«WomanChild» de Cécile McLorin Salvant – Bible urbaine

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«WomanChild» de Cécile McLorin Salvant

«WomanChild» de Cécile McLorin Salvant

Une délicatesse purement jazz

Publié le 23 juin 2013 par Olivier Boivin

Crédit photo : Cécile McLorin Salvant Music

La chanteuse Cécile McLorin Salvant a sorti le 28 mai dernier un album purement jazz. Pour ce faire, elle s'est entourée de grands talents du genre comme le pianiste Aaron Diehl (Wynton Marsalis Septet), le contrebassiste Rodney Whitaker (Roy Hargrove, Terrance Blanchard), le batteur Herlin Riley (Jazz at Lincoln Center Orchestra) et le guitariste James Chirillo (Joe Lovano) afin d'offrir un opus qui est l'équation parfaite entre une voix attendrissante et un rendu musical impeccable.

WomanChild se veut totalement accrocheur, avec des pièces que l’on désire entendre et réentendre dès la première écoute, notamment avec les premières notes de «St. Louis Gal». Cette dernière rappelle l’effet instantané de la chanson «At Last» d’Etta James, pour son aspect vocal mielleux, avec en sus la douceur d’une guitare sèche qui appuie brillamment la voix. On jurerait se retrouver dans un café pub de la Louisiane lors d’une soirée intime avec la chanteuse.

Le ton est officiellement lancé sur la piste suivante, «I Didn’t Know What Time it Was», laquelle est plus sobre et plus atmosphérique que la précédente. L’artiste raconte avec bonheur à quel point il est agréable de ne pas avoir conscience du temps qui passe, lorsqu’on se sent bien, en bonne compagnie. C’est en fait un véritable hymne au plaisir de la détente qui se dégage tout au long de WomanChild, quand soudainement le ton s’ancre davantage dans une technique de chant plus lyrique et personnelle, voire beaucoup plus incarnée, notamment à l’écoute de «You Bring Out the Savage in Me», où Cécile McLorin Salvant semble se défendre d’une certaine vulnérabilité face à son côté sauvage qu’elle ne peut nier (et s’empêcher d’exprimer).

Or, c’est sa délicatesse qui transparaît sur la majorité des pièces, tantôt seule au piano («St.Louis Gal»), tantôt accompagnée d’une contrebasse, laquelle sert de rythme sur «Nobody». Impossible également de passer sous silence l’exquise pièce titre «WomanChild», qui met en scène une jeune adulte à la fois fragile et instable en manque flagrant d’assurance, cette confiance interne qu’on a tous cruellement besoin lorsqu’on devient adulte: «WomanChild staggers / A hesitation step / How can they expect a girl to walk in stride / She can’t stand erect without someone beside».

Difficile de ne pas sauter l’unique pièce où elle s’exprime dans la langue de Molière, avec un accent légèrement teinté du sud. Intitulée «Le front caché sur tes genoux», on retrouve sous ces airs exotiques une femme qui pleure de tristesse sur les genoux de celui qui n’aide en rien son chagrin. Le temps qui passe, qui éloigne les êtres et qui laisse la place aux souvenirs passés, voilà des thèmes chers à Cécile McLorin Salvant.

Ce n’est pas un album qui comporte une orchestration des plus impressionnantes ou éclatées, mais il est juste de voir l’ensemble comme un rendu adéquat qui crée une atmosphère jazz calme, feutrée et idéale pendant des discussions entre amis.

Woman Child de Cécile McLorin Salvant est disponible dès maintenant sur l’étiquette montréalaise Justin Time ou encore sur iTunes en cliquant sur le lien suivant. Bonne écoute!

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