«Free Your Mind» de Cut Copy – Bible urbaine

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«Free Your Mind» de Cut Copy

«Free Your Mind» de Cut Copy

Un voyage dans le temps pour les nostalgiques des années 80

Publié le 21 janvier 2014 par Romi Quirion

Crédit photo : Modular

Les Australiens sont de retour avec Free Your Mind, un quatrième album dansant aux sonorités estivales. La bande de Melbourne, menée par le producteur, auteur-compositeur et DJ Dan Whitford,allie adroitement l’électro-pop et le synth-pop en incorporant des éléments musicaux issus de la new wave et du post-punk. Un peu plus électro que leurs trois premiers albums, Bright Like Neon Love (2004), In Ghost Colours (2008) et Zonoscope (2011), ce dernier opus nous fait retrouver l’univers coloré, festif, aux touches toujours très eighties de la formation.

Le leader est accompagné de ses acolytes Tim Hoey (basse, guitare, échantillonnage), Mitchell Scott (percussions) et Ben Browning (basse). Enregistré à Melbourne dans une ancienne église et mixé à New York par Dave Fridman (Tame Impala, The Flaming Lips), Free Your Mind réjouit avec ses synthés empruntés aux années 80, dans une ambiance parfois hippie, toujours avec la voix particulière du chanteur similaire à celle de Bryan Ferry. Cut Copy s’est fait découvrir avec leur tubesque pièce «Hearts on Fire» parue sur In Ghost Colours. Zonoscope est une production moins extravagante qui menait l’auditeur ailleurs. Les sonorités y étaient plus recherchées et il contenait l’ambitieuse pièce «Sun God» qui s’étalait sur quinze minutes. Ce dernier a d’ailleurs reçu l’approbation de nombreux journalistes musicaux à travers la planète.

Souvent comparé à Hot Chip, le groupe a de la facilité à créer une rythmique et des sons enivrants, de même que des refrains aux mélodies envoûtantes. Free Your Mind enchaîne aisément des pièces conjuguant sonorités futuristes et old school. La dernière création du quatuor est cependant homogène et prévisible malgré l’intéressante influence hippie-psychédélique évoquée par certaines compositions.

L’opus est doté de quatre intermèdes, sortes de parenthèses évoquant des hallucinations qui permettent de créer une continuité entre les pièces afin de lier l’album. Cette œuvre s’écoute alors parfaitement d’un seul trait. Bien que la première partie de l’album soit très festive, la seconde déçoit un brin par son manque de dynamisme. La hippie «Dark Corners & Mountain Tops» sonne un peu déjà vu et «Take Me Higher» rappelle une pièce rétro qui a mal vieilli.Cet album renferme tout de même quelques pièces valant le détour: la disco pop mi-kitsch, mi-futuriste «We Are Explorers», «Meet Me In A House Of Love», aux synthétiseurs omniprésents et au saxophone éclaté, «Footsteps», dont les rythmes et les percussions exotiques nous donnent l’impression d’être en pleine jungle et «In Memory Capsule» qui est un beau clin d’œil aux Pet Shop Boys.

Lors de la composition, Dan Whitford ne cache pas avoir été influencé par l’esprit des «Summers of Love» de 1967 à San Francisco et celui de 1988 en Grande-Bretagne. Il chante des paroles hédonistes et l’album contient des sonorités relaxantes pour retrouver en quelque sorte l’essence du rave et cette façon de penser et de vivre librement. Les fervents amateurs de ce style de musique sauront sûrement affectionner Free Your Mind qui est une invitation à la fête parfaite pour oublier le temps gris.

Le groupe électro australien sera en tournée mondiale et s’arrêtera au Théâtre Corona Virgin Mobile le 24 mars 2014 prochain à Montréal pour faire vibrer la foule. Leur dernier passage dans la ville remonte à 2011 et les membres avaient fait fureur avec une fougueuse prestation au Club Soda.

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