aRTIST oF tHE yEAR au National: confettis, ballons gonflés à l’hélium et autres surprises épiques! – Bible urbaine

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aRTIST oF tHE yEAR au National: confettis, ballons gonflés à l’hélium et autres surprises épiques!

aRTIST oF tHE yEAR au National: confettis, ballons gonflés à l’hélium et autres surprises épiques!

Publié le 2 juin 2012 par Éric Dumais

Après deux ans d’absence, le quatuor électro-funk éclaté aRTIST oF tHE yEAR était de passage hier soir au National pour présenter les nouvelles miettes de uP yOURS, son cinquième album.

C’est dans un National plus ou moins paqueté que les deux DJ Payz Play Supa Deejayz ont d’abord mixé derrière les platines avec des remixes cheesy de formations pop dont MGMT. Les gens au parterre étaient plus ou moins intéressés par le DJ set, la preuve étant que la plupart étaient toujours debout au bar, en train de discuter entre amis.

Vers 23 heures, la formation aRTIST oF tHE yEAR est montée sur scène, suivie d’un déluge de cris et d’acclamations en provenance d’une foule d’admirateurs plus dense mais loin d’être aussi cordée que des sardines. Les membres fondateurs Camille Jacques et David Richard, à l’exception du batteur et du bidouilleur-en-puissance (ce dernier ressemblait à une femme à barbe de l’époque post-nazi-hitlérienne), étaient déguisés en… bananes (!!!), doux rappel de leur plus récente couverture d’album qui fait référence à celle des mythiques The Velvet Underground & Nico parue en 1967. Avec aRTIST oF tHE yEAR, ce genre de surprise ne relève plus de l’exclusivité, mais il est toujours surprenant de les voir attriqués différemment en spectacle.

Le concert a commencé bruyamment et électroniquement avec «Shake, Sweat, Scream & Shout», une chanson-dynamite d’une énergie contagieuse shootée raide à l’adrénaline. Instantanément, et un peu comme si une mouche les avait piqués jusqu’aux tréfonds de leur chair, les fans se sont rués un peu plus à l’avant et se sont déhanchés au rythme des mélodies électro-funk plus hard-rock à-la-Plaster.

Puis, le groupe a enchaîné avec de bons vieux succès, notamment, et dans le désordre, «Cincinnati», «Let Me Smell Your Mum» et «Yeah!!!», avant de revenir avec du nouveau stock, dont l’éclatée «Fist Ride» et «Cannon  Man», laquelle a provoqué une vague de chaleur libidinale parmi la foule. Dans le temps de le dire, les fans scotchés à l’avant de la scène se sont retrouvés torse nu, un peu en référence au chanteur Camille Jacques, qui portait un ensemble léger style drag queen. Parmi eux, une vingtaine de chanceux ont pu monter sur scène pour danser près du groupe pendant la totalité de la dernière moitié du spectacle.

L’ambiance hier soir était décidément à la fête et le quatuor montréalais a semblé vouloir mettre les bouchées doubles afin de se faire pardonner leur longue absence de deux ans. Camille Jacques, chanteur et DJ, s’est en effet excusé à maintes reprises, même si, deux secondes après, le tout était presque oublié. Le temps étant aux festivités et aux réjouissances, Camille et David ont plutôt cherché à alterner gags et sacres au micro pour prouver qu’ils s’étaient ennuyés et qu’ils étaient ravis d’être de retour.

aRTIST oF tHE yEAR est finalement sorti de scène aussi lentement que la vingtaine de danseurs improvisés, qui semblaient tous claqués par l’alcool et la kyrielle de niaiseries et de simagrées réalisées à l’avant. Les musiciens sont par la suite revenus pour un long rappel – après tout il se sont quand même absentés deux ans! – pendant lequel ils ont joué comme des bêtes leurs vieux succès pour faire plaisir à leurs fans.

C’était, en somme, un spectacle-lancement épique et déjanté, auquel il manquait seulement un peu de coordination entre les morceaux et une place prépondérante aux récents succès. aRTIST oF tHE yEAR a souhaité gâté son public et cela n’a pas semblé déplaire au public, bien au contraire, puisque les portes du métro de Montréal, une heure et trente minutes plus tard, étaient déjà closes. La preuve incontestable que le temps a passé à la vitesse grand V.

Appréciation: ***1/2

Crédit photo: Éric Dumais

Écrit par: Éric Dumais

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