«MATTER» de Kurt Hentschläger: un tapis flottant dans la Satosphère! – Bible urbaine

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«MATTER» de Kurt Hentschläger: un tapis flottant dans la Satosphère!

«MATTER» de Kurt Hentschläger: un tapis flottant dans la Satosphère!

Publié le 1 juin 2012 par Justine Boutin-Bettez

Dans le cadre de la 13e édition de MUTEK, présentée à Montréal du 30 mai au 3 juin, créateurs, génies du jamais vu, de l’expérimental et du grand déploiement se sont donnés rendez-vous à la Satosphère de la SAT (Société des arts technologiques), au Monument National, à la place de la Paix et au Métropolis pour vous en mettre plein la vue.

La SAT s’est ralliée à la Biennale internationale d’art numérique (BIAN) pour présenter devant public l’œuvre MATTER de l’artiste autrichien Kurt Hentschläger, un dévolu humain planant dans les astres de l’espace. Une mystification entre le réel et l’irréel. Ici, il n’y a plus de pesanteur et de gravitation; il n’y a que des corps en recherche de corps voulant créer la surface terrestre. Dans ce jeu, il n’y a pas de règles.

Un générique de film présentant l’humain sous toutes ses forme

Une conception sonore qui arrête le temps. L’effet sonore est une uniformité entre le changement de couleurs et de lumière. C’est alors que la matière sonore est l’art d’une mouvance invisible à l’œil nu.

Cette science a fait travailler tous nos sens. Notre faculté de s’enivrer à des intercessions peu communes. Le public, hier soir, était réchauffé par des sensations qui venaient toucher jusqu’aux tréfonds de la chair. C’est avec sensibilité que les images défilaient à un rythme casseur, positif et légitime. C’était de l’érotisme au goût voluptueux et d’une lascivité avortée par l’espace et le temps. Une ivrognesse du corps laissé à lui-même dans ce grand terrain de jeu. Le regarder s’unir à nos yeux sur cette route blanche du ciel est un délice honorable.

Dans cette mise en scène audiovisuelle, qui semblait improvisée en même temps qu’être préméditée, menait à des images utopiques et imaginaires, notamment des tempêtes d’hommes et d’ombres, une baignoire remplie de fantômes de chair, un défilé bercé par des combats de paix en quête d’une surface prospère. C’était merveilleux.

Ainsi, Kurt Hentschläger a usé d’un aspect grandiloquent dans sa création, la peau, un organe à plein temps, qui nous protège des germes pathogènes, des pestilences et des intoxications. Imaginez que vous vous retrouviez, du jour au lendemain, face à vos muscles et à vos organes fibreux sans la moindre trace de votre peau? L’humain serait-il encore humain? Confronté au corps nu des vertébrés, Kurt Hentschäger nous a démontrés que même sans ce parapluie cutané nous serions la plus belle espèce sur Terre.

Avertissements

Avis à ceux qui ne sont pas ponctuels, la représentation est d’une durée de trente minutes. Pour profiter pleinement de cet enchantement, prévoyez arriver à l’heure!

Avis à ceux qui aiment les sensations fortes, les extrêmes et la polarisation des deux mondes: vous serez servi pour une modique somme de 10 $ plus les frais.

Avis à ceux qui aiment la danse: une chorégraphie d’une pléiade humaine vous sera présentée. Interdiction de cligner des yeux!

Avis à ceux qui ont toujours rêvé d’amorcer un combat entre les cinq éléments et les cinq sens: une conscience de ce qui nous entoure à l’état brut. Cet amalgame vous rendra vétuste et bouche-bée.

Avis à ceux qui croient aux fantômes: vous assisterez à une genèse immersive et transcendante d’un univers inconnu au grand jour.

MATTER est présentée à la Société des arts technologiques jusqu’au 23 juin. Pour plus d’information, cliquez juste ici.

Appréciation: ****

Crédit photo: Société des arts technologiques

Écrit par: Justine Boutin-Bettez

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