus Wainwright à la Place des Arts lors du Festival international de Jazz de Montréal 2016 – Bible urbaine

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Rufus Wainwright à la Place des Arts lors du Festival international de Jazz de Montréal 2016

Rufus Wainwright à la Place des Arts lors du Festival international de Jazz de Montréal 2016

Une soirée en deux temps

Publié le 3 juillet 2016 par Marie-Eve Linck

Crédit photo : Mathieu Pothier

Pour son grand retour dans la ville de sa jeunesse, Rufus Wainwright a décidé de présenter son opéra Prima Donna, des extraits de cette œuvre condensée en une heure et sans décor, où l’orchestre occupait la scène. Il a ensuite fait plaisir à la foule avec plusieurs de ses chansons les plus connues en formule orchestre ou encore interprétées seul au piano.

L’auditoire bigarré attendait avec impatience leur Rufus, lequel a eu droit à une ovation debout dès son arrivée sur scène, tout juste avant qu’il présente l’orchestre et les chanteurs de son opéra. Le public était conquis avant la première note. On ne peut lui en vouloir, il est parfait ce Rufus Wainwright: il chante bien, il est beau, il est fin, il est charismatique, il est Montréalais. Que demander de plus?

C’est vêtu d’un habit fleuri argenté qu’il a brièvement présenté son œuvre sous la direction du chef Jayce Ogren. Prima Donna raconte le lent déclin d’une cantatrice, Régine Saint-Laurent, qui désire tout de même remonter sur scène. S’il pouvait être difficile de déceler les subtilités de l’histoire sans le livret, le film plutôt contemplatif signé Francesco Vezzoli, qui accompagnait l’opéra, permettait d’en comprendre l’essentiel.

Rufus Wainwright est un mordu d’opéra, il a d’ailleurs révélé, hier, que c’était à la Place des Arts de Montréal qu’il en avait vu un pour la première fois. Malheureusement, aimer l’opéra ne veut pas dire qu’on peut en créer un. Musicalement, c’est assez peu original, on pense souvent à d’autres airs d’opéra connus; peut-être que ce sont de multiples clins d’œil de la part du compositeur? Enfin.

L’opéra, bien défendu par les chanteurs Kathryn Guthrie, Antonio Figueroa et Lyne Fortin, est exclusivement en français: Rufus a même perdu un contrat avec le Met de New York en refusant de le traduire en anglais. C’est très louable, mais peut-être qu’on n’a pas eu affaire ici à sa meilleure prose, qui est pourtant bien maîtrisée dans la langue de Shakespeare. Ce fut peut-être une gentille introduction à l’opéra pour les néophytes présents hier et si tel est le cas, tant mieux.

Si la première partie du concert tenait plutôt de la curiosité, la deuxième partie a été créée pour ravir les fans de Rufus Wainwright. Ce dernier nous a offert ses plus grands succès, en commençant par «April Fools», avec des arrangements orchestraux qui collaient vraiment à la musique de l’auteur-compositeur. Wainwright aime les textures musicales et plusieurs de ses chansons sont superbement produites avec beaucoup d’arrangements, et les versions symphoniques lui vont très bien.

La foule déjà conquise a eu droit au best of de Rufus de «Vibrate» à «Oh What A World» en passant par «Cigarettes and Chocolate Milk», toujours avec sa magnifique voix et son rendu authentique et senti. En vrai Montréalais, le chanteur s’est adressée à la foule tantôt en français, tantôt en anglais, y allant de petites anecdotes, souvent familiales.

Car chez les Wainwright-McGarrigle, tout est une affaire de famille. Surtout la musique. Rufus nous l’a fait comprendre encore hier en faisant intervenir sa sœur Martha pour chanter sa version de «The Last Rose of Summer», chantée aux funérailles de leur mère, feue Kate McGarrigle. Un moment très émouvant du spectacle. Et Martha: quelle voix! Ouf. Cette famille a vraiment été choyée musicalement.

Au rappel, elle nous l’a montré une fois de plus alors que Martha, et les cousins Sylvan et Lily, sont venus accompagner Rufus pour sa version de «Hallelujah» de Leonard Cohen (maintenant aussi membre éloigné du clan Wainwright!) Chacun en a chanté un couplet à sa manière puis ils formaient le chœur pendant le refrain. Rufus Wainwright a ensuite clos le spectacle avec «Poses». Il est même revenu alors que les gens quittaient pour interpréter au piano «La Complainte de la Butte».

Le public est sorti enchanté de sa soirée, la deuxième partie et la générosité de l’artiste palliant aux petites longueurs de la première partie. Il remet ça ce soir, il reste encore quelques billets et si vous aimez Rufus Wainwright, vous ne serez pas déçus.

L'événement en photos

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Par Mathieu Pothier

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