«L'entrevue éclair avec...» Steeven Chapados, explorateur des grandes conceptions du Monde | Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Steeven Chapados, explorateur des grandes conceptions du Monde

«L’entrevue éclair avec…» Steeven Chapados, explorateur des grandes conceptions du Monde

Vouer un amour profond pour le savoir et la réflexion

Publié le 7 avril 2021 par Éric Dumais

Crédit photo : Sophie Martel

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd’hui, nous avons jasé avec Steeven Chapados, enseignant de philosophie au Cégep de Saint-Laurent qui voue un amour profond pour le savoir et la réflexion depuis toujours. Ce 22 mars, les Éditions Fides dévoilaient son plus récent livre, Monde: une odyssée au cœur des grandes conceptions philosophiques et scientifiques, une série d’explorations des grandes conceptions du Monde qui ont façonné l’histoire de l’humanité.

Steeven, tu es enseignant de philosophie au Cégep de Saint-Laurent, et par le passé, tu as été chargé de cours à l’Université de Montréal et à l’Université du Québec à Trois-Rivières dans le domaine de la philosophie des sciences. D’où te sont venues ces deux passions et qu’est-ce qui t’a motivé à transmettre ce savoir?

«Un amour profond du savoir et de la réflexion m’habite depuis ma jeunesse. Dans ma ville natale de Sainte-Julie, j’ai eu la chance de grandir à deux pas de la bibliothèque municipale où je passais beaucoup de temps à lire sur tous les sujets. J’ai écrit mon premier livre et mon premier dictionnaire de 450 pages avant même de quitter l’école primaire. Je possède encore ces manuscrits dans ma bibliothèque!»

«Tous les vendredis, mon professeur de 6e année m’accordait une dizaine de minutes pour présenter devant la classe le sujet sur lequel j’avais écrit durant la semaine. J’ai décidé de placer la philosophie au cœur de mon parcours d’études dès que j’ai reçu mes premiers cours au cégep, et la passion de l’enseignement est née à l’époque où j’étais auxiliaire de recherche et chargé de cours à l’UdeM, dans la vingtaine.»

«Comme j’ai toujours été par ailleurs un grand passionné de sciences (de physique, d’astrophysique et de sciences cognitives, notamment), une certaine spécialité en «philosophie des sciences» s’est imposée naturellement. Le terme grec «philosophie» (philosophia) signifie «désir du savoir». Or, j’aime à penser que j’étais donc destiné à y consacrer ma vie et à vouloir susciter ce même «désir» chez les autres par l’enseignement et l’écriture.»

Ce 22 mars, tu levais le voile sur ton plus récent ouvrage, Monde: une odyssée au cœur des grandes conceptions philosophiques et scientifiques aux Éditions Fides. À travers ce livre, tu tentes d’entrer en contact avec ces grands génies qui ont su, chacun à leur façon, percer les mystères de notre Monde. Parle-nous des motivations qui t’ont convaincu de te lancer dans ce grand voyage au cœur de la conscience humaine!

«Mon nouveau livre Monde est une série d’explorations des grandes conceptions du Monde qui ont façonné l’histoire de l’humanité depuis l’époque où l’Homo sapiens a acquis la formidable capacité de se poser des questions sur son environnement et sur lui-même. Je suis immensément fasciné par le fait que l’être humain est, par nature, un être curieux et capable de découvrir les mécanismes cachés à l’œuvre derrière les phénomènes qu’il perçoit dans le Monde.»

«Écrire ce livre est en quelque sorte le grand projet d’écriture que j’ai nourri toute ma vie. J’ai entrepris de mettre mon projet à exécution en 2018 et un cancer diagnostiqué six mois plus tard, plutôt que d’entraver ma motivation, m’a motivé au contraire à redoubler d’ardeur, comme si la gravité de la situation me mettait sous les yeux le fait que dans la vie il est vraiment urgent de réaliser ses rêves.»

Critique-Monde-Steven-Chapados-Éditions-Fides-Bible-urbaine

Dans ce beau livre, qui est abondamment illustré – il faut le dire! –, tu as décidé de «mettre en scène» des dialogues avec les grands penseurs, tels qu’Épicure, Aristote, Socrate, Pythagore, Kepler et Newton, pour ne nommer que ceux-ci, afin de mieux explorer les différentes écoles de pensées et mettre en lumière leur génie respectif. Pourquoi avoir choisi de leur donner la parole et, d’après toi, à qui s’adresse ce livre?

