«L'entrevue éclair avec...» Cloé Lavoie, responsable des communications chez KATA Éditeur | Bible urbaine

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«L’entrevue éclair avec…» Cloé Lavoie, responsable des communications chez KATA Éditeur

«L’entrevue éclair avec…» Cloé Lavoie, responsable des communications chez KATA Éditeur

Une maison d'édition qui sensibilise les jeunes aux mouvements écologiques

Publié le 15 avril 2021 par Mathilde Recly

Crédit photo : Mathieu Pedneault

Dans le cadre de «L’entrevue éclair avec…», Bible urbaine pose 5 questions à un artiste ou à un artisan de la culture afin d’en connaître un peu plus sur sa personne, sur son parcours professionnel, ses inspirations, et bien sûr l’œuvre qu’il révèle au grand public. Aujourd’hui, nous avons jasé avec Cloé Lavoie, relationniste aux Éditions Druide et responsable des communications chez KATA Éditeur, une maison d'édition spécialisée en littérature jeunesse dont la mission rejoint en plein ses valeurs profondes. Ça tombe bien!

Cloé, en plus d’être relationniste aux Éditions Druide, tu occupes le poste de responsable des communications chez KATA Éditeur. On est curieux de savoir: d’où t’est venue la passion pour les livres et, plus spécifiquement, pour le domaine de l’édition?

«Au risque de paraître quétaine, ma théorie est que cette passion m’a été léguée par ma mère! Sans avoir de lien direct avec le monde du livre, ma mère a toujours été une grande lectrice. Quand j’étais jeune, les samedis matins, on allait à la bibliothèque municipale de Blainville à pied pour se choisir un livre. En grandissant, j’avais le rêve (si simple!) de travailler dans une bibliothèque: je jouais souvent à la bibliothécaire avec ma cousine! Aussi, comme beaucoup d’enfants de ma génération, je suis tombée dans l’univers de Harry Potter quand j’avais environ 7 ans. Je pense que cette passion pour la série a développé mon intérêt pour les livres en général tout en étant une porte d’entrée vers toutes les sortes de littérature.»

«Plus spécifiquement, mon intérêt pour l’édition m’est venu suite à la lecture d’Un jardin de papier de Thomas Wharton publié chez Alto. Premièrement, c’est un livre incroyable, mais il m’a aussi permis de développer un intérêt envers la littérature québécoise et canadienne. En commençant le programme en littérature au Collège Lionel-Groulx, tout ce qui m’importait était évidemment la littérature classique, dite la «Grande littérature»! ;)»

«Je me suis rendu compte avec Alto que la littérature québécoise regorge de textes surprenants, marquants et nécessaires. J’ai donc poursuivi mes études dans l’optique de faire de ma passion mon travail.»

En 2019, tu t’es lancée dans le projet de KATA éditeur, une maison d’édition fondée par Luca Palladino dont le but est de «sensibiliser les jeunes lecteurs aux risques de catastrophes écologiques». Comment vous êtes-vous rencontrés tous les deux, et qu’est-ce qui t’a motivée à prendre part à l’aventure?

«C’est à la suite d’une offre d’emploi que Luca et moi avons commencé à travailler ensemble. Il faut dire que je voulais vraiment la job! Une maison d’édition jeunesse qui a pour mission de sensibiliser les jeunes aux mouvements écologiques et de les accompagner à travers les changements climatiques qui peuvent être très anxiogènes, disons-le, entrait en parfaite harmonie avec mes propres valeurs.»

«Étant déjà dans une démarche qui se veut le plus écologique possible, je tenais vraiment à faire partie de cette aventure. On le sait, les enfants sont le futur! Je crois que beaucoup de problèmes de société pourraient être réglés par de l’éducation auprès des jeunes. Par exemple, dans Comment transformer une banane en vélo de Ravy Puth et Jerry Dougherty, des enfants, suite à plusieurs échanges d’objets, réussissent à obtenir un tandem pour le vieux couple grincheux du village.»

«C’est une histoire simple, ludique, qui enseigne la récupération et qui tend vers le mouvement zéro déchet. Plus cette notion sera considérée comme une action normale pour l’enfant, plus il ou elle aura tendance à l’appliquer naturellement dans son quotidien.»

