«We Are The 21st Century Ambassadors of Peace and Magic» de Foxygen – Bible urbaine

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«We Are The 21st Century Ambassadors of Peace and Magic» de Foxygen

«We Are The 21st Century Ambassadors of Peace and Magic» de Foxygen

De San Francisco à Sgt. Pepper

Publié le 3 février 2013 par Louis-Jean Trudeau

Crédit photo : Jagjaguwar

Découvert en 2011 par le réalisateur et musicien de renom Richard Swift (The Shins, Stereolab), le duo Foxygen donne suite à Take The Kids Off Broadway avec un deuxième album pop psychédélique typiquement californien. Jonathan Rado et Sam France, deux amis d’enfance obsédés par le Brian Jonestown Massacre et l’effervescence musicale des années 1960, pigent allègrement dans leur collection de vinyles pour meubler les chansons chargées en références de Peace and Magic.

En deux minutes, «In the Darkness» donne un aperçu succinct et efficace de l’imaginaire kaléidoscopique de Foxygen. Avec ses nombreux clins d’œil à la période expérimentale des Beatles (cuivres à la Sgt. Pepper, tons de guitares empruntés à George Harrison, «Let me introduce you to…»), la pièce d’ouverture transporte l’auditeur dans un monde parallèle où le flower power ne s’est jamais estompé. On comprend rapidement que Rado et France viennent du même moule que des groupes comme les Soft Boys, ou plus récemment MGMT.

On passe du Fab Five aux Rolling Stones (pré-Sticky Fingers) avec «No Destruction». Sam France en met plein la vue avec une imitation ahurissante de Mick Jagger et livre quelques perles de poésie anti-new-yorkaise telles que «There’s no need to be an asshole, you’re not in Brooklyn anymore». La fascination du groupe pour la côte ouest des États-Unis se poursuit sur «San Francisco», chanson pop terriblement ingénieuse qui débute comme un hommage aux Kinks avant d’aboutir à un refrain d’une tristesse saisissante qui remet en question l’insouciance des passages précédents.

Plus qu’un simple cover band 60’s, Foxygen démontre un talent considérable pour la composition et manipule les structures de chansons de façon hallucinante. «On Blue Mountain» allie des segments de ballades bluesy à des refrains percutants grâce à des changements de tempo d’une fluidité impressionnante. Dans la même lignée, la très éclatée «Oh Yeah» passe du whiteboy funk au quasi-reggae avec un refrain tout en fausset digne des meilleurs morceaux de Tame Impala.

«Shuggie», premier single tiré du disque, constitue toujours la porte d’entrée idéale vers l’univers technicolor de Foxygen. On y retrouve l’obsession de Sam et Jonathan pour les icônes du passé (pirouettes glam à la David Bowie) et une structure qui défie toutes les conventions (changements de tempo, bridge disco-funk complètement inattendu). À la fois imaginatif et bourré de références, c’est un morceau qui résume bien l’œuvre du groupe.

Février à peine entamé, Peace and Magic prend déjà position comme étant l’un des disques à battre pour l’année 2013.

Foxygen sera de passage au Il Motore le 3 mars prochain avec Unknown Mortal Orchestra et Wampire.

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