«Le principe» de Jérôme Ferrari – Bible urbaine

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«Le principe» de Jérôme Ferrari

«Le principe» de Jérôme Ferrari

Une didactique quantique et mathématique

Publié le 22 mai 2015 par Alexandre Provencher

Crédit photo : Actes Sud

Le récipiendaire du prix Goncourt 2012, Jérôme Ferrari, fait paraître son nouveau roman, Le principe, chez Actes Sud. L’auteur s’aventure dans les fondements de la logique mathématique et dans les balbutiements de la physique quantique telle qu’idéalisée par Werner Heisenberg. Il va sans dire que le propos est hautement complexe. Attendez-vous à une lecture ardue.

À la fin des années 80, un jeune étudiant en philosophie idolâtre le physicien allemand Werner Heisenberg (1901-1976). Comme passe-temps, il analyse les textes de ce physicien, père de la physique quantique. À travers les analyses de l’étudiant, on est appelé à suivre la vie de Heisenberg, ses travaux, ses découvertes, son prix Nobel et aussi son implication dans la Deuxième Guerre mondiale et sa captivité par les Américains. Le roman est écrit sous une forme descriptive et en vouvoiement. Ainsi, le lecteur est presque amené à lire une lettre écrite par l’étudiant en philosophie qui est destinée à Heisenberg. Cette façon de présenter le récit est intéressante.

Pour les néophytes de la science physique, il ne faut surtout pas sauter un mot. Les théories recensées, bien que simplifiées et vulgarisées, demeurent complexes. En effet, l’auteur relate des moments historiques importants dans l’évolution du discours scientifique: la théorie de la relativité et la conception de la bombe nucléaire. Mais le cœur du roman demeure le Principe de l’incertitude, une théorie échafaudée par Heisenberg. Ce principe stipule qu’on «ne peut pas connaître en même temps la position et la vitesse d’une particule élémentaire». S’ensuit une longue argumentation romancée sur la supposée certitude de faits scientifiques.

Ferrari s’interroge sur différentes facettes de la physique: sa dualité avec la religion, le magnétisme de l’amour, dont elle n’a pas de réponse, et son utilisation souvent malsaine. Effectivement, la physique est paradoxale. Elle tente d’expliquer la conception de l’univers, mais à peut aussi réussir à l’anéantir!

Le principe, c’est un roman immensément philosophique. Peut-être même trop. C’en est souvent lassant. Le récit est lent. Les différents retours dans le passé font perdre le fil, puisqu’il n’y a pas de chronologie. On ne peut toutefois pas passer sous silence le style stupéfiant de Ferrari. Les mots sont choisis avec parcimonie, laissant place à des phrases-fleuves quasi poétiques.

Finalement, si vous désirez vous aventurer dans ce livre, lisez-le d’un trait, un dimanche pluvieux. Car il vous demandera de la concentration!

Le principe de Jérôme Ferrari est paru chez Actes Sud, 160 pages.

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