Le 19 avril, KATA éditeur fera paraître un tout nouveau livre, En danger d’extinction. Il s’agit d’une création signée Nono Granero, un auteur, illustrateur et conteur originaire d’Andalousie. Comment l’avez-vous connu, et qu’est-ce qui vous a poussés à collaborer avec lui?

«Il est aussi marionnettiste! Un fait qui forge le personnage, je trouve. Nous avons connu l’éditrice du livre, Araya Goitia des Éditions Ekera, une petite maison basée au Venezuela et en Espagne, au FIL (Feria Internacional del Libro) de Guadalajara. C’est grâce à ces grandes messes de la littérature jeunesse si les éditeurs québécois peuvent traduire les histoires des créateurs d’ici et aussi traduire des œuvres étrangères magistrales.»

«De fil en anguille, nous avons découvert le titre En peligro de extinción par hasard en consultant leur catalogue. Nous sommes instantanément tombés en amour! L’œuvre de Granero couvre un plan des conséquences des changements climatiques que nous n’avions pas abordé encore, soit la disparition d’espèces animales. Avec son bagage incroyable, il aborde la question de manière ludique et ses personnages participent à des aventures tout à fait rocambolesques.»

«Depuis, le livre a aussi été traduit en portugais pour sa diffusion au Brésil. Nous croyons qu’il deviendra un phénomène international.»

On a pu lire qu’En danger d’extinction est «une réplique – parfois drôle, parfois poétique et remplie d’illustrations à couper le souffle – élaborée du point de vue des animaux en danger». Voudrais-tu nous en dire un peu plus sur l’histoire, ainsi que sur les personnages qui la composent?

«Au départ, il y a Facundo le lynx, une espèce en voie de disparition, prisonnier d’une cage dorée pour sa propre survie. Suite à son évasion, il rencontre trois autres animaux dont l’espèce est aussi menacée de s’éteindre (je vous laisse découvrir lesquelles à votre lecture de l’album! ;)). Ils voyageront ensemble partout sur le globe pour se rendre compte que la situation est la même sur tous les continents: la planète Terre est devenue hostile aux animaux sauvages. Menés par une gerboise et une guenon, les copains fuiront leur situation à bord d’une fusée… rien de moins!»

«J’adore le fait que l’histoire est complètement absurde! (Aussi absurde que la disparition d’espèces animales due à la pollution!) L’album est super dynamique et fait beaucoup penser à la BD. Les couleurs de certaines planches sont incroyables, et on dit que le texte est poétique, car on pourrait le comparer aux Fables de La Fontaine.»

«C’était un choix éditorial facile pour nous, car l’une des conséquences les plus évidentes des changements climatiques est la disparition d’espèces animales. La fin ouverte de l’album ne règle pas ce problème comme par magie, mais permet aux personnages de vivre en dehors de leur histoire de papier.»

À plus ou moins long terme, comment vois-tu KATA éditeur grandir et s’inscrire dans le paysage de l’édition jeunesse au Québec?

«Je suis très optimiste pour l’avenir de KATA! Comme nous produisons des livres engagés sur des thématiques très actuelles, comme l’environnement, je suis persuadée que ses livres se retrouveront entre les mains de parents et d’enseignant.e.s qui pourront transmettre ces belles valeurs aux enfants.»

«Il y a de plus en plus de livres documentaires sur l’environnement pour enfants (yé!) qui paraissent depuis quelques années. KATA aborde le sujet sous l’angle de la normalité et du plaisir de la lecture, plutôt que sous celui du savoir scientifique. La maison est complémentaire et nécessaire à ce qui est déjà disponible au Québec. À noter aussi que la représentation de la diversité culturelle fait partie des valeurs de la maison.»

«Les magnifiques illustrations de Ravy Puth dans Comment transformer une banane en vélo sont un bon exemple. Nous croyons encore une fois que c’est en normalisant la diversité culturelle et de genre dans nos livres qu’elle le sera aussi dans notre société.»

Pour lire nos précédents articles «L’entrevue éclair avec» et faire le plein de découvertes, consultez le labibleurbaine.com/nos-series/lentrevue-eclair-avec.

*Cet article a été produit en collaboration avec KATA Éditeur.

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