«False Idols» de Tricky – Bible urbaine

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«False Idols» de Tricky

«False Idols» de Tricky

Retour aux sources du trip-hop

Publié le 12 juillet 2013 par Pauline Eveno

Crédit photo : !K7

False Idols signe le retour de Tricky dans tous les sens du terme. Il indique lui-même avoir été «perdu pendant très longtemps», essayant de «prouver quelque chose aux gens» et avoue trouver ses deux derniers albums assez mauvais. Cet opus lui a permis de se retrouver. Et on sent en effet un album très travaillé et un retour à ses premières amours.

L’album débute par la très épurée «Somebody’s Sins». «Jesus died for somebody’s sins but not mine» («Jésus est mort pour les péchés de quelqu’un mais pas les miens»), murmurent Francesca Belmont et Tricky par-dessus une ligne de basse et d’électronique assez diffuse. C’est en fait les paroles poétiques et provocatrices du «Gloria» de Patti Smith (initialement composé par Van Morrison) que Tricky se réapproprie ici. «Nothing Matters», qui vient juste après, est en complète opposition et nous invite ainsi à découvrir un album qui se promet très éclectique. Une intro au piano, puis une boîte à rythmes très entraînante et le superbe flow de Nneka. Refrain très accrocheur. Tricky nous étonne en signant un titre presque pop mais très bien ficelé. Nouvelle référence dans la chanson suivante, «Valentine», puisqu’elle contient des samples de «My Funny Valentine» interprétés par Chet Baker. Retour cette fois à la musique épurée avec seulement quelques percussions et la voix sombre de Tricky.

Les chansons suivantes nous emmènent vers le rock avec les guitares électriques de «Bonnie & Clyde» et la reprise de «Parentheses» de The Antlers (chanson issue du magnifique album Burst appart que nous vous conseillons vivement). On ne s’attendait pas du tout à cela et c’est une des bonnes surprises de l’album. «Parenthesis» propose ainsi une redécouverte un peu plus rythmée  de cette chanson en gardant l’envoûtante voix de Peter Silberman, ce qui lui donne une autre dimension tout aussi intéressante que l’originale. Intro aux violons pour «Nothing’s Changed», où la voix de Francesca Belmont nous rappelle celle de Martina Topley-Bird dans «Overcome» sur le premier album de Tricky: Maxinquaye. Tout comme dans «Tribal Drums».

«If I Only Knew» et «Chinese Interlude», chantées par Fifi Rong, sont des petites perles de fraîcheur au milieu de cet album, des interludes complètement inattendus et d’autant plus agréables qu’ils contrastent avec des morceaux plus sombres comme «Does It» ou «I’m Ready». C’est finalement «Passion of the Christ» qui vient clôturer cet album. L’opus commence et se termine donc avec des références à la religion chrétienne. L’œuvre de Tricky se veut d’une certaine manière dénonciatrice de l’emprise de la religion sur les gens. Le titre False Idols vient de là: comme les autres, Jésus-Christ est un faux prophète, une fausse idole. Cette dernière chanson contient des riffs similaires à ceux de «Hell is Around the Corner» présente sur Maxinquaye. False Idols est donc bien un retour aux sources comme le voulait Tricky. Et ce n’est pas pour déplaire à ses fans de la première heure.

Tricky offre avec False Idols son travail le pus abouti. Cet opus mélange les styles tout en gardant une complète cohérence du début à la fin. Adrian Thaws, alias Tricky, a su s’entourer des bonnes personnes pour renaître tel un phénix.

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