Chet Faker à L’Olympia de Montréal – Bible urbaine

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Chet Faker à L’Olympia de Montréal

Chet Faker à L’Olympia de Montréal

La hype d’un electronica décomplexé

Publié le 13 septembre 2014 par Alexandra Gendron-Deslandes

Crédit photo : www.facebook.com/Chetfaker

Chet Faker était de passage à l'Olympia de Montréal hier soir dans le cadre d'un évènement présenté par le promoteur spécialisé en musique électro I Love Neon et SAMOURAIS DES JUNGLES URBAINES (SJU). Escale attendue de sa tournée nord-américaine, ce dernier venait défendre sur scène les chansons de Built of Glass, son premier album studio paru en avril, ainsi que la plupart des titres de son premier EP solo, Thinking in Textures, qui date de 2012. Et l'Australien a su livrer, avec aisance, une performance qui justifiait amplement l'engouement de ses fans montréalais, et ce, malgré les évidents problèmes de son qui l’ont ponctuée, ici et là, et ont rendu ardue la compréhension de ses interventions et paroles.

Une quinzaine de minutes après la fin de la prestation de starRo en première partie, le public —majoritairement âgé entre 18 et 30 ans — a commencé à manifester sa fébrilité. C’est finalement à 22h30 que Chet Faker est apparu seul sur scène, saluant ses fans bras levés, avant d’aller s’installer derrière son clavier rouge pour entamer les premières notes. C’est à partir de «1998», deuxième titre de la soirée, que le concert a définitivement pris son envol.

Après avoir encouragé les frappements de mains, Faker a interprété avec beaucoup de maîtrise des titres bien connus de l’auditoire, le tout interrompu de quelques anecdotes que la mauvaise qualité du son rendait difficiles à comprendre, particulièrement au parterre. Après la très accueillie «I’m Into You», a suivi «Terms and Conditions», dans laquelle sa voix était malheureusement étouffée par la trop forte texture électronique.

Malgré quelques mécontentements reliés à la vibration sonore au parterre, qui se manifestaient davantage dans le visage des gens sur les côtés, le public a gardé son entrain et applaudi son interprétation. Celle-ci a été succédée par «Cigarettes et Chocolate», chanson instrumentale qui, aux dires de ce dernier, sait même enthousiasmer son chien!

«It’s fucking crazy!», a lancé Chet Faker visiblement touché de l’appui de ses fans. Il a pris ce moment pour les remercier sincèrement de le suivre dans son aventure musicale un peu «marginale» depuis maintenant quatre ans. Le musicien et producteur australien a un charisme rare qui se voit et s’entend, oui, mais se ressent surtout. À ce moment de la soirée, l’ambiance était établie et pourtant, tout laissait présager que le meilleur restait à venir. Particulièrement en raison de la présence sur scène incroyable de l’artiste, qui donne un sens très fort à sa musique, mais aussi de la succession des pistes qui a créé un crescendo qui ne s’expérimente pas à l’écoute d’un album.

En sprint final, on a pu entendre l’hymne «No Diggity», pendant laquelle il a continué à faire danser le parterre et chanter en choeur la salle entière, puis «Drop the Game», premier titre de son EP collaboratif avec le producteur australien Flume. Faker a soufflé un «This stage Rocks!» avant d’entamer «To Me», durant laquelle la salle s’est faite attentive, comme pour mieux se recueillir sur les paroles, puis enfin «Cigarettes & Loneliness», qu’il a magnifiquement terminée la tête penchée sur son clavier.

Habillé d’un pantalon noir serré, t-shirt blanc et bottes beiges, sans oublier son iconique barbe aux reflets roux, la sobriété et l’attitude décontractée de l’artiste étaient appuyées par un éclairage blanc et bleuté. Chet Faker a habité son espace de manière équilibrée et toujours juste, se promenant du devant de la scène au derrière de ses claviers afin de créer des variations dans le rythme de ses interprétations. Malheureusement, le calibrage des textures électroniques a fait défaut à plusieurs moments du concert, venant écorcher «I’m Into You» et «To Me», entre autres. Pour avoir balayé la salle à la recherche d’un meilleur son, la vibration était définitivement moins audible au balcon, bien que cela n’ait pas empêché plusieurs personnes de quitter bien avant le rappel.

Après une minute d’applaudissements en continu, l’artiste australien est revenu pour un rappel de trois chansons, soit par sa réinterprétation de «Archangel» (de Blurial), suivie de «Gold», succès fortement reçu par les fans qui en connaissaient les paroles par coeur.

C’est tête voilée sous une serviette blanche — qui lui servait à s’éponger le visage — que Chet Faker a conclu sa prestation d’une heure et demie avec le titre «Talk is Cheap», le tout éclairé par le valsement de plusieurs briquets et cellulaires. Sans trop s’éterniser, comme l’inspire le titre de cette dernière chanson, l’Australien a remercié une dernière fois son public montréalais de son support et a soufflé un «See you guys next time» qui fait promettre à une prochaine. Et on ne peut s’empêcher de penser, à voir son public-cible, que sa musique electronica aux influences folk et jazz propose un casting parfait pour Osheaga 2015, entre autres.

https://www.facebook.com/starRoofficial

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starRO
C’est au producteur et multi-instrumentaliste starRo qu’avait été donné le mandat d’ouvrir la soirée. L’Américain d’origine japonaise est arrivé sur scène vêtu d’un chapeau noir et d’une large veste de style kimono, accueilli par des applaudissements qui témoignaient davantage de contentement envers le commencement de la soirée que de son arrivée. Il a démarré en force avec son remix de «Like a Tattoo» de Sade, qui a été le mieux reçu de toute sa performance. La première partie, qui a commencé avec quelque trente minutes de retard sur le programme initial, a compté au total 8 pièces jouées en continu, dont plusieurs titres de son EP Komorebi paru en février 2011. L’artiste, qui a peu parlé, est resté derrière ses claviers et a servi différents rythmes à la foule, usant même de baguettes rouges pour rendre sa danse sur place plus flamboyante. Le son downtempo de starRo, qui ondule quelque part entre le hip-hop orchestral et le straight-ahead jazz, a donc été reçu poliment et le parterre ne s’est entièrement rempli que vers la fin de la prestation de ce dernier, prêt pour l’arrivée de Chet Faker.

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