«Le réveil de la Bête» de Johanne Pothier – Bible urbaine

LittératureRomans québécois

«Le réveil de la Bête» de Johanne Pothier

«Le réveil de la Bête» de Johanne Pothier

Confusion sur fond d'Histoire

Publié le 6 novembre 2013 par Audrey Neveu

Crédit photo : VLB

Trois-Rivières, 1806. La rencontre de Catherine Pottier et de Rebecca Klein vient bouleverser la vie des deux familles diamétralement opposées qui, suite à l'incendie du couvent des Ursulines, seront mêlées à de mystérieuses histoires de complot, de jalousie et de politique. Le réveil de la Bête de Johanne Pothier plonge le lecteur dans une fresque historique superbe mais qui accouche d'une souris.

La rencontre de la famille canadienne-française Pottier et les riches commerçants juifs Hart met la table pour une intrigue qu’on espère loin des clichés que pourrait susciter un tel choc culturel. Difficile toutefois de trouver une ligne conductrice à ce portrait de société du Québec du 19e siècle. La quête du roman reste nébuleuse et mène le lecteur à une fin décevante.

L’intrigue, alimentée par les plans tordus de personnages sans scrupules, réussit néanmoins à accrocher le lecteur. Malgré les nombreux personnages fort différents, d’une histoire sordide de meurtre des ancêtres Pottier, ainsi que des complots envers l’empire commercial des Hart, l’histoire semble mener souvent dans des impasses.

A priori, les membres de la famille Pottier, mis en scène par Johanne Pothier et inspirés de ses propres ancêtres, ainsi que les Hart, sont très intéressants par leur représentativité de la société canadienne de l’époque. Colorés et vivants au début, ces personnages apparaissent de plus en plus unidimensionnels au fil du récit.

De plus, la chamane Yaskununna, incarnation divine de Marie-Anne Pottier disparue il y a trente ans, ponctue inutilement le récit de ses interventions incompréhensives car trop abstraites. Ces courts chapitres cassent le style d’écriture du roman, pourtant très bien écrit. Le côté mystique du Réveil de la Bête n’est pas assez exploité pour amener une véritable intrigue, paraissant ainsi injustifié.

Parenthèse: l’utilisation du mot «besson» pour qualifier les jumeaux Catherine et Mathieu Pottier ne cesse d’agacer au fil de la lecture et détonne constamment avec le reste du vocabulaire employé par l’auteure.

Un roman prometteur, en somme, mais qui ne semble pas avoir assez de 500 pages pour exploiter toute l’intrigue pour lequel il met la table longuement. Une trame narrative plus claire ferait du Réveil de la Bête un succès en matière de roman historique, autrement, il laisse plutôt le lecteur un peu confus et déçu.

L'avis


de la rédaction

Vos commentaires

Revenir au début