Le roman «Proust à Sainte-Foy» d'Hélène de Billy – Bible urbaine

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Le roman «Proust à Sainte-Foy» d’Hélène de Billy

Le roman «Proust à Sainte-Foy» d’Hélène de Billy

Vous reprendrez bien une petite madeleine?

Publié le 28 septembre 2013 par Marie-Pierre Laëns

Crédit photo : Leméac

Quand la journaliste et biographe Hélène de Billy fait une première incursion dans le roman, c’est au grand bonheur des lecteurs, qui ne peuvent être que charmés par la sensibilité et le style indéniablement parfaits de sa plume. Proust à Sainte-Foy est un roman choral, qui se savoure lentement pour se laisser bercer par son rythme, ses évocations justes et un humanisme rare.

Tout commence lorsque Marquise Fortier, résidente du peu recommandable Manoir Roxbury, maison pour personnes âgées aux allures carcérales, est surprise en train de voler une bouteille d’alcool à la SAQ. Marquise, qui a tant aimé, tant bu et tant vécu, va consulter un naturopathe un peu particulier sous la houlette de sa fille, Irène. Posologie inhabituelle, Aurelio Conti prescrit à cette aventurière sur le déclin la lecture d’À la recherche du temps perdu, sous forme de livre audio, parce que «l’abandon de la lecture précède souvent l’apparition des premiers symptômes de la dépression chez un sujet bien portant».

Ce ne sont pas moins de cinq personnages auxquels Hélène de Billy prête une voix, une voix particulière à chacun, afin de faire entrer le lecteur dans la danse et lui faire partager et l’amour de Proust, et les événements dramatiques qui se déroulent au Manoir Roxbury. Des séances chez Aurélio Conti au club de lecture, en passant par les souvenirs de l’enfance houleuse d’Irène, c’est tout un petit monde qui prend vie et surgit de ces lignes qu’on ne voit plus. La fantaisie, présente jusque dans les notes de bas de page, offre un second souffle à l’histoire et un sourire de tendresse dans les moments les plus inattendus.

Le rythme et la poésie, qui se dégagent de l’ensemble, sauvent du mal qui ronge cette maison de personnes âgées. Sans eux, l’histoire aurait pu tomber dans le sordide. Grâce à eux, elle s’élève, lumineuse, comme un récit de la condition humaine dans les derniers jours, les dernières semaines. La lecture d’À la recherche du temps perdu élève l’âme et imprègne ce roman non seulement dans son atmosphère, mais dans son essence. Hélène de Billy extrait de la noirceur une beauté insoupçonnée. À lire et à relire, sans jamais se lasser.

Hélène de Billy, Proust à Sainte-Foy, Leméac, 112 pages, ISBN: 978-2-7609-3367-5, 17,95 $.

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