«Honeymoon», le quatrième album de Lana Del Rey | Bible urbaine

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«Honeymoon», le quatrième album de Lana Del Rey

«Honeymoon», le quatrième album de Lana Del Rey

Un nouvel album orchestral pour la reine du rétro

Publié le 19 octobre 2015 par Geneviève Jetté

Crédit photo : Interscope

La reine du rétro Lana Del Rey revient en force avec son plus récent album Honeymoon, exhumant son éternelle mélancolie grâce à un son renouvelé et soigné. La femme fatale des temps modernes conserve ses odes au martyr amoureux, cette fois dans des ballades alanguies et sensuelles. Une sortie inattendue de la première dame du rétro, issue d’une carrière musicale presque sans faux pas.

Quatrième album à son actif sous Interscope, la diva à l’allure plaintive se permet enfin d’acquérir un son finement travaillé, à la hauteur de ce qu’elle peut offrir. Le recours au saxophone est jouissif et présent dans la plupart des pièces, et complète l’amalgame de sons construits par les percussions, flûtes et violons. Cet assemblage instrumental ajoute définitivement à l’ambiance sonore plus ralentie et torpide des treize morceaux.

L’album commence avec délicatesse avec l’ensorcelante pièce «Honeymoon». Sous les violons qui assurent un style orchestral dramatique à l’ensemble, cette pièce maîtresse de l’opus saisit et rappelle l’inspiration des années 50 de la chanteuse. C’est également dans cette pièce bouleversante que l’on retrouve une sensualité dans la meilleure de ses formes, alors qu’elle évoque ces sentiments issus d’un amour malsain: «There’s nothing to lose now that I’ve found you», énonce-t-elle au summum de ses prouesses vocales. L’orchestration, empiétant légèrement sur la voix de la chanteuse, nous transporte directement dans un long métrage en noir et blanc. Ce contexte cinématographique occasionne par le fait même un certain contraste avec le reste de l’album.

Les deux pièces calquées sur des rythmes plus modernes demeurent «High By the Beach» et «Music to Watch Boys to». On se surprend à bouger sur place alors que la chanteuse déplore son amour difficile en noyant sa peine avec des substances illicites. Le bijou de l’album demeure la reprise «Don’t Let Me Be Misunderstood» de Nina Simone. L’influence qu’a eue cette icône du jazz sur Del Rey paraît au fil de l’écoute et captive l’attention. Un bel hommage placé en fin d’album.

En écoute intégrale, l’album rappelle une trame sonore avec des pièces arrache-cœur gravitant autour de la dépendance amoureuse. Rien de nouveau à l’Ouest, évidemment. Reste que la voix mielleuse et sensuelle de Lana Del Rey voile le sentiment de déjà-vu du créneau dans lequel elle se plaît.

Fait intéressant: la chanteuse a expliqué, au cours d’une entrevue radiophonique accordée en Angleterre, qu’elle avait écrit ses dernières chansons dans une maison sur le bord de la plage, ce qui expliquerait le nom de la pièce «High by the Beach», mais aussi l’impression de se retrouver aux prises d’une vacance dans la demeure des Kennedy.

Un bel exil avant l’arrivée de l’hiver.

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