L'ouvrage collectif «L'histoire nationale à l'école québécoise»: une histoire de la transmission de l'histoire du Québec pour comprendre un débat très actuel – Bible urbaine

Littérature

L’ouvrage collectif «L’histoire nationale à l’école québécoise»: une histoire de la transmission de l’histoire du Québec pour comprendre un débat très actuel

L’ouvrage collectif «L’histoire nationale à l’école québécoise»: une histoire de la transmission de l’histoire du Québec pour comprendre un débat très actuel

Publié le 24 juillet 2013 par Evelyne Ferron

Depuis plusieurs mois, le débat sur la qualité de l’enseignement de l’histoire au Québec a repris de la vigueur, notamment avec cette intention du ministre de l’éducation, Pierre Duchesne, de mettre un cours d’histoire du Québec obligatoire  au collégial. De Matthieu Bock-Côté à Joseph Facal, en passant par Gilles Laporte et de nombreux historiens du réseau universitaire et collégial, tous et chacun y ont apporté leur point de vue. À cet égard, pour avoir une réflexion éclairée, mieux vaut porter son attention sur des historiens et des didacticiens qui ont étudié la question en profondeur. Paru depuis plusieurs mois déjà, l’ouvrage collectif sur l’enseignement de l’histoire nationale à l’école québécoise de Septentrion est incontestablement un titre de choix pour aider à comprendre et à nuancer notre perception du type d’histoire du Québec que devraient transmettre nos enseignants à tous les nivaux scolaires.

Cet ouvrage rédigé par plusieurs spécialistes de l’enseignement et de l’enseignement de l’histoire plus spécifiquement et dirigé par Félix Bouvier, Michel Allar, Paul Aubin et Marie-Claude Larouche, est incontestablement novateur. Bien que la discipline de l’histoire de l’histoire nous ait souvent amené à réfléchir la transmission de notre passé au Québec, aucun livre ne s’était vraiment attardé à l’histoire de l’éducation et à travers elle, à l’histoire de l’enseignement du passé canadien-français et québécois à nos enfants et jeunes adultes. Tel est donc le mandat de cet ouvrage issu d’une riche collaboration de spécialistes: comprendre, dans la longue durée, comment l’enseignement de l’histoire nationale a évolué dans les écoles du Québec et cela tant chez les Francophones, les Anglophones et les communautés autochtones. Un important défi qui a donné naissance à un ouvrage imposant de plus de 500 pages.

Le résultat est une fresque riche en connaissances et en analyses, qui nous permet de bien cerner comment les changements sociaux, les partis politiques et l’évolution des techniques de pédagogie ont pu modifier au fil des siècles les modalités de la transmission du passé du Québec. Le livre suit inévitablement un parcours chronologique, de façon à nous permettre de bien comprendre l’évolution des techniques de l’enseignement de l’histoire du Québec, mais aussi du contenu transmis, que ce soit par les enseignants ou les manuels créés à leur intention.

C’est d’ailleurs à cet égard que le message semble avoir le plus changé au fil du temps. Le contenu des manuels scolaires ayant constamment été teinté par les messages qu’on voulait transmettre aux étudiants, par les sentiments de fierté qu’on voulait inculquer ou certaines visions des partis politiques au pouvoir qu’on cherchait à consolider.

Le livre débute ainsi avec les premières petites écoles du Québec, pour passer ensuite aux premiers manuels officiels et programmes d’enseignement standardisés, sans négliger le rôle des premiers penseurs et didacticiens de cette discipline, comme Joseph-François Perrault ou Boucher de la Bruère au XIXe siècle. À chaque fois nous voyons les changements à la fois dans le programme d’enseignement, dans les manuels et dans les pratiques pédagogiques, permettant de ce fait à tous les intervenants du monde scolaire de trouver leur compte dans cet ouvrage de référence.

Car voilà bien de quoi il s’agit; d’un ouvrage de référence pour nous permettre de nous situer dans l’évolution de l’enseignement de notre passé, de façon à éviter certaines erreurs commises certes, mais aussi pour nous amener à comprendre ceux et celles qui, selon les générations, ont une vision et une compréhension différente de l’histoire par rapport à la nôtre.

À cet égard, cet ouvrage s’adresse-t-il à tous? Sa grande richesse documentaire en fait un ouvrage incontournable pour les acteurs du milieu de l’enseignement, mais le contenu reste néanmoins accessible au grand public qui désire en apprendre d’avantage sur les modalités de transmission de notre passé et comment les enjeux sociaux, économiques et politiques ont pu les influencer…

Appréciation: ****

Crédit photo: Les Éditions du Septentrion

Écrit par: Evelyne Ferron

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