The Kills mitraille les spectateurs de l’Olympia – Bible urbaine

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The Kills mitraille les spectateurs de l’Olympia

The Kills mitraille les spectateurs de l’Olympia

Publié le 1 mai 2011 par Éric Dumais

La formation britannico-américaine The Kills était de passage hier soir à l’Olympia afin de présenter sa nouvelle tournée nord-américaine qu’elle a commencé avant-hier à New York, et qu’elle terminera à Pomona, en Californie, en compagnie des groupes invités The Entrance Band et Cold Cave. C’est dans une salle comble que le duo électrisant s’est donné corps et âme pour livrer aux spectateurs un concert haut en couleur et en énergie, qui s’est d’ailleurs avéré beaucoup plus puissant que celui donné le 6 mai 2009.

La soirée a débuté avec la charmante prestation de The Entrance Band, un trio psych-rock transcendantal de Los Angeles, qui s’est très bien débrouillé pour réchauffer un tant soit peu l’atmosphère. Seul bémol, ils n’ont joué aucune chanson de leur album clé Ecstatic Peace, manquement qui a sans doute déplu à certains fans. Ces hippies des temps modernes étaient ensuite relayés par les sombres et austères New-Yorkais Cold Cave, lesquels sont montés sur scène, tout de noir vêtu, afin de livrer un concert d’une rigidité à faire grincer des dents. Les rythmiques post-punk 80’s n’ont pas du tout réussi à dégourdir les spectateurs, qui étaient paquetés au parterre comme de véritables sardines.

C’est à 22h30 tapant que le duo The Kills a foulé les planches de l’Olympia dans un délire d’exclamations et d’applaudissements féroces de la part de la foule montréalaise. Jamie Hince et Alison Mosshart se sont positionnés l’un à côté de l’autre, bien droits, avant de commencer le spectacle avec leur vieux succès, No Wow, datant de 2004. Ils ont ensuite enchaîné avec Future Starts Slow, la première chanson de Blood Pressures, ce qui a causé un véritable raz-de-marée d’applaudissements et de cris de la part du public. Les Kills étaient en forme hier soir et les spectateurs semblaient drôlement contents d’être présents. Par la suite, le duo a poursuivi avec une myriade de succès puisés ici et là, dont U.R.A. Fever, Tape Song, Satellite, DNA, You don’t Own The Road, Pull A U, ainsi que The Last Goodbye et Fried My Little Brains, qu’ils ont joué en rappel.

La mise en scène mérite une note parfaite. D’abord, on retrouvait une toile gigantesque parsemée de motifs en léopard, laquelle représentait l’unique élément de décor sur la scène. Les techniciens de scène avaient installé divers projecteurs, qui projetaient une multitude d’éclairages, passant du jaune au vert, puis du rouge au bleu, le tout dans un spectacle visuel fort impressionnant. Et que dire des nano lumières qui donnaient l’impression de regarder un ciel étoilé? Décidément, la mise en scène, hier soir, s’est méritée cinq magnifiques étoiles.

Malgré une courte performance d’une heure à peine, les deux membres de The Kills ont prouvé encore une fois qu’ils étaient passés maîtres dans l’art d’offrir un spectacle qui a du mordant. Jamie Hince et Alison Mosshart s’accordent à merveille sur scène et forment un duo agréable à observer. Leur énergie dévastatrice hypnotise le regard du spectateur et les oblige à les écouter attentivement, comme s’ils étaient mortifiés sur place. Jamie Hince, comme à son habitude, manipulait sa guitare comme s’il voulait mitrailler son alliée, et Alison Mosshart se promenait parfois comme une panthère en cage, tout en crachant avec une certaine dignité dans le geste. Somme toute, ils n’ont peut-être pas interprété les incontournables Black Balloon, The Good Ones ou Last Day Of Magic, mais on s’entend pour dire que tout cela, à côté du puissant concert qu’ils ont offert, ce n’est qu’une bagatelle, rien de moins.

Appréciation: ****

Crédit photo: Laurence Lebel

Écrit par: Éric Dumais

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