«Monde est une grande synthèse de toutes mes études, lectures et réflexions menées depuis au moins vingt-cinq ans dans les domaines de l’histoire, de la philosophie, des sciences naturelles, de l’anthropologie, de la psychologie et de la philosophie de la religion. Mon livre s’adresse à tout le monde, même à ceux qui n’ont reçu aucune formation dans ces domaines.»

«Mon premier souci a donc été de rendre toute cette matière le plus compréhensible possible, sans toutefois verser dans la facilité et la caricature. La formule que j’ai trouvée a été celle d’imaginer des voyages dans le temps à l’occasion desquels je rencontre et discute avec les grands génies qui sont à l’origine de ces conceptions ou qui les ont développées et perpétuées.»

«Par exemple: dans le ch. 1, je me repose au Jardin d’Épicure pour y discuter avec lui et ses disciples à propos des atomes et de leur représentation matérialiste de la Nature. Dans le ch. 3, je me rends à l’Université de Marbourg, en 1920, pour assister à un cours donné par Rudolf Otto sur la représentation religieuse du Monde, fondée sur l’expérience du «sacré». Dans le ch. 5, j’infiltre une école pythagoricienne dans le sud de l’Italie au -4e siècle pour y découvrir leur formidable représentation mathématique du cosmos. Dans le ch. 7, je rencontre Aristote à son école le lycée pour y apprendre, étape par étape, à raisonner correctement, etc.»

«Je pense que cette formule permet de conserver toute la richesse historique des doctrines présentées à l’intérieur d’un contexte vivant fondé sur le dialogue et le «contact direct» avec tous ces immenses penseurs.»

En 2017, tu publiais le Dictionnaire philosophique et historique de la logique aux Presses de l’Université Laval (PUL). Ce livre de près de 600 pages (!) s’adresse «à ceux qui, par esprit de rigueur, sont soucieux d’asseoir leurs pensées sur des bases plus rationnelles […] et d’augmenter leur connaissance de l’histoire fascinante des idées en Occident». Qu’est-ce qui t’a motivé à te lancer dans cet audacieux projet?

«À l’origine, je n’avais aucune idée de l’ampleur qu’allait prendre le livre! L’idée de départ était simplement de fournir à mes étudiants un petit lexique des termes utilisés en logique et, peu à peu, au fil des années, le projet a pris les proportions d’un dictionnaire. La logique est un domaine de la philosophie qui s’intéresse aux règles générales du raisonnement valide. Lorsque nous «raisonnons», il existe des règles à respecter pour être assurés que la conclusion que nous formulons est correctement tirée des prémisses que nous avons posées au départ.»

«Or, cette tradition de la logique est riche d’un capital historique de vingt-quatre siècles (elle remonte principalement au -4e siècle chez Aristote), et c’est pourquoi il m’a fallu 600 pages, au final, pour définir ses principales notions. Pour chacune d’elle, je retrace son histoire de l’Antiquité à aujourd’hui, d’où l’idée qu’il s’agit aussi d’un dictionnaire «historique». Je suis heureux d’avoir abattu tout ce travail. La logique est un domaine aride, mais incroyablement formateur pour l’esprit et la rigueur intellectuelle.»

Comme mot de la fin, veux-tu nous parler brièvement des projets qui t’occupent actuellement?

«Je mène aussi depuis vingt ans une carrière d’artiste dans le domaine du dessin et du portraitisme. L’art occupe également une place centrale dans ma façon d’exprimer les choses. J’ai commencé ma carrière d’artiste en réalisant des portraits pour diverses personnalités publiques, dont Céline Dion, le pape Jean-Paul II et la reine d’Angleterre pour la Monnaie royale canadienne.»

«J’ai réalisé récemment un grand dessin des pyramides de Khéops pour un égyptologue en Allemagne, de l’impact météoritique qui a exterminé les dinosaures, d’un épaulard et d’un requin blanc grandeur nature, et celui de la Lune, à partir d’une centaine de photos prises par la sonde LRO. Le dessin original de la Lune appartient à l’Agence spatiale canadienne, qui participera dans quelques années aux missions Artémis visant à retourner des hommes sur notre satellite naturel. Je ferai très bientôt aussi un dessin de la planète Mars pour la NASA.»

«Ceux que cela intéressent peuvent s’abonner à ma page d’artiste dédiée sur FB: Portraits Steeven Chapados

Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec les éditions Fides.

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